‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 151 sur 285 · LA RELIGION · texte numérisé non relu

LA RELIGION

1. — La Religion, selon son étymologie, lie l’homme à Dieu, son auteur et rédempteur.

2. — A partir du xvie siècle, elle a été fréquemment personnifiée, surtout à Rome. Ses attributs sont des ailes, car elle vient du ciel et y conduit; la cigogne , emblème de piété filiale; X autel, l 'encensoir et la navette, signe de culte ; le lion , qui respecta Daniel et souvent les martyrs; un livre, où elle écrit ce que l’Esprit Saint lui inspire; un livre fermé, pour exprimer les mystères qu’il contient, sous la forme apocalyptique du livre aux sept sceaux ; le livre de l'hérésie ou de X impiété quelle foule aux pieds; le pain de la vie éternelle ou pain quotidien, réclamé dans l’Oraison Dominicale ; une patère, pour faire fumer l’encens sur un brasier ardent ; une pique, car elle est militante ici-bas ; un serpent, emblème de l’erreur ; un dragon , symbole du mal; des idoles renversées et foulées aux pieds; un temple, qu’elle a construit en l’honneur du vrai Dieu ; une tête de mort , par laquelle elle rappelle aux fidèles leur fin dernière.

3. — Son attitude comporte plusieurs types : debout, pour exprimer la stabilité ; assise, car elle est reine du monde, les yeux fixés au ciel; écoutant X Esprit saint qui repose sur son cœur ; la main sur sa poitrine pour affirmer qu’elle croit.

4. — Son costume comprend : un voile , car elle est pudique ; une couronne , à titre de reine.

5. — Elle a pour l’escorter les quatre nations qui se partagent le monde : Europe, Asie, Afrique et Amérique et les quatre éléments.

air, eau, feu et terre qui l’adorent pour montrer que son empire s’étend à tout.

6. — Deux devises lui sont attribuées : « Religio munda et immaculata » (S. Jacob., i, 27); « Omniaprospera eveniunt sequentibus Deum » ( Paralip ., xvm, 14) ; « Religio miranda triomphât », par allusion à l’obélisque élevé par Sixte Y sur la place du Latran en l’honneur de la croix.

8. — Historiquement, elle personnifie tantôt l’ancienne loi et tantôt la nouvelle, se confondant ainsi avec la Synagogue et l’Eglise. Dans le premier cas, elle est vieille , pour exprimer sa caducité; voilée, car elle n’a pas su reconnaître le Messie; elle tient un bâton, pour assurer ses pas chancelants ; porte une ceinture chargée de caractères hébraïques et les tables de la loi, que Dieu donna à Moïse. Dans le second cas, elle est vêtue de Y aube, de Vétole et de la chape des pontifes, s’assied sur un trône où figurent les évangélistes, tient le calice et Y hostie, symboles du sacrement par ' excellence, ou une croix , par allusion au sacrifice du Calvaire ; ou un livre intitulé « Evangelium » ; enfin, elle foule aux pieds Y hérésie, moitié homme et moitié serpent, qui s’arrache les cheveux de désespoir et tient un livre ouest écrit Martin Luther.

Lorsque la personnification delà Religion réunit en elle les deux testaments, de la main droite elle arbore la croix de la rédemption et de la main gauche montre les tables de la loi.

8. — - La Religion se manifeste de diverses manières, ainsi que l’enseignent les peintures murales du Vatican aux xvie et xvne siècles.

Abstinence : palmier, qui lui fournit des dattes pour se nourrir dans sa solitude ; doigt sur la bouche , pour apprendre à mettre un frein à sa langue.

Amour divin : couronne, sceptre et richesses foulés aux pieds; étoile qui brille à son front; évangile, ouvert à ces mots:

« Uiliges Dominum Deum tuum ex toto corde tuo » [S. Matth., xxn, 37); flèche, allusion à la prière qui pénètre les cieux; flam-

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