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Enfin Euripide conseille d'arriver à la fortune par le travail : «Tibi dixi, o fili, ut fortunam laboribus indages. Eurip., Electr. »
3. — A la cathédrale d'Amiens, la roue n'est pas complète : huit personnages imberbes montent d'un côté et huit barbus descendent de l'autre ; au sommet est assis un roi avec son chien.
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Celte scène n'occupe que la partie supérieure de la roue méridionale.
A la cathédrale de Beauvais (xii® siècle), la vie humaine s'échelonne au pourtour de la roue : il y a douze personnages, celui du sommet attire de la main les cinq qui veulent monter et de son sceptre repousse les cinq qui descendent ; le douzième est couché sous la roue même.
4. — Les Byzantins font tourner la roue par le jour et la nuit et ils rintîtulent : La vie insensée du mo?ide trompeur. Des inscriptions font parler les sept personnages. « Près du petit enfant : Quand donc, étant monté, aniverai-je en haut! Près de Tenfant: temps, hâte-toi de tourner ^ afin que f arrive promptement au sommet. Près de l'adolescent : Voici, je suis arrivé au point de m' asseoir bientôt sur le trône. Sur le jeune homme : Qui est-ce qui est roi comme moi ? Qui est au-dessus de moi ? Auprès de Thomme mûr : Malheureux que je suis ! temps, comme tu m'as trompé ! Auprès du vieillard : Hélas ! hélas I ô mort qui peut f éviter? Auprès du tombeau. L enfer tout dévorant et la mort. » Ces sept états successifs, indiqués par le Guide de la peinture, correspondent donc aux sept âges.
5. — Au XVI» siècle, la fortune, « fortuna », a été personnifiée au Vatican par une femme, couronnée de fleurs et un bouquet à la main, car elle est heureuse ; regardant la roue^ qui, dans son évolution, lui apporte le bonheur; se lançant sur la mer avec une barque, une voile et un aviron, car la fortune vient du commerce maritime ; tenant à la main une corne d'abondance ou une patère pour prodiguer ses dons.
Sur le trône épiscopal, à Saint- Bertrand de Comminges (Haute- Garonne), la renaissance a caractérisé la fortune par une roue brisée et des plumes d autruche. La çoue, dans cet état, n'offre pas un point d'appui sûr et solide ; souvent, elle manque sous le pied qui s'y fie. Les plumes cèdent sous le souffle du vent et celles d'autruche, parleurs grandes dimensions, sont plus susceptibles que les
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autres d'être agitées ; elles symbolisent donc Tinconstance, la mobilité, qui sont le propre de la Fortune.
6. — Type iconographique: Fig. 102. La roue de fortune : miniat. italienne du xiv" s.