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LIVRE PREMIER. — NOTIONS GÉNÉRALES

pliant, il a ses extrémités terminées par des têtes d’animaux ('sceaux des rois de France).

Il constitue à proprement parler le type de la majesté : « Cum sederit Filius hominis in sede majestatis suæ » fS. Ma tth . , xix, 28,).

Le coussin surmonte le siège qu’il- rend moëlleux. Les Byzantins n’y manquent jamais et les Latins leur ont emprunté ce type.

La housse est une draperie riche qui couvre le dossier et le siège.

Le dossier adhère au trône, alors il forme la cathedra. Au xve siècle surtout, il est en étoffe.

Le dais est ou un édicule, nommé Jérusalem céleste ou une tenture, en pavillon conique, en carré, appelée ciel. Il signifie donc de toute façon le séjour où Dieu appelle ceux qu’il veut faire participer à sa gloire.

3. — Le trône est incomplet en certaines circonstances. Ainsi, à l’Ascension, les Byzantins mettent un simple escabeau sous les pieds de la Vierge pour l’exhausser au-dessus des apôtres. On supprime le coussin et la housse. Parfois l’absence de dossier transforme le siège en banc vulgaire : c’est le cas ordinaire dans les voussures des portails. Aux xv° et xvi® siècles, sur les vitraux et les miniatures, les saints ne se distinguent guère que par une tenture placée derrière le dos et un dais au-dessus de la tête. Dans la niche , qualifiée au moyen âge tabernacle , on retrouve ces trois éléments principaux : la console, le dossier et le dais.

4. — Le trône convient essentiellement aux trois personnes divines, au Christ en particulier. 11 se distingue par son éclat : « Thronus ejussicut diescœli, Thronus ejus sicut sol. » (Psalm. lxxxviti, 30, 37.) « Iris erat in circuitu sedis. » (Apoc., iv, 3).

La sainte Vierge y a droit également et les plus anciennes représentations la montrent constamment assise, comme une reine. Sur l’ivoire de Nevers, les fresques des catacombes et les sarcophages primitifs, dans la scène de l’Epiphanie, elle trône sur une cathedra , souvent recouverte d’une housse.

Les apôtres sont assis, au-dessous du Christ juge, au portail des cathédrales, au xnc siècle, suivant la parole du maître : « Sedebitis et vos super sedes duodecim, judicantes duodecim tribus Israël. » (S. Matth., xix, 28). « Sedeatis super thronos, judicantes duodecim tribus Israël. » (S. Luc., xxn, 30j.

On donne aussi des sièges aux saints, par exemple dans les voussures des portails et la dispute du Saint-Sacrement de Raphaël; et aux vingt-quatre vieillards: « Super thronos viginti quatuor seniores sedentes. » fApoc., iv, 4).

Les évêques et les souverains ont le privilège du trône, en raison de leur éminente dignité, spirituelle et temporelle.

5. — Dans les représentations symboliques de la Trinité chez les Byzantins, le trône remplace le Père.

6. — Marie est le trône même du roi, comme le porte cette inscription au bas d’un tableau de Gurk (xn° siècle,) où la mère et l’enfant se tiennent étroitement embrassés :

Ecce thronus magni fulgescit regis et agni.

7. — Types iconographiques : Fig. 39: Pavillon suspendu au dessus de la tête de Saint Pierre, vitr. au grand Andely,xvie s. — Fig. 40. Christ assis sur un trône, sculpt. de l’église Sainte-Radegonde, à Poitiers, xi° s. — Fig. 41. Trône avec escabeau et coussin, miniat. du xn° s.

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