‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 70 sur 272 · LES CALENDRIERS · texte numérisé non relu

LES CALENDRIERS

1. — Les calendriers sont de deux sortes, au moyen âge, portatifs et sommaires; placés en tête des livres liturgiques et plus ou moins développés.

2. — Les premiers sont des tablettes ou des règles de bois, où Ton a gravé la lettre dominicale, le nombre d'or, les fêtes mobiles et les principaux saints de chaque mois, exprimés soit en personne, soit par leurs symboles, comme sur celui de la Bibliothèque Natiotionale qui est du xiv« siècle, soit par leurs attributs ou les travaux du mois, comme sur celui de Norwège. Ainsi en août, une cfe/* signifie Saint-Pierre es liens (le 1); une cuve,\e^ bains qu'on doit prendre ; un gril^ Saint Laurent (le 10) ; un fléau, le battage des blés ; une couronne^ l'Assomption (le 15) ; une herse , la préparation de la terre pour les semailles; une perche, où monte le houblon, la récolte de. cette plante ; un couteau, Saint Barthélémy (24) ; un glaive, la décollation de saint Jean-Baptiste (le 29.;

3. — Les calendriers illustrés comportent, pour chaque mois, le

signe du zodiaque, le travail ou roccupation, les saints les plus notables, l'âge de Thomme. Tout cela est expliqué en vers français ou latins, dont je ne puis me dispenser de fournir un spécimen. Le premier quatrain se réfère aux âges du monde et de l'homme, le second aux préceptes hygiéniques, le troisième aux travaux spéciaux, le quatrième aux saints propres du mois: dans ce dernier, le nombre des syllabes répond à celui des jours.

J(mviei\

Les six premiers ans que vitThomme au monde Nous comparons à Janvier droictement, Car en ce moys vertu ne force habonde, Non plus que quant six ans ha ung enfant.

In Jano claris callidisque cibis potiaris, Atque decens potus post fercula sit tibi notus. Ledit enim medo tune potatus, ut bene credo ; Balnea tune intres, et venam findere cures.

Devant beau feu à boyre on prend plaisir, Quand de Janvier est le temps et saison ; Car lors sans feu on n'est qu'en déplaisir Et en chagrin, en chacune maison.

En Jan vier que les rois ve nus sont, Glau me dit Fre min Mor font An loin boit le jour Vincent foys Pol lus en sont tous ses [doys.

Février. *

Les six d'après ressemblent à Febvrier, En fin duquel commence le printemps ; Car Tesperit se ouvre prcst à enseigner Et doulx devient l'enfant quant ha douze ans.

TEAITÉ d'iconographie

Nascitur occulta febris Februario multa.

Potibus et escis si caute minuere velis Tune cave frigora, de pollice funde cruorem ; Suge mellis favum, pectoris morbos qui curabit.

Le second mois le quel Febvrier on nomme, D'emplir fosse a la charge et office, Joncs fait coupe Fi bois et forets en somme, Tant pour brusler que pour faire édiûce.

Au Chan de lier A ga the beut ; Mais le vin si fort les meut Quel tu après Dans si Pier re Ma thias aus si.

Mars.

Mars dénote les six ans ensuyvans,

Que le temps change en produysant verdure ;

En celluy aage s'adonnent les enfans

A maint esbat sans soucy ne sans cure.

Martius humores gignit variosque dolores.

Sume cibum pure ; coacturas, si placet, ure ; Balnea sunt sana, sed que superflua vana.

Vena nec abdenda, nec potio sit tribuenda.

Le mois d'après dit Mars vulguèrement Est ordonné pour eschallatz construire; Et pour couper ce qu'ordinairement Par trop jetter à la veigne peut nuire.

Au hin dit que Mars est fril leux C'est mon dit Gré gotir il est feux Et tout prest à don ner des eaux Marie dit il est eaux.

Avril.

Six ans prochains, vingt et quatre en somme.

Sont Ûgarez par Avril gracieux, Car soubz cet aage est gay et jolyThomme, Plaisant aux dames, courtois et amoureux.

Sœpe probatur vere vires Aprilis habere.

Guncta renascuntur, pori tune aperiuntur.

In quo scalpescit corpus sanguis quoque crescit, Ergo solvatur venter cruorque minuatur.

Le mois d'Avril par ses nouveaux herbages Fait abonder toutes bestes femelles, C'est ascavoir en bures et laictages.

Les quelz on peut tirer de leurs mammelles.

En A vril Am broi se vint Droict à L^ on là se tint :

En son temps es toit en bal le Geor ge raan chant de go dalle.

Mai.

Au moys de May, où tout est en vigueur, Autres six ans comparons par droicture, Qui trente sont : lors est l'homme en valeur. En sa fleur, force, et beaulté de nature.

Mayo secure laxari sit tibi cure.

Scindatur vena, sed balneadentur amena, Cum calidis rébus sint fercula seu speciebus, Potibus astricta sit salvia cum benedicta.

Puis quant à May, doulx et solatieux,

Les amoureux, autant de corps que d'ames,

94 TRAITÉ D*IOONOGBAPHIE

S'efToroent estre affables et gratieux A celle fin de complaire à leurs dames.

Ja ques Croix dit que Jean est moy Ni co las dit il est vray Hon no rez sont sai ges et sots Car mes Au gus tins et bigots.

