LES VERTUS
1. — La vertu a pour triple objet: Dieu, V homme ^ la société. De là est née la elassiflcation rationnelle en vertus divinesy humaines et sociales.
Les vertus qui visent Dieu spécialement se nomment ihéologa* les: on y ajoute la Religion.
Les vertus humaines se subdivisent en cardinales, intellectuelles et morales.
Les vertus sociales s'envisagent relativement aux chefs et aux sujets.
2. — La vertu en général, virtiis, a été personnifiée au xvi^ siècle, dans une fresque du Vatican : elle est coiffée d'un casque et armée d'un bouclier, parce qu'elle donne la vigueur pour combattre ; elle détache d'un tronc d'arbre une branche verte, dont la sève fait la force, viretis.
Considérée d'uoe manière moins générale, elle consiste à faire le bien et à fuir le mal : de là une double personnification au Vatican, h' Election du bien, « eleclio boni »,se distingue ^9sV agneau^ 1 13
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qu'elle appelle et la Fuite du mal, « fuga mali » , par un dragon qu'elle évite : « quasi a facie colubri fuge peccata » {Eccles.,xxi, 2).
3. — Les vertus, selon l'étymologie, devraient être figurées par des hommes, car leur exercice présuppose la virilité de l'âme : quelquefois, le xvi* siècle, à Rome, les fait hommes, surtout lorsque le nom est du genre masculin, par exemple l'Amour divin. Si elles ont été généralement personnifiées par des femmes, conformément au genre du mot, c'est, dit Guillaume Durant, qu'elles nourrissent et adoucissent les hommes.
4. — Elles sont debout^ dans l'attitude du combat ou assises, au repos, dans l'attitude du triomphe. Parfois, surtout pour les vertus théologales et cardinales, on les assied sur des nuages, afin de rappeler leur origine céleste. On les nimbe aussi, à cause de leur sainteté ; mais ce nimbe, en Italie, est d'ordre inférieur, c'est-àdire à pans et non circulaire. Tantôt on les chausse, ce qui est plus normal ; tantôt elles ont les pieds nus ou sandales, en raison de leur mission dans le monde.
5. — On les reconnaît à leurs attributs spéciaux, qui, pris isolément, deviennent des symboles : par exemple, Yancre symbolise y espérance^ le cœur la charité, le lion, la force, etc. Des sentences achèvent de les signaler: elles sont empruntées à l'Ecriture ou expliquent ce qu'est la vertu. Ces attributs forment souvent le meuble de leur écusson; en 1476, lors de l'entrée de Louis XI à Lyon, elles portaient des robes armoriées-
6. — A partir du xiii*^ siècle, les vertus sont souvent représentées sur les tombeaux pour témoigner que le défaut {\xi vertueux. Les trois théologales occupent la première place, les quatre cardinales leur sont associées : c'est le thème habituel des xv* et xvi<^ siècles. Au xvii^, comme on fait des statues, le nombre se restreint à deux et d'ordinaire on les choisit parmi les vertus intellectuelles, morales et sociales.
On en décore aussi les murs des églises et particulièrement de leurs chapelles.