‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 192 sur 285 · LE TRIOMPHE DU CHRIST · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DU CHRIST

\. — Le triomphe du Christ a été représenté de plusieurs manières, qui embrassent également sa personne et ses symboles.

2. — Une représentation sommaire consiste à lui faire fouler aux pieds les quatre animaux malfaisants dont parle David dans ses psaumes, l’aspic et basilic, le lion et le dragon : « Super aspidem et basiliscum ambulabis et conculcabis leonem et draconem » (xc, 13). Ses ennemis forment l’escabeau de ses pieds : « Ponam inimicos tuos scabellum pedum tuorum » ( Psalm . lix, 2). Au xme siècle, ces mêmes symboles du démon furent sculptés sur la marche du trône papal, à Saint Jean de Latran, parce que le pape est le vicaire

du Christ sur terre et qu’il a à combattre les mêmes ennemis que lui.

Parfois, aux bras de sa mère, il tient à deux mains sa croix dont il enfonce la longue hampe dans la gueule du dragon infernal.

3. — L’Apocalypse a inspiré la fresque de la cathédrale d’Auxerre (xne s.) : le Christ est monté sur un cheval blanc, un sceptre noir en main ; quatre anges, aussi à cheval, l’accompagnent, montés sur des chevaux blancs et vêtus de lin, pour exprimer les armées célestes que commande celui qui, dans la liturgie, est appelé Dominas Deus Sabaoth : « Et ecce equus albus et qui sedebat super eum vocabatur Fidelis et verax et cum justitia judicat etpugnat... et vocabatur nomen ejusVerbum Dei. Et exercitus qui sunt in cœlo sequebantur eum in equis albis, vestiti byssino albo et mundo... Et vidi bestiam et reges terræ et exercitus eorum congregatos ad faciendum prælium cum illo qui sedebat in equo et cum exercitu ejus. Et apprehensa est bestia » (Apoc., xix, 11-20). Ce sujet est peint à la voûte de la crypte, car la voûte est faite pour les triomphes : de là l’expression employée dans FEcriture: « Erexit sibi fornicem triumphalem » (/ Reg., xv, 12).

4. — L’arc triomphal, qui sépare la nef du sanctuaire, a été souvent choisi pour le triomphe du Christ : les mosaïques de Rome en fournissent de notables exemples du ive au xn° siècle, de Saint Paul hors les murs à Saint Clément. Le thème complet est celui-ci : au centre, dans une auréole, le buste du Christ, remplacé parfois par un trône sur lequel se dresse la croix gemmée ou est couché l’Agneau divin ; à droite et à gauche, les sept chandeliers, puis les quatre grands archanges ; ensuite les quatre symboles des évangélistes et, plus bas, les vingt-quatre vieillards offrant des couronnes au vainqueur ou deux prophètes qui proclament son triomphe. Les éléments de cette vaste composition sont empruntés à l’Apocalypse : « Et in medio septem candelabrorum aureorum similem filio hominis » (i, 13). « Et vidi et ecce in medio throni et quatuor animalium et in medio seniorum, agnum stantem tam-

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