LA VIE BONNE OU MAUVAISE
1 . — L’homme, dès sa naissance, est attiré vers le mal. Dans les livres d’heures gothiques, la mère présente une fleur à son enfant, encore dans les langes, comme si tout allait lui sourire; mais aussitôt il est sollicité par le monde , « mundus» et le démon, « dæmonia ».
2. — La lutte incessante qu’il aura à soutenir, a été peinte au xvie siècle, au Vatican, dans les loges de Pie IV, de manière à mettre en parallèle le bien et le mal dans les cinq âges de l’homme, mais avec trop peu de variété dans l’iconographie.
Au début, voici la Vie, « vita », sous le double symbole de la mère qui allaite son enfant et du 'phénix , qui renaît de ces cendres, c’est-à-dire la vie du temps et celle de l’éternité ; puis le génie de la vie , « genius vitæ», vieillard qui revit dans ses enfants.
L’ Enfance bonne , « Pueritia bona », est studieuse : elle apprend la science d’un vieillard, qui tient un livre et une sphère; X Enfance mauvaise , « Pueritia mala », perd son temps à jouer aux quilles et à se laisser endoctriner par des femmes de tenue légère.
La Jeunesse bonne , « Juventus bona », combat le mal, sous la forme d’un tigre et d’autres animaux féroces qu’elle tue avec sa massue ; aussi la victoire lui décerne-t-elle une couronne .
La Jeunesse mauvaise , «Juventus mala», caresse ces mêmes animaux qui le dévoreront.
La Virilité bonne, « Virilitas bona », menace de sa massue des bêtes sauvages et la Virilité mauvaise, « Virilitas mala », cherche à les apprivoiser .
La Vieillesse bonne, « Senectus bona », se repose après avoir abattu ees mêmes animaux et la Vieillesse mauvaise , « Senectus mala », leur prodigue ses caresses.
Enfin la Décrépitude bonne, « Decrepitus bona », est couronnée de laurier pour avoir massacré les animaux, serpents, hyène, sanglier, qui mordent la Décrépitude mauvaise , « Decrepitus mala».