LIVRE HUITIÈME. — LA SCIENCE, L’ART ET LE MÉTIER
pénétrante et tranchante ; tient le globe du monde, qu’elle gouverne par le charme de sa parole ; embouche une trompette , sa renommée portant loin ; déroule un phylactère, contenant ses discours et préceptes ; gesticule de la main droite, pour rehausser sa parole. Cicéron est son plus brillant représentant.
\1 Arithmétique a pour attributs : un compas , pour mesurer; une table de Pythagore , pour compter ; une équerre et un quart de cercle , qui conviennent mieux à la géométrie ; un poinçon , pour faire ses calculs. Pythagore la personnifie.
La Géométrie a ces attributs : un compas, pour tracer des figures ; un livre , car elle enseigne ; une tablette , où elle opère ; un instrument chiffré pour ses calculs ; des ailes, car elle mesure l’espace et franchit les distances ; une baguette ou verge à division, afin de mesurer ; une sphère , parce que le monde entier est son domaine. Eucüdela symbolise.
Les attributs de Y Astronomie sont: le globe céleste , objet de ses investigations ; )es astres , dont elle étudie les mouvements; les yeux au ciel , qu’elle scrute dans ses profondeurs ; des ailes , car elle s’envole jusqu’au firmament; un compas , pour mesurer les distances d’un astre à l’autre ; des diamants , parce qu’elle vit au milieu de la lumière. Platon est son représentant.
La Musique se reconnaît à ces signes: elle chante, en s’accompagnant d’instruments divers, à vent, à cordes, à percussion ; elle tient une clochette aux vibrations sonores; écoute le marteau du forgeron, qui frappe en cadence sur une enclume. Sur le candélabre de Milan fxui3 siècle), son attribut est un canard , oiseau peu mélodieux, car elle s’oublie quelquefois. Jubal la représente ; dans une miniature du xn° siècle, à Reims, elle est symbolisée par Arion, Pythagore et Orphée. Sa cour est formée des neuf Muses de P Antiquité : « Talia, ponens germina ; Glio, bona fama; Calliope, pulcra vox ; Terpsicore, artium delectatio ; Melpomene, méditationem faeiens ; Eratho, inveniens simile ; Euterpe, delectatio voluntaria; Polimnia, capacitas memorie; Urania, celestis. »
Ces légendes ne sont que la glose étymologique du nom grec des neuf sœurs, qui forment la louange vivante de l’harmonie; physique, par la belle voix de Galiope ; morale, par la bonne renommée de Glio ; céleste, sous le nom d’ U ranie ; attractive, avec Erato ; méditative avec Melpomène, joyeuse avec Terpsichore ; récréative avec Euterpe;se remémorant, avec Polymnie.
Les musiciens ont pour patronne Sainte Cécile.
4. — La musique céleste est plus spécialement représentée par toutes sortes d’instruments que font résonner les anges. Les anges musiciens se voient fréquemment du xne au xvii0 siècle.
La musique d’église a trois instruments favoris : l’orgue, les cloches et le serpent.
Ses huit tons ou modes ont chacun une dénomination spéciale. Au xie siècle, Guy d’Arezzo résumait cette théorie en quatre vers :
Omnibus est primus, sed et alter tristibus aptus,
Tertius iratus, quartus dicitur fieri blandus,
Quintum da lœtis, sextum pietate probatis,
Septimus est juvenum,sed postremus sapientum.
Le xne siècle a personnifié par des hommes ou des femmes jouant d’instruments diversités huit tons grégoriens,sur les chapiteaux du chœur de l'église abbatiale de Cluny et les a enveloppés d’une auréole avec inscription.
Premier ton: Modeste, fœcundus, modestus , severus ; introït Gau de a mus.
II ic tonus orditur modulamina musica primus.
Deuxième ton : Triste, grave, gravis ; Trait du 1er dimanche de carême. Une pleureuse sonnant les échelettes des enterrements :
Subsequitur plongus numéro vel lege secundus.
Troisième ton: Affectu.e\ix}Ytf,animosus> promptus ; Antienn eSalva nos des complies. Il est personnifié par un prophète qui chante la passion et la résurrection du Christ, David peut-être :