‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 150 sur 285 · LIVRE CINQUIÈME. — LES VERTUS ET LES VICES · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. — LES VERTUS ET LES VICES

— La corne d abondance, d’où coulent à flots des fleurs, des épis et des fruits, les uns pour parure et les autres pour nourriture. — Une couronne , symbole de récompense éternelle. — Une êcuelle , avec laquelle elle donne à boire et à manger. — Un, deux , trois enfants, ou même un plus grand nombre, qu’elle fait boire à son sein nu et gonflé : la bonté de la nourrice se manifeste à la bonne mine des enfants; elle les berce, les endort; les porte à son cou, sur son dos et ses genoux ; elle les regarde avec affection, les conduit par la main, leur apprend à parler, les instruit, veille sur eux, joue avec eux, les accueille et les adopte, lorsqu’ils sont orphelins, les serre amoureusement dans ses bras, les couvre ou les réchauffe dans son sein parce qu’ils sont nus, ou les présente afin qu’on couvre leur nudité, leur montre des fruits pour les empêcher de pleurer ou offre aux plus grands des fleurs, des fruits, des couronnes pour récompenser leur sagesse. Les enfants sont nus ou vêtus ; parfois ils crient pour obtenir de boire au sein de leur mère ou sont assis à ses pieds et cherchent à monter sur ses genoux, s’attachant à ses vêtements, folâtrant entre eux. — Le feu, parce quelle brûle elle-même et réchauffe les autres. — - La flamme pure de l’amour divin brille sur sa tête, ou dans sa main ou sur un autel , symbole du zèle qu’elle déploie. Ne pourrait-elle pas dire avec son divin auteur : Ignem veni mittere in terram et quidvolo nisiut accendatur ? (S. Luc., xn, 49). — Un bouquet de fleurs dont elle est toute parfumée. — Des fruits savoureux. — Un fouet, pour punir les enfants indociles, car qui aime châtie. — Un globe en feu : Jésus-Chris! , la Charité par excellence, Deus chantas est, n’avaitil pas dit qu’il était venu embraser la terre? — La lampe, indiquant qu’elle ne craint pas de se lever la nuit par amour pour ses enfants, vu qu’elle brûle d’un feu inextinguible. — - Une maison, où se réfugient tous ceux qui n’ont pas d’abri. — Des myosotis , la fleur de l’amour, des doux pensers, de ceux qui, de loin comme de près, ne s’oublient jamais parce qu’ils s’aiment. — Le Nom de Jésus , qu’elle aime par dessus tout. — Des pains : elle aime son prochain comme

soi-même et partage avec un pauvre le pain qui fait sa nourriture : elle ne donne pas son superflu, ce qui lui est inutile, elle ne prélève même pas une petite portion sur le nécessaire, mais elle fait deux parts égales, et donne à celui qui en a besoin la moitié de ce qu’elle possède. — Le palmier , qui porte des fruits. — Le pélican, qui se perce la poitrine afin de ressusciter sa piété par son sang. — Les pièces de monnaie dont elle fait l’aumône. — La poule , qui groupe ses poussins autour d’elle. — Le soleil , qui éclaire et réchauffe le monde. — Un vase , pour donner la nourriture.

7. — On figure la Charité : Assise, car elle est dans le repos de la béatitude. — Ailée, c’est-à-dire aspirant au ciel. — Avec une auréole de feu y pour représenter son ardeur. — En extase, car le Dieu qu'elle aime absorbe toutes ses facultés. — Chaussée : elle n’appartient ni à la catégorie des anges ni à celle des apôtres, et elle est toujours disposée à marcher dans les sentiers les plus rocailleux, lorsqu’il y a quelque misère à soulager; cependant, on la trouve aussi pieds ?ius,en qualité de messagère céleste. — Couronnée, elle a la gloire pour apanage et elle est la reine des vertus. — Le cœur dans la main, l’autre main sur sa poitrine, source des vraies affections. — Ouvrant les bras, comme pour y recueillir son frère. — Montrant d'un geste son cœur embrasé. — La poitrine découverte et présentant ses fortes mamelles, car elle est toujours disposée à allaiter ses enfants. — Levant les yeux et tendant les mains vers le ciel, comme pour y chercher et en recevoir ce qu’elle donnera généreusement: vertu essentiellement céleste, surnaturelle, qui procède de Celui que les Livres Saints proclament la Charité suprême, « Deus charitas est » (1 Ep. S. Joann., îv, 8). — Elle s’occupe de donner à manger à un petit oiseau, car « sa bonté s’étend à toute la nature. »

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