LIVRE CINQUIÈME. — LES VERTUS ET LES VICES
éclairer la terre et en refléter les rayons sur la lune qu’elle a déjà saisie. Saint Paul l’avait dit : Nous ne voyons Dieu sur la terre que comme dans un miroir où sa face se réfléchit, mais au ciel, nous le contemplerons directement: Vidcmus mine per spéculum... tune autem fade ad Jaciem (/ ad Cor ., xm, 12). — Nue , (les poètes Font dit, les peintres l’ont cru), et même cherchant à se débarrasser du seul voile qui lui gaze le front : si le beau est la splendeur du vrai, comme l’a défini Platon, il ne s'ensuit pas pourtant, en fait de beauté relative, que la nudité soit une des manifestations et des expressions les plus significatives du vrai beau.
Elle annonce enfin la venue du Messie: « Veritas de terra orta est » ( Psalm . lxxxiv, 12).
VIGILANCE, a Vigilantia » : L’ Autruche , attentive et inquiète. — La baguette du commandement. — L^a cigogue ou la grue qui, perchée sur un arbre, tient une pierre dans sa patte pour mieux lutter contre le sommeil. — Le coq, qui s’éveille au point du jour. — Le héron qui, lui aussi, dort la patte levée et chargée d’une pierre afin que le bruit de sa chûte l’éveille, si ses yeux fatigués venaient à s’appesantir. — Une couronne , comme récompense de ses fatigues.
— Une lampe et un vase pour en renouveler l’huile, car elle prolonge pendant la nuit les travaux de la journée et ses méditations pieuses, exprimées par un livre; sa lampe est aussi allumée, comme celle de la vierge sage de l’Evangile, pour les noces du céleste époux. — Le serpent, qui guette sa proie. — On lui donne pour devise ces paroles: « Quod uni dico, omnibus dico : vigilate ». (S. Marc., xm, 37).
4. — Types iconographiques . Fi g. 122. La Chasteté, par Giotto,xive s.
— Fig. 123. L'Humilité, par André de Dise, xive s.