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LIVRE SIXIÈME

LES TRIOMPHES

quam oocisum » (v-, 6). « Et cum darent ilia animalia gloriam et honorem et benedictionem sedenti super thronum, viventi in sæcula sæculorum, procidebant viginti quatuor- seniores ante sedentem in throno et adorabant viventem in sæcula sæculorum et mittebant coronas suas ante thronum » (iv, 9, 10). « Et audivi vocem angelorum multorum in circuitu throni et animalium et seniorum » (v, 11). « Post hæc vidi quatuor angelos stantes super quatuor angulos terræ » (vu, 1).

L’arc triomphal fut aussi réservé, au moyen âge, à un grand crucifix, nommé pour cela Christ triomphal: on l’escortait, comme au Calvaire, de la Vierge et de Saint Jean et on le surmontait d’un dais ou pavillon. On dressa encore ce crucifix sur une poutre, à l’entrée du chœur, y ajoutant des chandeliers qu’on allumait pendant les offices; ailleurs, le jubé fut substitué à la poutre.

5. — Crucifié, le Christ a sous les pieds le serpent infernal (ivoire carlovingien de Gannat), dont la morsure est impuissante « Morsus tuus ero, interne » (Osée, xiii, 14), ou la mort qu’il a tuée : « Ero mors tua, ô mors » (Osée, xm, 14).

6. — Dans les mosaïques romaines et sur les sarcophages primitifs, l’Agneau est debout sur un monticule, d’où coulent les quatre fleuves du paradis terrestre, car il domine la terre, dit la liturgie après le prophète : « Emitte agnum dominatorem terræ. » Au Saint des Saints, à Rome (xme s.), il est sur un autel, comme dans le célèbre tableau de Van Eyck le Triomphe de l’Agneau, à Gand.

7. — Nous avons vu la croix sur un trône : sur les fioles de Monza (vie siècle), elle est abritée par un arc triomphal. Dans les vitraux de Saint Denis (xne s.), le Christ est attaché à la croix que soutient le Père éternel, qui émerge de l’arche d’alliance, posée sur un char ; le sens mystique est expliqué par ce distique :

Federis ex archa cruce Xpisti sistitur ara Federe majori vult ibi vila mori.

Ce char avec crucifix rappelle le carroccio , qui joua un rôle si important dans les guerres du moyen âge en Italie.

8. — Dans les vitraux de l’église de Brou (comm. du xvi° s.), une bande en grisaille figure le triomphe du Christ d’une manière sublime, que Titien a reprise d’une façon presque identique. En tête du cortège marchent les patriarches et ancêtres, reconnaissables à leurs attributs : Adam et Eve, Abel, Noé, Abraham, Moïse, Jonas, Josué, David, Salomon. Le char est traîné par les quatre animaux symboles des évangélistes, les quatre docteurs de l’Eglise poussent les roues. Dans le char le Christ bénissant est assis sur le globe céleste, marqué aux signes du zodiaque.

9. — L’Eucharistie a eu son triomphe : nous en parlerons aux sacrements.

10. — Je ne dis rien non plus ici de la Résurrection, de la Descente aux limbes et de l’Ascension, trois formes du triomphe sur l’enfer et la mort, parce qu’il en sera question dans la vie du Christ.

11. — Le lion est un symbole du Christ vainqueur : « Vicit leo de tribu Juda » (Apoc., v, 5).

12. — Types iconographiques. Fig. 138. Le Christ foulant aux pieds le lion, le dragon, l’aspic et le basilic, ivoire du xe s. — Fig. 139. Le Crucifix vainqueur du serpent infernal, ivoire de Tournai, xne s- — Fig. 140. Le triomphe de l’Agneau, mos. de l’arc triomphal des SS. Corne et Damien, à Rome, vr s. — Fig. 141. Le Christ sur un char traîné par les évangélistes et les docteurs, vitrail de Brou, xvi° s.).

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