‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 181 sur 272 · LIVRE SIXIÈME. — LES TRIOMPHES · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. — LES TRIOMPHES

quam occisum » (v, 6). « Et cura darent illa animalia gloriam et honorem et benedictionem sedenti super thronum, vivent! în s8ecula sseeulorum, procidebant viginti quatuor seniores ante sedentem in throno et adorabant viventem in saecula sœculorum et mitlebant coronas suas ante thronum » (iv, 9, 10). « Et audivi vocem angelorum multorum in circuitu throni et animalium et seniorum y> (v, H). « Post hœc vidi quatuor angelos stantes super quatuor angulos terrôe » (vu, 1).

L*arc triomphal fut aussi réservé, au moyen âge, à un grand crucifix, nommé pour cela Christ triomphal: on l'escortait, comme au Calvaire, de la Vierge et de Saint Jean et on le surmontait d'un dais ou pavillon. On dressa encore ce crucifix sur une poutre, à l'entrée du chœur, y ajoutant des chandeliers q\i'on allumait pendant les offices ; ailleurs, le jubé fut substitué à la poutre.

5. — Crucifié, le Christ a sous les pieds le serpent infernal (ivoire carlovingien de Gannat), dont la morsure est impuissante < Morsus tuus ero, inferne » (Osée, xiii, 14), ou la mort qu'il a tuée : « Ero mors tua, ô mors » (^Osée, xiii, 14).

6. — Dans les mosaïques romaines et sur les sarcophages primitifs, TAgneau est debout sur un monticule, d'où coulent le» quatre fleuves du paradis terrestre, car il domine la terre, dit la liturgie après le prophète : « Emitte agnum dominatorem terrae. » Au Saint des Saints, à Rome (xiii^ s.), il est sur un autel, comme dans le célèbre tableau de Van Eyck le Triomphe de CAgneaUy à Gand.

7. — Nous avons vu la croix sur un trône : sur les fioles de Monza (vi* siècle), elle est abritée par un arc triomphal. Dans les vitraux de Saint Denis (xii^ s.), le Christ est attaché à la croix que soutient le Père éternel, qui émerge de Tarche d'alliance, posée sur un char; le sens mystique est expliqué par ce distique :

Federis ex archa cruce Xpisti sistitur ara Fédère majori vult ibi vita inori.

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Ce char avec cruciQx rappelle le carroccio, qui joua un rôle si important dans les guerres du moyen âge en Italie.

8. — Dans les vitraux de Téglise de Brou (comm. du xvi^ s.), une bande en grisaille figure le triomphe du Christ d'une manière sublime, que Titien a reprise d'une façon presque identique. En tête du cortège marchent les patriarches et ancêtres, reconnaissables à leurs attributs : Adam et Eve, Abel, Noé, Abraham, Moïse, Jonas, Josué, David, Salomon. Le char est traîné par les quatre animaux symboles des évangélistes, les quatre docteurs de TEglise poussent les roues. Dans le char le Christ bénissant est assis sur le globe céleste, marqué aux signes du zodiaque.

9. — L'Eucharistie a eu son triomphe : nous en parlerons aux sacrements.

iO. — Je ne dis rien non plus ici de la Résurrection, de la Descente aux limbes et de l'Ascension, trois formes du triomphe sur Tenfer et la mort, parce qu'il en sera question dans la vie du Christ. '.

11. — Le lion est un symbole du Christ vainqueur: « Vicit leode tribu Juda > {Apoc, v, 5).

12. — Types iconographiques. Fig. 138. Le Christ foulant aux pieds le lion^ le dragon, Taspic et le basilic, ivoire du x« s. — Fig. 139. Le Crucifix vainqueur du serpent infernal, ivoire de Tournai, xn* s. — Fig. 140. Le triomphe de TAgneau, mos. de Tare triomphal des SS, Côme et Damien, à Rome, w s. — Kg. 141. Le Christ sur un char traîné par les évangélistes et les docteurs, vitrail de Brou, XVI» s.).

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