L EUCHARISTIE
\. — L'Eucharistie est le quatrième sacrement, selon l'ordre logique approprié aux besoins de Tliomme. En réalité, c'est le plus éminent des sacrements, parce qu'il contient, réellement présents, le corps et le sang de Jésus-Christ, auteur de la grâce.
2. — Elle a été instituée à la dernière Cène^ où elle fut précédée du lavement des pieds, pour exprimer la pureté que requièrent sa confection et sa réception. Elle se renouvela immédiatement après sa résurrection, en présence des disciples d'Emmaiis.
3. — Dans l'Ancien Testament, elle a été figurée, dit Saint Thomas d'Aquin, dans le LaiidaSlon^ ^tiv Y immolation (flsaac, VAtjneau pascal et la manne :
In flguris prœsignatur Cum Isaac imraolatur, Agnus PaschiTo deputalur, Datur inanna palribus.
Le moyen âge y a joint : le repas préparé par Abraham aux trois anges (Orvieto^xiv's.) ; V offrande de Melchisédech ("pain et vin), qui,
582 TKAITÉ d'iconographie
àReimselà Orvieto (xiv« s.),8efaitavec Thostie et le calice, comme pour la communion sous les deux espèces ; les pains de proposition y déposés dans le temple ; EliCy fortifié dans le désert par la nourriture que lui apporte un ange.
4. — Le sacrifice du Calvaire se renouvelle, surTaulel, d'une manière non sanglante, par le sacrifice de la Messe. La messe se voit fréquemment, mais la partie le plus ordinairement représentée est Vélévalîo?i. Au xvn'' siècle, une série de gravures développe la messe enlière, en la mettant en parallèle avec les diverses phases de la Passion. En voici un échantillon : « Le prestre baise Tautel, Jésus-Christ est trahy par un baiser de Judas. — Le prestre s'advance à Tépistre, Jésus-Christ est pris et lié par les Juifs. — Le prestre dict à Tautel le Kyrie eleison, Jésus-Christ est trois fois renié par Pierre en la maison de Caïphe. — Le prestre fait des signes de croix vers Toffrande, Jésus-Christ attaché en croix. »
La croix de Caravaca rappelle un prodige opéré à l'occasion de la célébration de la messe.
Certaines messes sont célèbres^ comme celle dite par Notre-Seigneur (fresque deMonza, xiv« s.) et celles,très populaires au moyen âge, de Saint Martin et de Saint Grégoire.
V application de la messe aux âmes du purgatoire se constate au XVI' siècle dans les vitraux de Saint Alpin, à Châlons-sur-Marne et un lableau de Téglise Scala cœli à Rome.
5. — La communion est la conséquence de la messe. A la Cène, les apôtres la reçoivent debout des mains du Christ ; Saint Jean la donne à la Sainte Vierge ; à Saint Alpin, elle est distribuée à la Sainte table, de même que dans les vitraux de Saint Etienne du Mont (xvip s.). La vie des Saints est pleine de faits, quelquesuns miraculeux, relatifs à la communion, par exemple Sainte Julienne Falconieri, Sainte Marie Tégyptienne, Saint Charles Borromée, Saint Stanislas Kostha, laB" Imilde, etc.
6. — 11 y a une catégorie spéciale de saints qu'on peut appeler les Saints eucharistiques, à cause de leur attribut, calice^ ostensoir.