LIVEB TROISIÈME. — LA NATURE
La lune, à la crucifixion, est grise ou cendrée, afin d'exprimer sa douleur.
6. — Le jaune fut une couleur liturgique au moyen âge. Il a les mêmes propriétés que la lumière et Tor, c'est-à-dire qu'il est le symbole de la gloire.
Il signifie aussi le souci, Tinquiétude: c'est alors la couleur propre de la Synagogue et de Saint Joseph.
7. — Le noir constitue actuellement le deuil liturgique. 11 convient essentiellement à la mort, à la tristesse, aux ténèbres, à la nuit. Un des quatre fléaux est monté sur un cheval noir: a Et ecce equus niger et qui sedebat super illum habebat stateram in manu sua » {Apoc.j vi, 5). Le soleil enténébré devient noir: « Sol factus est niger tamquam saccus cilicinus » (vi, 12).
Le démon est presque toujours noir, comme Ta vu Saint Benoît. Le nimbe de Judas est aussi noir, parce qu'il a perdu la sainteté et, partant, la gloire de l'apostolat.
On a appliqué aux Vierges noires ce texte du Cantique des Cantiques : « Nigra sum sed formosa » (i, 5), répété en antienne dans le Petit office,
8. — La powrpr^ appartient en propre aux souverains : « Sicut purpura régis » [Cantic, cant., vu, 5). Le Christ, à sa passion, en est dérisoirement revêtu : « Et induunt eum purpura... Et cœperunt salutare eum: Ave, rex Judseorum » (5. Marc.yWy 17-18).
Elle est Tattribut spécial de la justice, car dit Saint Brunon d'Asti : « Purpura, qua reges et principes induuntur, justitiam désignât ».
Elle fait partie intégrante du trône du Saint-Sacrement, du pape et des cardinaux, qui sont princes.
9. — Le rose^ couleur intermédiaire, entre le violet et le rouge, est réservée, dans la liturgie, en signe de joie spirituelle, aux dimanches d'Avent et de Carême, qui, du premier mot de leur introït, sont qualifiés Gaudete et Lœtare. C'est la nuance de la
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feuille de rose desséchée, par conséquent symbolisant une joie qui n'est pas sans mélange de tristesse.
10. — Le rouge y en liturgie, se réfère à Y Esprit sainte à la pasr sionàxi Christ et aux martyrs.
On a appliqué au Sauveur ces prophéties : « Dilectus meus candidus et rubicundus» {Cantic. cant., v, 10) ; « Quare ergo rubrum est indumentum tuum et vestimenta tua sicut calcantium in topculari » [Isai.^ lxiii, 2), car il est aspergé de son sang: « Et vestitus erat veste aspersa sanguine et vocabatur nomen ejus Verbum Dei » {Apoc.^ xix, 13).
Le rouge fut la couleur du deuil liturgique jusqu'au xv' siècle; le pape seul en a conservé l'usage et il le prend aussi, au lieu du violet, pour les temps de pénitence.
Il est attribué aux Séraphins embrasés, à la charité et au feu.
11. — Le tanné îixsqa'au xvii* siècle eut quelque vogue dans la liturgie, où il remplaçait le cendré. Les carmes et les franciscains Tout adopté, en signe de pénitence et de mortification, pour leur costume.
12. — Le vert rappelle le printemps de la nature et celui du ciel qui sera éternel : Aussi le sol des mosaïques est-il toujours gazonné. Il symbolise les joies du paradis : « Eam (animam) introducere digneris ad semper virentia et amœna loca paradisi » {Bit. Rom.); la récompense céleste : « Jmmarcessibilem glori© coronam » (/ S. Petr.y v, 4), et par conséquent V espérance qui y tend de tous ses efforts. Saint Brunon d'Asti y voit encore un symbole de la foi : « Jaspis, quia viridis est, fldem désignât, que? semper viridis et immarcessibilis est ».
Pour Vévêque^ dont il est le signe distinctif, il symbolise son indépendance absolue dans son diocèse, où il ne relève que du pape.
Le démon est aussi peint en vert, cette couleur pouvant être prise en mauvaise part, comme symbole de haine et de poison.
13. — Le violet, en liturgie, convient aux temps de pénitence et