‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 180 sur 285 · LA FOLIE · texte numérisé non relu

LA FOLIE

1. — La folie, dans le sens que lui attribue 1 iconographie, n’est pas la perte de la raison, mais une gaieté folâtre et excessive.

2. — 11 y eut, au moyen âge, une fête des fous. Les fous étaient groupés en association , qui mettait à sa tête un pape, un évêque ou un abbé.

3. — On connaît plusieurs jetons frappés en souvenir de l’élection du chef de l’association. Celui qui rappelle celle du pape Adrien le montre, sur la face, tenant la croix à double croisillon,, Moneta nova Adriani stultorum pape et au revers, la folie avec sa marotte, Stultorum infinitus est numerus. Le jeton de Saint Firmin d’Amiens, sur la face, exhibe l’archevêque bénissant et sa croix en main , Moneta archiepiscopi sancti Firmini et, au revers, un fou tenant un corbeau, Nicolaus Gaudram archiepiscopus. Ces deux méreaux datent de la fin du xve siècle.

4. — Personnifiée^ la Folie a pour attributs : un cheval de bois , sur lequel elle chevauche ; un chaperon à longues oreilles, parce qu’elle est bestiale ; un croc , pour attirer à elle ; des grelots pour faire du bruit et fixer l’attention; une lance , parce qu’elle est dangereuse ; une marotte , qui est son jouet ou son idole ; une massue , pour frapper ; une pie , parce qu’elle est bavarde ; la langue tirée, parce qu’elle est grimacière et moqueuse, pour amuser le public.

Sur un vitrail du xvie siècle, à Poitiers, elle dit :

Je suys follye la gentille Sur toutes autres la plus subtile.

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