LIVRE SEPTIÈME
LES SACREMENTS
(Tune façon mixte , c’est-à-dire à la fois par immersion et par infusion.
7. — Les théologiens distinguent trois sortes de baptêmes: par l 'eau, le sang et le désir. Ces modes divers ont été représentés en mosaïque à Saint Pierre de Rome, an siècle dernier : les martyrs versent leur sang pour ia foi et reçoivent la récompense céleste que leur apportent les anges ; des personnes agenouillées tendent vers le ciel des mains suppliantes.
8. — La même mosaïque a placé les quatre nations aux quatre pendentifs de la coupole, personifiant l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique, parce que le Christ a dit aux apôtres : « Euntes ergo docete omnes gentes, baptisantes eos » (S. Matth.,xxvm, 19).
9. — D’après le Rituel romain, dès l’instant où le catéchumène se présente à l’église, il est confié aux soins d'un ange gardien'. « Te quæsumus, Domine, ut mittere digneris sanctum angelum tuum de cœlis qui similiter eustodiat et hune famulum tuum N. et perducat eum ad gratiam baptismi tui ».
10. — Les prophètes du baptême sont, d’après la liturgie, David et Ezéchiel.
David : « Ex ore infantium et lactentium perfecisti laudem propter inimicos tuos, ut destruas inimicum et ultorem » (Psalm, xm, 3). « Yox Domini super aquas, Deus majestatis intonuit, Dominus super aquas multas» (Ps. xxvm, 3). « Omnia excelsa tua et fluctus tui super me transierunt » (Ps.xli, 8).-- Ezéchiel : « Effundam super vos aquam mundam et mundabimini ab omnibus inquinamentis vestris et ab universis idolis vestris mundabo vos et dabo vobis cor novum etspiritum novum ponam in medio vestri» (xxxvi, 26-27).
11. — Le baptême a été figuré , dans l’ancienne loi, d'une façon très expressive, de plusieurs manières : les eaux , sur lesquelles planait Y esprit de Dieu; les quatre fleuves du paradis terrestre; les eaux du déluge , qui ont fait périr les méchants et sauvé les justes ; le passage de la mer rouge , où les Egyptiens furent engloutis et les Hébreux sauvés : « Patres nostri omnes sub nube fuerunt
et omnes mare transierunt et omnes in Moyse baptizati sunt, in nube et in mari » (S. Paul,, i ad Corinlh x, 1-2) ; « Semel mare patres nostri in typo baptismi transierunt » (S. Augustin., Serra.) ; le passage du Jourdain par les enfants d’Israël, portant Parc lie d’alliance ; la mer d airain (fonts baptismaux de Liège, xme s. J ; la circoncision , suivant Saint Paul : « In quo et circumcisi estis circumcisione non manu facta in expoliatione corporis carnis, sed in circumcisione Cliristi: consepulti ei in baptismo » [Ad Colossal., n, 11-12).
12. — Le baptême est symbolisé par deux couleurs : Le blanc , comme nous l’avons déjà vu ; le vert , couleur principale de la foi, selon Brunon d’Asti : « Yiridis autem baptismum désignât ». Dans l’iconographie primitive, il est représenté sous la forme d’un pêcheur à la ligne : le poisson qu’il prend est le fidèle, car Tertullien a dit du baptême : « Sacramentum aquæ nostræ ».Sur le sarcophage de la Gayole, le soleil brille au-dessus du baptisé, parce que le baptême est l’illumination de l’âme : « Illuminare omnes, quæ sit dispensatio sacramenti absconditi a seculis in Deo qui omnia creavit » (S. Paul., ad Ephes. , m, 9).
13. — Certains baptêmes sont célèbres dans l’histoire. Qu’il suffise, de citer celui du Christ, par Saint Jean-Baptiste ; des apôtres, parle Christ; de l’eunuque, par Saint Philippe; des Saints Processe et Martinien, par Saint Pierre; de Constantin, par Saint Sylvestre ; ils ont été traduits par la mosaïque au baptistère du Vatican fxvni6 s.).
14» — Quelques saints, qui ont été de grands baptiseurs, ont, en conséquence, dans leur iconographie les attributs du baptême, fonts , coquille , administration du sacrement, comme Saint Jean- Baptiste, Saint Pierre, Saint Patrice, Saint Louis Bertrand, Saint François Xavier, Saint François Solano, Saint Pierre Claver, etc.
45. — Au baptistère de Saint Marc de Venise, les mosaïques du xnc siècle montrent le baptême pratiqué par les apôtres dans