LIVRE CINQUIÈME. — LES VERTUS ET LES VICES
sa couronne , car c’est aux rois surtout qu’il appartient d’être magnifiques, elle consulte, pour ses plans et ses constructions, le compas , l'équerre , et le fil à plomb. — Elle contemple ou fait voir avec orgueil la pyramide qu’elle a élevée, ou le palais qu’elle vient de construire à grands frais.
MANSUÉTUDE, « Mansuetudo» : Couronne de fleurs, dontTodeur est douce, agneau qu’elle caresse.
MODESTIE, « Modestia » : Yeux baissés , pudiquement voilée , les mains sur la poitrine. — Aiguière et sceptre en main ; en effet, c’est le plus saint, le plus humble, que le suffrage de tous les religieux appelle au commandement de toute la communauté et le Pape, roi suprême, ne se dit-il pas, en tête de toutes ses bulles, serviteur des serviteurs de Dieu ?
PATIENCE, « Patientia » : le chameau , qu’une longue course ne lasse pas. — Le /lambeau allumé pour les longues heures de la nuit. — Le cierge , dont elle verse sur son bras la cire brûlante. — Le joug , auquel elle se soumet. — Une femme tenant un fardeau. — Le mouton , docile et résigné. — Le poids, qui règle les mouvements de l'horloge. — Elle combat la colère , est symbolisée par Job et nommée par cette inscription : In patientia vestra possidebiiis animas vestras (S. Luc., xxi, 19).
PERSÉVÉRANCE, « Perseverantia » : elle tient une paille en équilibre sur un morceau de bois. — Elle chemine, bien enveloppée dans son manteau et appuyée sur son bâton de voyage. — A Rome, la démarche n’est ni vive ni empressée, mais sure et réglée ; à Sienne, au contraire, elle marche vivement et brandit une épée pour se frayer un passage à travers les obstacles.
PUDEUR, « Pudor » : Fleur, qui se cache dans ses feuilles comme la violette; salamandre , qui se dérobe derrière les flammes ; voile , qui la soustrait aux regards des hommes.
PURETE, « Puritas » : Coq, becquetant des perles que, selon la fable, il a dû trouver dans un fumier. — Couronne de fleurs , dont aucun souffle n’a encore terni l’éclat. — Lys blanc, qu’elle odore
et qui rappelle sa candeur.-— Lampe, qui brille. — Soleil, qui étincelle sur sa poitrine, emblème de l’amour divin. — Voile , dans lequel elle s’enveloppe.
RAISON, « Ratio » : Avarice qu’elle repousse.
SLMPLICiTÉ, « Simplicitas » : Lys des champs, dont la parure est toute naturelle ; colombe , par allusion aux paroles du Sauveur : Simplices sicut columbæ (S. Matlh ., x, 16). — dette épitaphe des catacombes se lit au Musée de Latran :
RESPICE QU AM PARBVS CVBAT HIC SINE PELLE PALVMBVS
SOBRIÉTÉ, a Sobrietas » : Vieillard , amaigri et appuyé sur son bâton. — Près de lui, attaché à un arbre, est le caméléon. — Sa devise est: Sobrii sumus[î ad Thess ., v, 6.) — Frugalitas virtutum omnium mater.
VÉLOCITÉ, « Velocitas » : ailes qui la transportent rapidement.
VÉRITÉ, « Veritas » : Un glaive tiré du fourreau, pour trancher et anéantir l’erreur. — Un masque , qu’elle ôte de devant sa figure pour paraître sans déguisement, ou le masque de l’ Hypocrisie qu’elle brûle. — Le miroir , dans lequel elle se regarde ou qui reflète fidèlement toutes choses. — Le soleil , qui éclaire le monde physique, comme la vérité éclaire celui de l’intelligence, en dissipant l’erreur. — La navette , dont elle offre l’encens au Dieu dont elle émane. — Un cœur, pendant à son cou : c’est là que se réfugient ces pensées que la vérité ne peut taire et garder pour elle. — La trompette, qui lui donne du retentissement. — Une couronne de lauriers , car pour elle tout est triomphe.
On la représente assise sur des nuages , pour indiquer son origine céleste. — Une flamme au front, et un livre ouvert à la main, car elle dissipe les ténèbres spirituelles avec le livre de la doctrine évangélique, et les ténèbres matérielles avec le flambeau allumé ; un ange explique ainsi l’allégorie : SICUT TENEBRÆ ejus , ita et lumen ejus (Ps. cxxxvm, 12). — Prenant au ciel le soleil pour