‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 59 sur 272 · LIVRE PREMIER. — NOTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — NOTIONS GÉNÉRALES

\e fondateur est celui qui fait bâtir à ses frais un édifice entier, comme une église, un monastère, un hôpital, ou une partie d'édifice formant un tout complet, telle qu'une chapelle annexée à une église ; le bienfaiteur , au contraire, fait un don très restreint et de moindre valeur, comme un tableau, un vitrail, un bénitier.

2. — Les droits sont les mêmes de part et d'autre, c'est-à-dire que le donateur appose ses armes, met une inscription commémorative et se fait représenter, si la dimension de l'objet le comporte.

3. — Les fondateurs ou patrons ont, généralement, à partir du XV* siècle, placé leurs armoiries dans la partie supérieure des fenêtres ; c'était par trop prétentieux, car le tympan est affecté surtout à la cour céleste.

Quant à leur effigie, il y a deux phases distinctes : dans les anciennes mosaïques, elle vient au dernier rang, après les saints, par exemple à Rome, aux SS. Côme et Damien, à sainte Cécile^ à sainte Praxède ; à partir du xiii* siècle, elle est en bas, ce qui est à la fois humble et normal.

D'abord, les donateurs sont debout; puis, dès le xiii% on commence à les agenouiller. Une phase intermédiaire les montre assis, comme les archevêques Egbert et Frankenstein, sur leurs évangéliairesj à Trêves.

Ils sont assistés de leur patron, qui les présente au Christ, à la Vierge, etc. : il met la main sur leur épaule aux hautes époques, plus tard il se tient en arrière ou de côté. Le patron est alors celui dont on porte le nom ou en l'honneur de qui se fait le don. La secrète de la messe des SS. Processe et Martinien manifeste Tutilité de l'intervention du patron auprès de Dieu : « Suscipe, Domine, preces et munera quaB, ut tuo sint digna conspectu, sanctorum tuorum precibus adjuvemur. »

Le donateur tient son don entre les mains qu'il enveloppe par respect, dans le haut moyen âge: c'est le monument lui-même ou un phylactère qui atteste sa générosité. Le bienfaiteur n'agit pas

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autrement, il tient souvent sa verrière (vitraux des cath. de Tours et de Poitiers, xiii® s).

Ou bien, il joint les mains dans Tattitude de la prière, accentuée quelquefois par un livre, ouvert à ces mots ou autres analogues : In te^ Domine, speravi et presque toujours porté sur un prie- Dieu armorié (vitr. de Cèvêque Jean Michel, à la calh, d Angers, xv* s). On lisait à Nevers, sur un tableau daté de 1522; Malet Dei, mémento nostri, Regina poli, nos linquere noli. A partir du xv* siècle, il récite dévotement son chapelet.

4. — Le donateur, s'il est marié, n'est jamais seul, mais accompagné de sa femme et de leurs enfants groupés derrière eux. Parfois, le mari est d'un côté avec les garçons,et la femme, de l'autre, avec les filles. Le plus ancien exemple de ce mode de représentation se voit^ à la cathédrale de Poitiers,au vitrail de la crucifixion, qui date du commencement du xiii'' siècle et où sont figurés, avec leurs enfants, Thibaud de Blason et Valence sa femme, agenouillés et supportant le modèle de la verrière.

5. — Types iconographiques. Fig. 58 : Donation d'une terre, reliq. de la vraie croix, à Trêves, xiii° s. — Fig. 59 : Donation d'une église : Charlemagne, fondateur du dôme d'Aix-la-Chapelle, miniature du XV' s.

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