LIVRE CINQUIÈME. — LES VERTUS ET LES VICES
ges. — Un livre , où elle prie et médite. — Une mule blanche, animal sans désirs. — Un phénix, qui renaît dans les flammes. — Un e pierre, qui ne doit son poli et son brillant qu’au travail. — Une salamandre , qui vit dans le feu. — Le serpent de la luxure qu’elle écrase sous ses pieds. — Un van , avec lequel elle purifie le bon grain. — Une mèche , pour brûler ce qui lui est contraire.
Dans une église de Home, la chasteté a été représentée apparemment plus dans l’intention que dans faction, car c’est une vertu fort nue et d’une chair trop bien rendue, tellement qu’elle a séduit un vieux satyre à pied de bouc, mais qui, dans sa démarche aventurée, est honteusement repoussé.
CLÉMENCE, «Clementia» : Casque , qui couvre sa tête. — Couronne de laurier , qui orne son front. — Foudres , qu’elle laisse s’éteindre. — Lioii d' Androclès, dont l’histoire ancienne a proclamé hautement la magnanimité. — Branche d’olivier , symbole de paix. — Sein découvert, car elle y attire. — D’un trait de plume elle raie la sentence écrite sur le livre de vie. Elle retient le glaive qui, comme l’épée de Damoclès, va tomber sur la tête du coupable.
CONFIANCE, « Confidentia » : lève les yeux au ciel dont elle implore le secours, et attend, les bras tendus.
CONSCIENCE, « Conscientia » : voile, parce qu’elle est toute intérieure et comme cachée.
CONSOLATION, « Consolatio » : représentée par Esther , portant le sceptre, et une posture suppliante; car Esther, qui a recule sceptre en montant sur le trône, intercède pour le peuple dont elle est issue. Ces paroles du livre d’Esther (vu, 3) lui servent de devise : Dona mihi populum pro quo obsecro.
CONSTANCE, « Constantin » : Colonne inébranlable, à laquelle elle s’appuie et se cramponne. — Couronne , qui sera sa récompense. • — Croix du Sauveur. — Lampe allumée, qui exprime son ardeur. — Livre de prière et de méditation. — Glaive , pour montrer qu’elle est intrépide. — Elle pose résolument son bras droit
sur un brasier ardent : c’est la constance des martyrs qui, mieux que le Scévola de l’antiquité, savent mourir pour une noble cause, et préfèrent brûler leur bras plutôt que de le souiller en l’employant au sacrifice des idoles.
DÉSINTÉRESSEMENT: Croix, pressée sur sa poitrine; cette douce étreinte suffit à son cœur, détaché de Y or et de Y argent: « Post aurum non abiit, nec speravit in pecunia et thesauris » ( Eccl ., xxxi, 8).
HUMILITÉ : Agneau , à cause de sa douceur. — Aigle , car elle s’abaisse pour s’élever jusqu’aux cieux. — Chien , parce qu’elle s’attache à son divin maître. — Cierge , parce qu’elle se consume modestement sous l’œil de Dieu. — Corcle au cou, signe de pénitence. — Couronne et palme , présentées par des anges, pour exalter et récompenser ses mérites : Qui se humiliât exaltabitur (S. Luc., xiv.). — Couronne et mitre à ses pieds, pour montrer qu’elle dédaigne les honneurs de la terre. — Fiole , pleine d’eau. — Grenade , qui sous son écorce cache des grains succulents. — Tête de mort , sur laquelle elle médite : cette méditation lui apprend que tout passe. — J eux modestement baissés , pour ne pas être vue. — Mains pieusement croisées sur sa poitrine.
INNOCENCE, « Innocentia » : Agneau , dont elle retrace la candeur. — Colombe zi enfant, car innocence signifie qui ne nuit pas , et quoi de plus inoffensif que la douce colombe et l’enfant sans malice? — Couronne de roses sur la tête. — Seins nus , pour rappeler l’innocence de nos premiers parents, au paradis terrestre.
JOIE, « Gaudium » : glaive sorti du fourreau qui le contenait.
LIBÉRALITÉ, « Liberalitas» : à la manière des fleuves ou des génies antiques, elle prodigue à la fois l’eau de son vase et les fruits de sa corne d' abondance , bienfaits réunis de la terre et de la mer. — Elle porte une couronne, car elle agit en souveraine dispensatrice. — Elle verse de sa coupe cTor des trésors de colliers, parures, etc. — Elle écrase impitoyablement Y Avare, qui gémit de sa prodigalité.
MAGNIFICENCE, « Magnificentia » : Fière de son sceptre et de