‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 206 sur 285 · LE BAPTÊME · texte numérisé non relu

LE BAPTÊME

1 . — Le baptême est le premier des sacrements ; par lui, l’enfant devient fils adoptif de Dieu et de l’Église.

2. — Les éléments qui le composent sont : un font baptismal, plein d’eau, bénie le samedi saint ou la veille de la Pentecôte ; sa place au nord , symbole de la mort spirituelle dont il délivre; un prêtre , en surplis et étole, qui récite des prières, administre le sacrement et fait les onctions ; un vase, pour puiser et verser l’eau ; X enfant ou l’adulte, qui est baptisé; le père ou la sage-femme qui

présente le nouveau-né ; le parrain et la marraine qui en répondent.

3. — La cuve baptismale, comme le baptistère lui-même, affecte trois formes : rond ou carré, pour exprimer l’idée qu’on avait alors de la terre, lavée par beau du baptême ; octogone , pour symboliser la béatitude acquise par le sacrement. Saint A mbroise avait fait graver ces quatre vers à Sainte Thèele de Milan :

Qctagonum sanctos templum surrexit in usiis,

Octagonus fous est munere digniis eo.

Hoc numéro decuit sacri baptismatis aulani Surgere, quo populis vera sains rediit.

4. — A Rome, les anciens fonts ont une double forme : baignoire antique, parce que le baptême est un bain qui lave l'âme en noyant le démon, comme dit Saint Grégoire de Nazianze : « Accedit Jésus... prœcipue ut et veterem Adam sepeliat in aquis » ; sarcophage , suivant la théorie de Saint Paul: « Consepulti enim sumus cum illo per baptismum in mortem, ut quomodo Christus surrexit a mortuis per gloriam Patris, ita et nos in novitate vitæ ambulemus » ( Ad Rom., vi, 4).

A Robécourt (Vosges), la rédemption par l’Incarnation est opposée à la chute d’Adam et d’Ève (xve s.) Sur le font baptismal de Freckenhorst (Allemagne), daté de 1129, le Christ juge, assis dans une auréole entre les quatre animaux, les mains étendues, dit, sur des phylactères, aux élus nimbés et à sa droite : Venite, benedicti , percipite regnum et aux damnés, à sa gauche : Discedi/e a me, ma ledicti, in ignem ælernum.

5. — L’enfant, après le baptême, était revêtu d’une robe blanche, réduite maintenant au chrémeau , symbole de l’innocence recouvrée, comme chante Saint Paulin de Noie :

Inde pareils sacro diicit de fonte sacerdos Infantes niveos corpore, corde, liabitu.

6. — Le baptême a été administré de trois manières : par immersion, en plongeant l’enfant en tout ou en partie dans l’eau baptismale ; par infusion , en versant cette même eau sur sa tête;

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