LA FOI
1. — La Foi croit en Dieu qu'elle ne voit pas et aux mystères proposés par l'Église qu'elle ne comprend pas. Saint Thomas d'Aquin Ta dit éloquemment dans l'office du Saint-Sacrement :
Quod non capis, quod non vides
Animosa firmat (Ides,
Prœter rerum ordinem.
Et si sensus déficit,
Ad ûrmandum cor sinceriim
Sola ildes sufficit.
2. — Elle est opposée à l'idolâtrie, à l'incrédulité et à l'hérésie.
3. — Son symbole est Vaigle, à cause de son vol hardi qui l'entraîne vers les cieux et parce qu'il fixe le soleil.
4. — Sa personnification historique est Abraham et Saint Pierre. Saint Paul a écrit dans son épître aux Galates (III, 6, 7, 9) : « Abraham crediditDeoe^reputatum est illi ad justitiam.Cognosciteergo quia qui ex flde sunt ii sunt filii Abrahœ. Igitur qui ex fîde sunt benedicentur cum fideli Abraham >.
Au baptistère de Parme (xii« s.), la Foi, assise et couronnée, tient dans chaque main une fleur de laquelle émerge un buste de jeune fille, qui symbolise la paix à droite et à gauche la justice :
Hac Habraam Xpo placuU virtute probatus :
Levé iusticia, pax dexlrc comodatur.
196 TRAITÉ d'iconographie
5. — Elle occupe le premier rang parmi les vertus théologales, parce que sans elles les autres n'ont pas leur raison d'être : « Fides, spes^ charitas, tria hœc » (S. Psiul., ad Corinth.j xiii, 13.)
6. — Ses attributs sont les suivants : la baguette^ avec laquelle Moïse opéra des prodiges et qui fleurit pour l'élection d'Aaron. — Le bouclier, pour se défendre. — Le calice et la paierie, car Jésus- Christ^ qu'elle adore, est contenu, à la messe, sous les espèces sacramentelles^ dans ces deux vases sacrés. — Le chandelier, symbole des bonnes œuvres : la foi sans les œuvres est une foi morte, une lumière éteinte : « Fides sine operibus mortua est » (Ep. S. Ja cobi, 11,26). — Le chien : de fides dérive fidelis; il est donc naturel d'attribuer à la foi le plus fidèle des animaux, le symbole vivant de la fidélité. — Les cle/s du pouvoir apostolique, par qui la croyance est régie : « Fidem servate » (II ad Timot,, iv, 7). —Les clefs pontificales et la couronne royale, pour les comparer dans une balance. — Le cierge allumé ou une lampe : elle luit dans les ténèbres et dissipe les nuages amoncelés par l'erreur. — La colombe diviîie, qui repose sur sa poitrine» l'inspire et l'échaufite. — Deux colonnes: elle appuie ses deux mains à droite et à gauche sur les colonnes inébranlables de l'Eglise, qui symbolisent Saint Pierre et Saint Paul. — Une couronne, en récompense de ses mérites. — Une couronne d'épines, qu elle accepte pour jouir au ciel d'une couronne d'or. — Une couronne royale^ qu'elle pèse à sa juste valeur. — Le crible, pour séparer le bon grain de l'ivraie, Terreur de la vérité. — La croix de son auteur qu'elle aidore et compare au calice qui continue le bienfait de la rédemption. — Un écusson, marqué au monogramme des noms de Jésus, IHS, XPS. — Une église, car l'Églis'o est la gardienne indéfectible de la foi catholique; c'est aussi dans le temple où se réunit TEglise militante que la foi se manifeste par le sacrifice, la prière^ l'hommage rendu à Dieu et aux saints. — VaubeelVétole, car elle personnifie le sacerdoce. — Uhostie du sacrifice. — Une flamme qui pétille dans sa main: symbole de son activité, de son action vivifiante.