‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 90 sur 272 · LEAU · texte numérisé non relu

LEAU

1. — L'Eau a été symbolisée par deux canards affrontés, car ce sont des oiseaux aquatiques (Alosaïq. du baptist. de Latran, v* s.) ; par un poisson^ qui ne peut vivre que dans cet élément (Cath. d'Aoste, xi« s.) ; parla couleur bleue, parce qu'elle reflète le firmament (fresq. de Raphaël).

2. — Au naturel, elle est généralement blanche , bleue ou glauque. Pour exprimer qu'elle coule, on la figure ondulée. Elle est peuplée de poissons et à sa surfaco voguent de petits bateaux conduits par des génies (Mos. de Saint Jean de Latran, xiii*' siècle).

3. — Personnifiée, elle a pour attributs : une aiguière ou unie, d'où l'eau s'épanche ; une barque, pour naviguer ; une rame y pour conduire la barque ; un roseau ou des joncs, qui croissent dans son sein ou sur ses bords ; des pi?ices de crabe au front, afin de rendre sa puissance ; une longue barbe et de longs cheveux, par allusion à son expansion.

La personnification est toujours un homme. La tapisserie de Mi-

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lan (xvi* s.) en fait un Neptune, àTinstar de Benvenuto Cellini sur la salière de Vienne. Les nymphes, d'origine païenne, sont revenues à la renaissance (fontaine des Innocents, à Paris, xvi* siècle.

4. — VOcéan est un masque cornu, qui vomit Teau par la bouche (Crypte d' Anagni, xii^ s.) : sous cette forme, on le voit à Rome,sculpté en pierre pour une bouche d'égoût, à Sainte-Marie in Cosmedin. Au Vatican, sur une fresque du xvi* siècle, la mer^ « mare »^ est représentée par une vue de la mer et le port d'une ville antique : elle a pour devise w Potestas ejus a mare usque ad mare. »

Le Jourdain est ordinairement formé par deux rivières, le Jor et le Dan, qui confondent leurs eaux. .

5. — Dans TAncien Testament, le baptême est figuré par Veauqtii couvre laterre etsur laquelleest porter Esprit de Dieu ; par les quatre fleuves du paradis terrestre ; par le déluge, qui sauve Noé et engloutit les méchants; par îeau du désert, qui d'amère devient douce ; par celle qui coule du rocher frappé par Moïse ; par la mer rougCf qui délivre les Hébreux et noie les Egyptiens ; par la mer (f airain, dont les fonts de Liège (xii*^ s.) expliquent ainsi le sens mystique :

Duodecim qui fontes sustinent Boves, typum gratiœ conlinent.

Materia est de mysterio Quod tractatur in baptisterio.

L'Eglise, à la bénédiction des fonts, le samedi saint, rappelle ces figures : « Deus cujus spiritus super aquas, inter ipsa mundî primordia ferebatur, ut jam tune virtutem sanctificationis aquarum natura conciperet. Deus, qui nocentis mundi crimina per aquas abluens, regenerationis speciem in ipsa diluvii effusione signasti, ut unius ejusdemque elementi mysterio et finis esset vitiisetorigo virtutibus... Qui te de paradisi fonte manarefecit et in quatuor Au-

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