‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 84 sur 285 · LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LE SOLEIL

1. — Le soleil est l’astre du jour, lia été lancé dans le firmament par Dieu au quatrième jour de la création.

2. — Il affecte une triple forme, en disque , en étoile , en personne.

Le disque est d’abord fixé à l’intérieur, sans rayons extérieurs ; jaune ou rouge, parce qu’il est lumineux et embrasé : au moyen âge, on y dessine habituellement les traits d’une figure humaine. Ensuite il projette des rayons droits ou droits et flamboyants alternativement. Au xm0 siècle, il est tenu par un ange, chargé de ses mouvements (cath. de Chartres et de Reims).

En étoile, il a des rais droits ou flamboyants.

3. — Personnifié, c’est l’Apollon de l’antiquité : beau jeune homme, imberbe, à l’épaisse chevelure, drapé dans son manteau, à tête nimbée ou rayonnante, monté sur un char traîné par deux chevaux,, ou en buste seulement et une torche à la main. Si les chevaux montent, c’est le soleil levant ; s’ils descendent, c’est le soleil couchant.

Au Vatican (xvie s.J, sa tête est radiée, il tient une torche dans chaque main et est précédé des saisons.

4. — Le soleil figure en trois circonstances principales, à la création ; à la crucifixion, où souvent il se voile la face pour exprimer les ténèbres répandues alors sur le monde ou essuie ses yeux avec son manteau, car il pleure son auteur ; à la majesté, qui est le triomphe de Dieu.

5. — Sa place est toujours à droite, avec la lune en vis-à-vis, car il a sur elle la préséance comme le premier des astres.

6. — 11 symbolise le Christ, ce qui est fréquent dans la liturgie ; la Vierge, dont il est dit : « Electa ut sol» ; le Nouveau Testament, l’Eglise, le pape : « Ad firmamentum cœli, hoc est universalis Eeclesiæ, fecit Deus duo magna luminaria, id est duas magnas institué dignitates, quæ sunt pontificalis auctoritas et regalis potestas. Sed ilia, quæ præest diebus, id est spiritualibus, major est; quæ vero carnalibus minor est ; ut quanta est inter solem etlunam, tanta inter pontifices et reges differentia cognoscitur. » ( Epist . Innoc. III).

7. — 11 est l’attribut de la Vierge : « Mulier amictasole » (Apoc. , xii, 1), de Josué qui l’arrêta; de Joseph, parce qu’il expliqua le songe de Pharaon ; de Saint Thomas d’Aquin, en raison de sa doctrine sublime ; de l’Espérance, parce qu’il figure le ciel objet de ses désirs ; de la Charité, qui est feu et amour.

8. — Une double application du soleil radieux a été faite à partir du xviT siècle, aux gloires monumentales (Saint Pierre-de Rome, cath. d’Amiens) et à l’ostensoir, où réside le Dieu de l’Eucharistie, par allusion à ce texte : « In sole posuit tabernaculum suum » ( Psalm . xvm, 5).

9. — Types iconographiques : Fig. 72. Création du soleil et de la lune, miniat. franc., xive s. — Fig. 73. Soleil et lune tenus par des anges, sculpt. de la cath. de Chartres, xme s. — Fig. 74. Soleil et lune personnifiés, Idem. — Fig. 75. Char du soleil et de la lune, sculpt. du baptistère de Parme, xii6 s. — Fig. 76. Personnification du soleil, au palais ducal de Venise, xive s. — Fig. 77. Le soleil et la lune tenant des torches, miniat. du xne s.

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