I. II
Soufre 0,10 insensible
Céruse » insensible
Cinabre 0,28 0,1 5
Noir de fumée o,85 0,20
Platine platiné 0,57 o,34
Dans la direction de réflexion régulière et sous une même incidence de 70**, on a déterminé la fraction de polarisation suivant que la lumière primitive est naturelle ou polarisée dans Pun des azimuts principaux :
Éclairage à 70". — Réflexion régulière. Fraction de polarisation.
Lumière polarisée.
Lumière - — "^ -* i«^ — -
Substances. naturelle. I. II.
Noir de fumée o,25 0,99 0,96
Chromate de plomb 44 » »
Géruse 45 80 54
Soufre lavt" 5o 75 4o
Cinabre 52 86 54
Platine platiné 61 98 9G
Verre noir dépoli 0,64 0,98 0,90
On peut déduire de ces résultats le rapport des pouvoirs réflecteurs R« et R2 relatifs aux deux azimuts principaux pour une circonstance déterminée. En effet, si/j et/i sont les fractions correspondantes de polarisation pour la lumière réfléchie et f la fraction de lumière polarisée dans le premier azimut pour un faisceau primitif naturel, on a
Les auteurs ont constaté aussi que, si Ton éclaire normalement une couche transparente de noir de fumée, les rayons diffusés dans une direction rasante, soit par réflexion, soit par transmission, sont partiellement polarisés dans le premier azimut.
Avec une mince feuille d^or, au contraire, la lumière diffusée par réflexion est encore en partie polarisée dans le premier azimut, tandis que la couleur verte transmise présente une polarisation dans un plan perpendiculaire.
Il résulte de toutes ces expériences que l'émission et la difl'usion ont une tendance manifeste à polariser les radiations dans le plan qui passe par la normale à la surface et la direction de propagation; mais les résultats ne sont pas assez réguliers, ni les circon>
POLARISATION PAR DIFFRACTION. 3';
Stances du phénomène assez simples, pour qu'il soit possible d^cn déduire aucune conséquence théorique.
6S1. Houppes de polarisation. — Nous ajouterons ici la description d'un phénomène découvert par Haidinger (*), dont on a donné plusieurs explications contradictoires. Quand on observe au travers d'un prisme de Nicol un champ de lumière blanche, on aperçoit deux houppes perpendiculaires qui se coupent sur la direction de vision; elles présentent ainsi quelque analogie avec les houppes des cristaux colorés (481).
L'une d'elles, plus sombre et teintée en jaune, est située dans le plan de polarisation : elle est formée de deux branches élargies en éventail à partir du centre; l'autre, plus claire et bleuâtre, traverse le champ dans une direction perpendiculaire et paraît à peu près limitée par des branches d'hyperboles.
Cette croix tourne avec le nicol, en conservant toujours la même direction par rapport au plan de polarisation. Dès qu'on a pris l'habitude de la reconnaître dans un prisme de Nicol, on la retrouve facilement dans un faisceau quelconc^^e de lumière même partiellement polarisée et l'on peut ainsi reconnaître à l'œil nu la polarisation dans le bleu du ciel.
Sir G. Stokes (^) a constaté que les houppes ne sont visibles que dans le bleu du spectre : sur un champ bleu, les deux branches situées dans l'azimut de polarisation paraissent obscures et les autres plus claires que le fond.
On a cherché l'explication des houppes dans la constitution lamellaire de la cornée et surtout du cristallin, qui agirait comme une pile de glaces. L'éclairement de la rétine serait alors moindre dans le plan de polarisation, puisque l'intensité de la lumière réfractée est plus faible, ce qui est conforme à l'existence des houppes sombres. Mais la dillérence d'éclat pour les deux azimuts principaux serait inappréciable dans le voisinage de l'axe géométrique des surfaces réfringentes et devrait s'exagérer à mesure qu'on s'en écarte, tandis que les houppes n'apparaissent en réalité que dans une ouverture angulaire très limitée. En outre, l'eflet devrait être
(') W. Haidingbr, Pogg. Ann., t. LXIII, p. 29; 184/î. (•) G. Stokbs, Sillim. Journal,, [2], t. X, p. 394; iSSo.