LES JEUX
1. — Pour le païen, vivre c'était rire, jouer,folâtrer,témoin cette épitaphe découverte à Lambèse: « Versari, jocari, ridere, ludere, hoc estvivere ». Pour le chrétien, le jeu est une distraction hon- . nête.
Les calendriers des heures gothiques ont réparti entre les douze mois les jeux et plaisirs de Thomme, qui fait ainsi diversion à ses travaux [Voir livre II, ch. 3). Il s'y mêle aussi des pratiques de dévotion.
2. — En janvier, des enfants jouent à la marotte. En février, on mange et on se chauffe. En mars, garçons et Biles se promènent ou dansent au son du flageolet et de la guitare. En avril, chasse au faucon et pèlerinage à Saint-Jacques. En mai, chevauchée et causerie d'amour dans les prés en fleur. En juin, réception des cendres, qui vient trop tard. En juillet, lutte corpsàporps. En août, jeu du colin-maillard ; en septembre, jeu delà main-chaude ; en octobre, on fait la vendange ; en novembre, on joue aux barres; en décembre, on se jette des boules déneige.
3. — D'autres jeux sont fréquemment figurés dans les manuscrits : jeu d'échecs, jeu de dames, jeu d'épée, marionnettes, animaux savants, jonglerie, etc., luttes, combats, tournois, quintaine, courses, etc. Les échecs, les dames elles cartes sont jeux prohi-