LIVRE PREMIER
ROTIONS GÉNÉRALES
et dont la pointe est tantôt arrondie et tantôt aigue ou ogivée; le quadrilobe f qui convient surtout au type de la majesté ; le losange , qui est plus rare.
Les rayons sont droits ou alternativement droits et flamboyants.
4. — Une variété de l’auréole circulaire est la roue : autrement dit, du centre partent des rayons qui vont aboutir à la circonférence et coupent le champ en quatre (tombeau de S. Junien, xiic s.) ou en huit (vitr. de la Transfiguration, à la cath. de Chartres, XIIe s.)
5. — L’auréole est parfois double : dans ce cas, le personnage s’assied au sommet de la seconde auréole qui enveloppe la partie inférieure du corps, la première étant affectée à la partie supérieure (Ms. du xe s., à la Bibl. Nat.).
Elle est encore traversée horizontalement par un bandeau, imitant l’arc-en-ciel, si le personnage doit être assis. (Fresque du Campo Santo de Pise, xive s. J
6. — Le champ de l’auréole est habituellement uni, cependant on le trouve aussi rempli de rayons filiformes.
La bordure est ornée de diverses façons. Les trois types les plus intéressants sont les nuages (vit.de la cath. de Chartres, xme s.), les gemmes (évangéliaire de la cath. de Trêves, xne s.) les inscriptions (tombeau de S. Junien, xn° s.)
On lit ces quatre vers autour de l’auréole qui enserre la Viergemère, à l’un des petits côtés de ce tombeau :
Ad collum matris pendet Sapiencia Patris.
Me Xpisti matrem prodo gerendo patrem.
Mundi facturam genitrix gerit et genitorem Maternosque sinus sarcinat hic Dominus.
7. — La couleur normale du champ est or ou jaune , sans préjudice toutefois du bleu , du verte t du rouge.
8. — Le symbolisme de l’auréole est facile à comprendre, puisqu’il s'agit exclusivement de lumière. « Solus potens, rex regum
et dominus dominantium, qui solus habet immortalitatem et lucem habitat inaccessibilem » (S. Paul., i ad Timoth., vi, 15-1 6).
Le moyen âge. qui l’appelait amande , y voyait un symbole du Christ glorifié et glorifiant ses élus. Adam de S. Victor en parle en ces termes :
Gontemplemur adliuc nucem,
Nam prolata nux in lucem Lucis est mysterium.
Tri nam gerens unionem,
Tria confert : unctionem,
Lucem et edulium.
Nux est Cliristus ; cortex nucis,
Circa carnem pœna crucis;
Testa, corpus osseum.
Carne tecta Deitas Et Christi suavitas Signatur per nucleum.
Lux est cæcis et unguentum Cliristus ægris, et fomentum Piis animalibus.
Les arcbélologues ont inventé, pour désigner l’auréole, la locution vesica piscis , qui est aussi impropre qu’inconvenante et que nous devons résolument repousser de la terminologie chrétienne.
9. — L’auréole convient avant tout à la Trinité, qui est lumière : « O lux, beata Trinitas » ( Hymne du brév. rom.) On l'attribue au Christ, splendeur du Père, « splendor paternæ gloriæ » (ibid.)\ à ses symboles, comme la croix et l’agneau ; à son nom (Monogramme de S. Bernardin de Sienne, à Rome), au S. Sacrement; on la rencontre surtout dans ces six scènes de sa vie, la Nativité, la Transfiguration, « Ecce nubes lucida obumbraviteos » (S. Matth., xvii, 5), la Crucifixion, la Résurrection, l’Ascension, « nubes sus-