‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 91 sur 272 · LIVRE TROISIÈME. — LA NATURE · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. — LA NATURE

minibus totam terram rigare prsecepit. Qui te in deserto amaram, suavitate indita, fecit esse potabilem et sitienti populo de petra produxit. »

6. — Les quatre fleuves du paradis terrestre symbolisent spécialement les quatre évangélistes, les quatre vertus cardinales et les quatre docteurs de l'Eglise.

7. — L'eau jaillissant d'une fontaine symbolise la Vierge, proclamée « Fons horlorum » {Cantic* cant, iv, 15), mais fontaine close, afin que rien d'impur n'y entre : « fons signalus » {Cant. canL, IV, 12). L'eau est le symbole de la grâce dont Marie a été remplie, « gratiaplena » (S. Luc.j i, 28), et qu'elle communique au genre humain : « Maria, mater gratiae » (Bymn.du brév.).

8. — L'eau signifie le péché, qui atteint l'âme : « Intraverunt aqusB usque ad animam meam » {Psalm. lxviii, 2); latribulation : « Operuit aqua tribulantes eos » (Psalm. cv, 11) ; la grâce : « Qucmadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum, ita desiderat anima mea ad te, Deus » {Psalm. xli, 1), de là la représentation fréquente, au haut moyen âge de cerfs, se désaltérant aux sources ; le peuple fidèle et l'humanité du Sauveur, comme il résulte de cette prière que récite le prêtre en ajoutant l'eau au vin, à la messe : « Deus, qui humanœ substantiœ dignitatem mirabiliter condidisti et mirabilius reformasti, da nobis per hujus aquse et vini mysterium ejus divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostrse fieri dignatus est particeps, Jésus Christus ».

9. — L'eau se condense dans les nuages et retombe en pluie. « Sicut pluvia in vellus descendisti » est-il dit du Christ s'incarnant (office de la Circoncision), a Rorate, CŒli,desuper et nubes pluant justum. Aperiatur terra et germinel Salvatorera » (Isai., xlv, S). La rosée est aussi le symbole de la grâce : « Infunde rorem gratiae tuae » (^Oraison du Missel).

Le nuage établit la ligne de démarcation entre le ciel et la terre: « Et nubes suscepit eumab oculis eorum » {Act. Apost,y i^9). Dieu y habite : « Thronus meus in columna nubis « (Ecclt,, xxiv, 7J, « Vi-

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debitis filium hominis sedentem a dextris virtutis Dei et venientem in nubibus cœli » fS. Matth., xxvi, 64j. Aussi les nuées forment-elles souvent son auréole. A la Transfiguration^ la nuée est lumineuse; « Ëcce nubes lucida obumbravit eos » (S. Matth., xvu, 5) et il en sort une voix « Ecce vox de nube » {ibtd).

Le nuage symbolise TAncien Testament, à cause du passage de la mer rouge, où les Hébreux étaient guidés par une colonne alternativement ténébreuse et lumineuse : « Patres nostri omnessub nube fuerunt et omnes mare transierunt, etomnes in Moyse baplizati sunt in nube et in mari » (S. PauL, I ad Corinth,^ x, 1-2).

Il symbolise aussi la Vierge Marie qui, par sa maternité, cacha le soleil de justice dans ses flancs.

10. — Types iconographiques: Fig. 87. L'Eau personnifiée, ivoire de la cath. de Tournai, xii« s. — Fig. 88. Idem, autel portatif anglais, xii* s. — Fig. 89. La mer, sculpt. à N. D. de Paris, xur s. — Fig. 90. Personnification d'un fleuve : bas relief du musée de Lyon, IV* s.

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