CHAPITRE XVIII
l'arc-bn-gibl
!. — L'arcen-ciel est un phénomène solaire, qui se produit sur les nuages. Il est nuancé de plusieurs couleurs juxtaposées, que le moyen âge ne cherche pas à reproduire fidèlement : violet, indigo, bleu^ vert^ jaune, orangé, rouge.
2. — Il parut pour la première fois après le déluge, comme gage de la réconciliation de Dieu avec l'homme : « Arcum meum ponam in nubibus et erit signum fœderis inter me et terram. Cumqueobduxero nubibus cœlum, apparebit arcus meus in nubibus et recordabor fœderis mei vobiscum » {Gènes, ^ ix, 13 ib).
3. — L'arc convient donc principalement à Dieu qui le nomme arcus meus. En iconographie, le moyen âge le lui donne pour siège parce que Saint Matthieu dit (v, 24) : « Cœlum thronus Dei est » ; l'arc symbolise alors le ciel. Parfois, on ajoute un second arc pour appuyer les pieds.
Sur l'arc s'assied aussi Marie, qu'elle tienne ou non son enfant, comme signe de glorification (fresq. du Campo Santo de Pise, xiv* siècle.)
4. — Deux arcs réunisverticalement forment une auréole. On lit dans la vie de Sainte Hildegonde, qui mourut en 1180 : A l'heure de sa mort, à la pointe du jour, on vit paraître deux arcsen-ciel se croisant l'un sur l'autre, et au point de leur jonction
148 TRAITÉ d'iconographie
parut un corps rendu lumineux, au centre duquel se distinguait une croix, qui sembla d'abord petite et bientôt s'étendit et s'élargit sans mesure, et fut ensuite environnée d'autres corps lumineux chargés aussi de croix éclatantes d'où jaillissait une clarté dont la campagne se trouva illuminée.
5. — L'arc-en-ciel est un des emblèmes de la Vierge, parce qu'elle a apporté la paix au monde par sa maternité.
6. — Types iconographiques, Fig. 93 : Arc-en-ciel pour siège et support des pieds du Christ, fresq. de Salamine, xviiP s. — Fig. 94. Arc-en-ciel, siège de la Vierge au jugement dernier, fresq. du Campo Santo de Pise, xiv* s. — Fig. 95. Auréole en arc-en-ciel, miniat. ital., xiv* s.
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