Juin.

En Juing les biens commencent à mourir, Aussi fait Thomme quant a trente six ans.

Pour ce en tel temps doit-il femme quérir, Se, luy vivant, veult pourveoir ses enfans.

In Junio gentes pertubat medo bibentes Alque novellarum fuge potus cervisiarum.

Ne nocoat colera, valet bec refectio vera :

Ede lactuce frondes jejunusque bibe fontes.

Venu le mois que Juing est nommé, Lors les bergers vont leurs brebis tondant, Pour éviter la chaleur de teste, Aussi la rogne que lors les va nuisant.

En Juing a Ion bien sou vent, Grand soif ou Bar na bé ment :

En son temps fut prins com 1er res Damp Jean E loy et dam Pier res.

Juillet,

Saige doit eslre ou ne sera jamais L'homme quant il ha quarante deux ans.

Lors sa bea'ilté décline désormais, Gomme en Juillet toutes fleurs sont passans.

Qui vult solamen Julio, hoc probet medicamen : Venam non scindât, nec ventreni potio ledat, Somnum compescat, et balnea cuncta pavescat.

Prodest recens unda, allium cum salvia munda.

Durant le mois qui ensuit par après.

Nommé Juillet, les faucheurs prennent soin De travailler à tondre et faucher prez, Afin de Therbe en faire du bon foin.

En Juillet Mar tin se com bat Et du be nois tier sainct Vast bat l^a sur vint Mar guet Mag de lain Jae An dor Sam son et Germain.

Août.

Les biens de terre commence Ion à ceuillir, En Aoust. Aussi quant Tan quarante huict L'homme approche, il doibt biens acquérir Pour soustenir vieillesse qui le suyt.

Quisquis sub Auguste vivit medicamine justo, Raro dormitet, estum, coitum quoque ^itet, Balnea non curet, nec multum comestio duret, Nemo laxari débet vel fleubothomari.

Quand au surplus, en Aoust chacun s'empesche A scier bledz ou à faucher avoyne, Ou à ceuillir orge, pois, aussi vesche.

Sans espargner le labeur ou la peine.

Fier res et os on get tait Après Lau rens qui bru lait.

Mari e lors se print à brai re Bar thû le my fait Jean tai re.

96 TRAITÉ d'IOONOGAAPHIE

Septembre.

Avoir grans biens ne fault que Thomme cuide, S'il ne les ha à cinquante quatre ans :

Non plus que s'il a sa granche vuide En Septembre, plus de Tan n'aura riens.

Fructus maturi Septembris sunt valituri

Et pira cum vino, paniscum lacté caprine;

Aqua de urtica tibi potio fertur arnica.

Tune venam pandas, species cum seraine mandas.

Sitost que grain en la grange peut estre. Septembre ensuit, auquel on recommence A labourer la terre, pour y mettre Ou y jetter des fourmens de semence.

GU les, à ce que je vois, Ma rie toy, se tu me crois.

Et prie des nop ces Ma thleu Son filz Pre miriy Cos me. Mi cheu.

Octobre,

Aumoys d'Octobre figurant soixante ans, Se l'homme est riche, cela est h, bonne heure ; Des biens qu'il a nourrist femme et enians, Plus n'a besoing qu'il travaille ou labeure.

October vina prebet cum carne ferina, Nec non auccina caro valet et volucrina ; Quamvis sint sana, tamen est repletio vana.

Quantum vis comede , sed non precordia lede.

Incontinent que Septembre prent fin.

Octobre vient, la saison de automne,

Durant lequel on pille cildre et vin,

Dont maint poinson on emplit et mainte tonne.

Re mis sont Fran coys en vi gueur, De nis n*en est pas bien as seur, Car Luc est pri son nier à Han Cres pin eiSy mon a Quen.

liovemhre.

Quant rhomme à soixante six ans vient, Représentez par le moys de Novembre, Vieulx et caduc et maladif devient.

Lors de bien faire est temps qu'il se remembre.

Hoc tibi scire datur quod reuraa Novembri curatur Queque nociva vita tua sint preciosa dicta, Balnea cum Yenere tune nuUum constat haU^ere ; Potio fit sana, atque minutio bona.

Après Octobre est Novembre ensuivant Auquel on a d'escorcher lui coustume, Auquel encore, pour mieux Tan ensuivant Rapporter grains, terres et champs on fume.

Sainctz Mors sont les gens bien en rez Com dit Mar tin du biez.

Aus si fit Por rus de Mi lan Clé ment Ka te rin et Sa tan.

Décembre,

L'an par Décembre prent fin et se termine :

Aussi fait l'homme aux ans soixante et douze Le plus souvent, car vieillesse le mine.

L'heure est venue que pour partir se houze.

Sancsunt membris res calide mense Decembris.

Frigus vitetur, capitalis vena scindatur, Lotio sit vana, sed vasis potatio cara ; Sit tepidus potis, frigore contrario lotus.

Au dernier lieu Décembre ou constitue, Durant lequel mainte andouilie en effaict Et maint boudin et tant que porcz on tue, Pour s'efforcer de leur lard en est faict.

E.loy faict Bar be à Co lart Ma ri e cri e, Lu ce art Dont en grand i re Tho mas meut De No e Jean In no cens fut.

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