‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 275 sur 285 · LES PAUVRES · texte numérisé non relu

LES PAUVRES

1. — Les pauvres sont de plusieurs sortes: mendiants , estropiés , lépreux.

2. — Le mendiant est déguenillé et malpropre : il tend la main ou son chapeau pour recevoir Y aumône, ou une écuelle dans laquelle il mange les mets qu’on lui donne. L’aumône se fait en pièces de monnaie ou en nature, le plus souvent pain pour sa nourriture ou vêtement pour le couvrir.

3. — L’ estropié à qui il manque un bras ou une jambe, marche à l’aide de béquilles. Yïaveugle, appuyé sur un bâton , est conduit par un chien qu’il tient en laisse. L 'infirme est couché dans un lit ou sur un grabat. Le paralytique gît immobile.

4. — Le lépreux vit à part, séquestré de la société. On le reconnaît aux taches livides qui couvrent son corps {vitr. du xme s., à la cath. de Poitiers) ; au chien , qui lèche ses plaies ; aux gants , qui protègent ses mains pour éviter qu’il souille ce qu’il touche ; à ï écuelle, qui lui sert pour boire et manger; à la cabane, où il a été officiellement enfermé par l’Eglise ; à la cliquette de bois qu’il fait résonner pour avertir de son approche. Un tableau de Saint François, à Pescia, daté de 1235, représente un lépreux, coiffé d’un chapeau rond, vêtu d’un ample manteau relevé sur les bras, la cliquette en éventail dans la main droite et dans la gauche tenant un bourdon.

auquel est suspendue une maletie ou escarcelle, pour indiquer sa vie errante.

5. — Les infirmes et les malades ont, pour les abriter et les soigner, des maisons spéciales que le moyen âge a appelées Hôtel- Dieu.

G. — Souvent le Christ a pris l’aspect d’un pauvre pour éprouver la vertu des saints : il se manifeste alors par l’éclat de la lumière qui jaillit de sa tête ou de son corps et par sa bénédiction. C’est la traduction de ce texte de l’Evangile: « Amen dico vobis, quamdiu fecistis uni ex his fratribus meis minimis, mihi fecistis » (S. Matth xxv, 40).

7. — Sur la belle vasque du xin0 siècle, qui est à l’école des Beaux-Arts, à Paris et qui provient de l’abbaye de Saint-Denis, le pauvre est opposé au riche. Le pauvre, PÀUPER, a sur la tête une

calotte déchirée ; le riche, D1VES, est tête nue et barbu.

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