‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 140 sur 272 · LA RELIGION · texte numérisé non relu

LA RELIGION

1. — La Religion, selon son étymologie, lie Thommeà Dieu, son auteur et rédempteur.

2. — A partir du xvi* siècle, elle a été fréquemment personnifiée, surtout à Rome. Ses attributs sont des ailes^ car elle vient du ciel et y conduit; la cigognej emblème de piété filiale; Vautel, Vencensoir et la navette, signe de culte ; le lion, qui respecta Daniel et souvent les martyrs; un livre, où elle écrit ce que TEsprit Saint lui inspire ; un livre fermé, pour exprimer les mystères qu'il contient, sous la forme apocalyptique du livre aux sept sceaux ; le livre de r hérésie ou de V impiété qu'elle foule aux pieds ;le/?am de la vie éternelle ou pain quotidien, réclamé dans TOraison Dominicale ; une patère^^owv faire fumer l'encens sur un brasier ardent; une pique, car elle est militante ici-bas ; un serpent, emblème de l'erreur ; un dragon, symbole du mal; des idoles renversées et foulées aux pieds; un temple^ qu'elle a construit en l'honneur du vrai Dieu ; une tête de mort, par laquelle elle rappelle aux fidèles leur fin dernière.

3. — Son altitude comporte plusieurs types irft'Aow/, pour exprimer la stabilité ; assise, car elle est reine du monde, les yeux fixés au ciel ; écoutant Y Esprit saint qui repose sur son cœur ; la main sur sa poitrine pour affirmer qu'elle croit.

4. — Son costume comprend: un voile, car elle est pudique ; une couronne, à titre de reine.

5. — Elle a pour l'escorter les quatre nations qui se partagent le monde : Europe, Asie, Afrique et Amérique et les quatre éléments.

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air, eau, feu et terre qui l'adorent pour montrer que son empire s'étend à tout.

6. — Deux devises lui sont attribuées : « Religio munda et immaculata » (S. Jacob., i, 27j; « Omnia prospéra eveniunt sequentibus Deum» {Paralip., xvni, 14) ; « Religio miranda triumphat •, par allusion à l'obélisque élevé par Sixte V sur la place du Latran en l'honneur de la croix.

8. — Historiquement, elle personnifie tantôt l'ancienne loi et tantôt la nouvelle, se confondant ainsi avec la Synagogue et l'Eglise. Dans le premier cas, elle est vieille, pour exprimer sa caducité; voilée, car elle n'a pas su reconnaître le Messie; elle tient un bâton, pour assurer ses pas chancelants ; porte une ceinture chargée de caractères hébraïques et les tables de la loi, que Dieu donna à Moïse. Dans le second cas, elle est vêtue de Yaube, de Vétole et de la chape des pontifes, s'assied sur un trône où figurent les évangélis tes, tientle calice et V hostie^ symboles du sacrement par excellence, ou une croix, par allusion au sacrifice du Calvaire ; ou un livre intitulé « Evangelium » ; enfin, elle foule aux pieds l'hérésie, moitié homme et moitié serpent, qui s'arrache les cheveux de désespoir et tient un livre ouest écrit Martin Luther.

Lorsque la personnification de la Religion réunit en elle les deux testaments, de la main droite elle arbore la croix de la rédemption et de la main gauche montre les tables de la loi.

8. — La Religion se manifeste de diverses manières, ainsi que l'enseignent les peintures murales du Vatican aux xvi* et xvii* siècles.

Abstinence : palmier, qui lui fournit des dattes pour se nourrir dans sa solitude ; doigt sur la bouche, pour apprendre à mettre un frein à sa langue.

Amour divin : couronne, sceptre . et richesses foulés aux pieds ; étoile qui brille à son front; évangile, ouvert à ces mots: <c Diliges Dominum Deum tuum ex toto corde tuo » {S. Matth., XXII, 37) ; flèche, allusion à la prière qui pénètre les cieux; flam-

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