CHAPITRE VIII
l’art
1. — L’art est un, quoique ses manifestations soient multiples , car il a pour mission de reproduire le beau , le bon , Y utile et le vrai, qui émanent de Dieu, le grand artiste, « artifex mundi », comme dit la liturgie.
Au moyen âge, on ne connaissait que les arts libéraux, qui unissent l’enseignement à l’art proprement dit ; actuellement, restreignant le sujet, on dit les beaux-arts.
2. — Les beaux-arts comprennent Y architecture, la peinture, la sculpture , la gravure, la musique et la danse.
Ces arts sont figurés de quatre façons : par des symboles, des personnifications, les artistes eux- mêmes et des personnages historiques.
Les symboles ou attributs sont, en général, les instruments mêmes dont se servent les artistes : règle, compas , équerre , marteau pour l’ architecture ; pinceau , tableau , chevalet, pour la peinture ; marteau , ciseau, gouge, pour la sculpture \ burin pour la gravure, etc., Saint Thomas est patron des architectes, Saint Luc et Saint Lazare des peintres, les Quaire couronnés des sculpteurs et statuaires.
La personnification, surtout depuis lexvic siècle, est toujours une femme que distinguent des attributs spéciaux.
L’artiste est mis en scène et opère. Au campanile delà cathédrale de Florence, parmi les bas-reliefs du xivc siècle, on remarque : l’architecte, debout au milieu de sa construction, armé de la canne
géométrale et donnant des ordres à deux appareilleurs, montés sur des échafaudages ; le peintre, peignant sur un chevalet, entouré de triptyques et près de lui, une caisse pleine de pots à couleurs ; le sculpteur, façonnant une statue avec un maillet et un ciseau et escorté d’une équerre, d’un foret, d’un compas, d’un polissoir et d’un coffre où il enferme ses outils. A Florence, l’architecte se nomme Dédale, le peintre Apelle, le sculpteur Phidias.
3. — Les arts libéraux, au nombre de sept, se subdivisent en deux catégories : le Trivium , qui comprend la grammaire, la dialectique et la rhétorique, et le Quadrivium , qui embrasse l’arithmétique, la musique, la géométrie et l’astronomie.
Les plus beaux spécimens sont: en sculpture, au portail nord de la cathédrale de Clermont (xiv° siècle) ; en peinture, une des chambres Borgia au Vatican, décorée par Pinturicchio (xvc siècle) ; en bronze, le tombeau de Sixte IV à Saint Pierre de Rome (3.493) ; en ivoire, une coupe au dôme de Milan.
11 y a deux façons de les représenter : par un homme ou plus souvent par une femme avec des attributs; ou par une femme, assise en majesté et entourée,comrne d’une cour, de ceux qui, dans l’antiquité, ont plus particulièrement fait honneur à l’art qu’elle symbolise.
La Grammaire a pour attributs: un livre contenant l'alphabet qu’elle apprend à un enfant; une clef , car elle ouvre la porte à toute science ; une 'plume et une écritoire , parce qu’elle écrit ses préceptes ; une trousse , contenant son bagage portatif; une férule, pour frapper l’écolier indocile ; une lime, symbole du travail qui polit l’intelligence. Son principal représentant est Priscien.
La Dialectique se distingue ainsi : un livre, par lequel elle enseigne ; un serpent , car elle est insinuante et perfide ; un scorpion , parce qu’elle ne lâche pas prise ; un chêne , pour exprimer sa force ; un singe, car elle est remplie d’adresse et de subtilité ; un hameçon, parce qu’elle attire à elle d’une façon déguisée. Elle se personnifie dans Aristote.
La Rhétorique brandit son glaive, car l’éloquence est à la fois