LIVRE DEUXIÈME. — LE EMPS
Au xiie siècle, le motif iconographie varie et l’on adopte volontiers le Janus bifrons de la mythologie, dont une face regarde en arrière le passé et l’autre, en avant, l’avenir. 11 n’est pas question du présent, car, selon le poète, il n’existe pas, à proprement parler :
Le moment où je parle est déjà loin de moi.
A Saint-Denis, deux têtes sont soudées sur un même corps : 1’une, âgée et barbue ferme une porte, c’est le passé; l’autre, jeune et imberbe, l’ouvre au contraire, c'est l’avenir.
Presque en même temps se manifeste le Janus trifrons , qui persévère jusqu’au xvie siècle : il a trois têtes, unies ensemble par un seul corps et chacune de ces têtes, suivant qu’elle regarde à droite, à gauche et de face, correspond au passé, au présent et à l’avenir.
5. — Le Temps, dans ses plus grandes divisions, est formé de siècles et chaque siècle d’années. Les uns et les autres ont été personnifiés.
Le siècle, sæculum , dans les loges de Pie IV, au Vatican (1561), est symbolisé par les signes du zodiaque, qui sont mieux appropriés à l’année, et par le 'phénix sur son bûcher, carie siècle succède au siècle.
Sur le pavage en mosaïque de la cathédrale d’Aoste, exécuté au xne s., l’an, ANN VS, est un jeune homme imberbe, car il ne vieillit pas; assis sur un trône , à titre de souverain ettenant dans la main droite le soleil , SOL et dans la gauche la lune , LUNA, attributs trop vagues qui conviendraient mieux au Jour, mais qui se complètent par les douze mois dont il est entouré comme d’une auréole.
Dans les loges de Pie IV, l’année se confond avec l’Eternité, par le serpent en rond, qui dénote sa révolution périodique.
Charles Emmanuel I,roi de Piémont, inscrivait cette légende sur ses monnaies pour que Dieu bénit l’année : Benedices coronæ anni.
6. — Types iconographiques : Fig. 63. Passé, présent et avenir ; miniat. franc., xive s. — Fig. 64. Année : mosaïq.dela cath. d’Aoste, XIIe s.