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Le Temps peut être envisagé en bloc ou en détail

Dans son ensemble, il se confond avec le Saturne du paganisme qui dévore ses enfants.

Dans les parties diverses qui le composent, on trouve les siècles , les années , les mois , les jours , les heures ; à un autre point de vue, il y a encore le passé , le présent et Y avenir, ainsi que les quatre saisons.

3. — Personnifié à partir du xvie siècle, le Temps est un vieillard décrépit, à longue barbe, presque nu, qui a pour attributs : des ailes aux pieds et aux épaules, pour marquer la rapidité de sa course; un compas , pour mesurer l’espace ; une clepsydre, pour la durée des heures ; une roue tournant sans cesse, parce qu’il ne s'arrête pas; une balance, car il est toujours égal à lui-même; une faux , puisqu’il est le grand destructeur des hommes et des choses ; des ruines de monuments qu’il renverse ; un cadran et les signes du zodiaque , afin d’indiquer le chemin qu’il parcourt régulièrement.

Les Byzantins s’en sont fait une toute autre idée. Didron décrit ainsi une fresque de Sophodès en Grèce : « Au centre d’une roue à six rayons est assis un jeune homme imberbe, coiffé d’une couronne royale et tenant dans une nappe une grande quantité de fleurs éclatantes. Au-dessus de la tête de ce jeune roi, on lit XPONOS, le Temps. Le Temps est donc ici le symbole de la vie plutôt que de la mort, la personnification de l’existence et de l’épanouissement plutôt que de la fin. Le Temps est jeune, il fait naître bien plutôt qu’il ne détruit. Ce n’est pas une faux qu’on lui met en main pour trancher la vie, mais une corbeille de fleurs vermeilles et tout fraîchement écloses. On voit ici l’antagonisme de la religion chrétienne et du paganisme. Les païens ont fait du Temps un dieu de la mort : les chrétiens, un génie de la vie. Pour les chrétiens, le jour des funérailles est le jour de la naissance à l’existence immortelle » {Annal, arch ., t. 1, p. 425). Le Temps donne donc d’abord la vie temporelle, puis introduit à la vie éternelle, en sorte que se réalise cette parole de nos liturgies françaises : « Yita mutatur, non tollitur. »

A la cathédrale de Clermont, lexvP siècle a figuré à l’horloge le Temps, Tempus, tenant le cadran, entre deux Jaquemart, qui sont MARS et un Faune, FAYNYS, pour symboliser la guerre et la paix, la mort résultant des combats et la propagation de la race; dans ce partage à peu près égal de la vie humaine, le Temps répare lui même au fur et à mesure ce qu’il détruit.

4. — Le Temps contient trois périodes successives: le passé , le présent et X avenir. Du ive au xii siècle, la croix, accostée de X alpha et de X oméga, première et dernière lettre de l’alphabet grec, répond à cette donnée de l’Apocalypse où Saint Jean dit du Christ :

« Ego sum A etw, principium et finis, dixit Dominus, qui est, qui erat, et qui venturus est » (i, 8). C’est la doctrine de Saint Paul :

« Jésus Ghristus heri et hodie, ipse et in secula » {Ad Hebr ., xiii, 8). La croix symbolise le présent, X alpha le passé et l 'oméga l’avenir ou la fin du Temps.

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