LIVRE PREMIER
NOTIONS GÉNÉRALES
jour, il sera entouré de gloire pour le jugement, dit le Credo de Nicée : « qui venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos ».
Raphaël, dans la Dispute du Saint-Sacrement, complète la gloire par un cortège d’anges et de saints, qui forment la cour céleste.
3. — Dieu communique sa gloire à ses saints ou plutôt il les y fait entrer. La Vierge y a droit la première. Aussi l’Église la proclame-t-elle glorieuse dans sa liturgie, à la fin de l’antienne Sub tuum : « Virgo gloriosa et benedicta. »
Aux XVe et xyie siècles, elle a été figurée dans sa Conception, avec un cortège d’emblèmes et bénie par Dieu du haut du ciel. En effet, pour que la gloire soit complète, la présence de Dieu est indispensable.
4. — Les saints jouissent aussi de la gloire en trois circonstances surtout : aux retables , sur la machina , lors des béatifications .
Le retable, à son autel, exalte le Saint : il en fut ainsi à partir du xvie siècle, où ce meuble prit de si grands développements. Je citerai surtout les retables des églises de Saint Ignace et du Jésus, à Rome.
La machina est un édifice en bois doré qu’on porte en procession : le saint y resplendit au milieu de rayons et de cierges allumés.
A l’occasion de la béatification solennelle, qui se fait dans la basilique de Saint Pierre, au fond de l’abside, le nouveau bienheureux, peint sur toile dans des proportions colossales, est représenté entrant au ciel : des anges portent ses attributs, des lustres lui forment une auréole lumineuse.
5. — Dieu dans sa gloire est assis, parce qu’il trône en majesté. Raphaël a fait aussi asseoir les saints ; mais, en général, le saint qui entre dans la gloire est debout. Quelquefois même, aux deux derniers siècles, on l’agenouille, dans l’attitude de la reconnaissance ou de la supplication.
b. — Les gloires les plus célèbres, quoique un peu théâtrales,
sont celles qui tapissent l’abside à Saint Pierre de Rome et à la cathédrale d’Amiens, œuvres en stuc ou bois doré des xvn° et xvme siècles.
7. — ■ Les élus ont aussi le privilège d’être associés à la gloire de Dieu. Le Te Deum l’affirme dans ce verset : « Æterna fae cum sanctis tuis in gloria numerari » ou munerari , suivant une ancienne version.
8. — Type iconographique : Fig. 33. Le Christ dans sa génération éternelle, stalles de Sienne, xivc siècle.
9. — A consulter : La gloire de la cathédrale d' Amiens, apud Rev. de T art chrét t. XY1, p. 505-515.