‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 202 sur 272 · LIVRE SEPTIÈME. — LES SACREMENTS · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. — LES SACREMENTS

ciboire^ hostie ; en raison de leurs fonctions ,de leur dévotion ou de quelque trait de leur vie, par exemple Saint Thomas d'Aquin, Saint François de Borgia, Saint Benoît Labre, Saint Norbert, Saint Satyre, etc.

7. — Une autre catégorie non moins importante serait les Miracles eucharistiques y hostie adorée par des anfmaux, répandant du sang, changée en chair ou en enfant, etc. Plusieurs de ces prodiges ont été peints à Orvieto, entr'autres celui de Bolsène(xiv° s.). Celui de la rue des Billettes, à Paris, est célèbre (Musées de Cluny et de Rouen).

8. — Les rites liturgiques offrent quatre autres représentations eucharistiques: le saint viatique^ porté et administré aux mourants par un prêtre en surplis et étole; Vexposition du Saint Sacrement dans Tostensoir, fréquente à partir de la fin du xv° siècle et rendue célèbre par la fresque de Raphaël au Vatican^ qui comporte un autely un dais^ des cierges allumés, des tentures et des adorateurs^ anges ou fidèles; la procession de la Fête-Dieu, avec lerfaf^, des torches et des musiciens; le transport solennel^ quand le pape voyage, sur une litière ou sur le dos d'une mule blanche, avec cortège à pied et à cheval de prélats et de serviteurs du palais.

9. — Le triomphe de TEucharistie apparaît sous trois formes : à la procession^ quand le Saint Sacrement estportésurun brancard par deux prêtres, ce qui avait lieu au moyen âge ou par le pape sur le talamo (médaille d'Alexandre Vil) ; à l'arc triomphal, où il est adoré et chanté par les anges (le Jésus, à Poitiers, xvii® siècle); au milieu d'un cortège spécial^ fourni par les différents corps de l'Eglise (tapisseries de Rubens, à Madrid).

10. — Les symboles eucharistiques sont: la mg'w^ mystique; le raisin qui, pressé, donne le vin, matière première du sacrifice ; les épis de blé, qui, moulus, forment encore la matière indispensable ; le jt?am, marqué d'une croix, fait avec le froment; le poisson, qui signifie le Christ ; le vin rouge, dans un vase de cristal (catacombes); i: agneau, symbole du Christ; Xa pélican, qui se perce la

284 TRAITÉ d'iconographie

poitrine pour nourrir de son sang ses petits affamés ; C hostie, entourée d'une auréole et marquée à la crucifixion ou monogramme du nom de Jésus, pour attester la présence réelle ; les vases sacrés, calice, ciboire, ostensoir.

11. — Lea///(?^est l'attribut ordinaire du Christ, k]a, droite de qui il est mis, en pendant des tables de la loi, pour exprimer le nouveau Testament; de V Eglise, qui y recueille le sang du Christ mourant sur la croix ; de la Religion^ parce que ce sacrement résume en lui le culle public; de la Foi, qui croit au mystère de la transsubstantiation ; du prêtre^ en qualité de sacrificateur.

De ce calice sort la vigne^ qui est l'Eglise; deux co/om6^5 ou deux paons boivent à la coupe, symboles d'innocence et d'immortalité.

12. — Les couleurs eucharistiques, au moyen âge, étaient au nombre de trois : le blancy(\m exprime à la fois le sacrifice non sanglant et l'état glorieux ; le bleu, qui rappelle l'origine céleste du Fils de Dieu ; le rouge, qui convient au roi immortel et qui fut surtout employé pour le décor, comme tentures, dais, etc.

13. — Lq prophète V^BMÏà est le chantre par excellence de TEiicharistie. La liturgie lui a emprunté ces versets: « Panem coeli dédit eis, panem angelorum manducavit homo « [Ps, lxxvii,24, ^5) ; Panis cor hominis confirmât » {Ps. cm, 16) ; « Pauperes ejus saturabo panibus » {Ps, cxxxi, 15) ; « Memoriam fecit mirabilium suorum misericors et miserator Dominus, escam dédit timenlibusse {Ps. ex, 4J ; « Parasti in conspectu meo mensam adversus eos qui tribulant me» (P5. xxii, 5). Salomon dit : « Ferculum fecit sibi rex » {Cant. cani., m, 9).

14. — Types iconographiques. Fig. 157. Le saint viatique, grav. du xvii'^ s. — Fig. 158. Galice donné par Henri II à la cath. de Chartres, avec coupe et pied auréolés, xvi^ s.

Page 1