i,4î>bo
La réfraction n'est donc pas possible dans les angles droits. Les valeurs des angles utilisables et la déviation minimum correspondante sont
Angles dièdres. Déviation minimum.
ai6,^35*i5'52' 17' 5' 38'
/?ai^54 44 8 29 19 42
aiai=7o Si 44 43 56 28
(«) J. Herschel, Traité de la lumière trad. fr., t. II, p. /|3o; i833. (■) A. Cornu, Comptes rendus des séances de V Académie des Sciences. t. CVm, p. 429; 1889.
M. — III. 3î
5'lS CHAPITRB \X.
En répétant celte expérience, M. Cornu a conslalé, en eflel, la formation de trois halos différents : les rayons des deux premiers étaient environ i8", 5 et 29**, 5; le rayon du troisième, beaucoup moins net, parut de 4o° à 45°.
Lorsque Talun reste en suspension dans un liquide, l'indice de réfraction relatif est diminué; les halos se resserrent et leur rayon dépend de la réfraction du liquide. Si Ton suppose que Tindice de la solution mère qui entoure les cristaux soit i,35, Tindicc relatif devient
'* = TT35 = -r;3r = ''*^-9-
La réfraction est alors possible dans les angles droits et dans les dièdres de deux faces opposées d'un même pointemenl, lequel est supplémentaire du dièdre a^ai. On a ainsi trois halos facilement observables :
Angles dicdrc!».
Duvialîoa miniiuiini.
pp ^ 90' 0
aiai=J 70 3a
— aiai= 109 28
On peut répéter la même expérience avec Tazotatc de soude cristallisé en rhomboèdres, dont les indices de réfraction ordinaire et extraordinaire sont /i'= i ,585 et /i"= i ,335. En laissant baigner les cristaux dans leur dissolution, on obtient encore trois halos dont le diamètre dépend de la réfraction du liquide.
777. Cercle parhéliquc et parliélies, — Pour reproduire arllficiellemeut ces phénomènes, Bravais se servit de trois lames de verre réunies sous l'angle de 60", de manière à constituer un prisme creux à base de triangle cquilatéral qu'il remplissait d'eau, et faisait tourner ce prisme autour de son axe. En observant sur cet appareil la lumière d'une bougie située dans le plan de symétrie, ou en projetant sur un écran celle d'un faisceau primitif perpendiculaire aux arêtes, on obtient, si les lames sont bien parallèles à Taxe et également inclinées l'une sur l'autre :
i** Ui? cercle parhéliquc dû à la réflexion de la lumière sur les faces extérieures ou à la réflexion interne ;
2** \}\\ parhélie coloré à if\^ dont la queue s'étend jusqu'à 45**-
ROLE DES CRISTAUX DE GLACE. S^.cj
En prenant I pour indice de réfraction de Teau, on a, en effet, sin/^3o"+ ^)^ j :r^sin4i«>49', D:r:23°38';
3® Une zone brillante qui débute à 90" par une bordure colorée de bleu violet et qui correspond à la réflexion totale. Le calcul conduit à une déviation de 90° 38';
4° Un paranthélie à 96". Le calcul donnerait une déviation de TL -{- 83° 38', c'est-à-dire une image située à 83*^38' de Tanlhélie ou à 96^*22' de la source.
Avec un prisme de verre à base de triangle équilatéral, dont rindice est 1,02, on trouve le parhélie à S^'^So', la limite de sa queue à SB**, le paranthélie à82"3o'et la fin de la réflexion totale à ii5**5o'. En employant la lumière solaire, on obtient même le paranthélie de 144** (i4'^° pour la glace) produit par le rayon qui a subi quatre réflexions intérieures.
Le cercle parhélique s'obtient encore très facilement en faisant réfléchir ou transmettre la lumière par une lame de verre que l'on a frottée avec un corps gras dans une direction déterminée, ou encore par une série de tubes de verre parallèles.
Pour reproduire Varc tangent circumzénithal, il suffit de fermer la base supérieure du prisme de Bravais par une lame de verre, en excluant toute bulle d'air, et de faire pénétrer la lumière par cette surface sous un angle de iS** à 20°.
Le paranthélie blanc de 120® s'obtiendra enfin, en supprimant le liquide, par la lumière réfléchie intérieurement sur deux faces voisines, qui forment le même angle (60**) que les faces de l'angle rentrant dans le prisme à base de dodécagone régulier.
On a vu précédemment (762) que M. Soret reproduit aussi ce paranthélie par une double réflexion intérieure dans le prisme à base hexagonale.
778. Anthélie. — Il suffit de remplacer le prisme tournant par une lame de verre verticale à section rectangulaire. Pour éviter la multiplication des images, il est bon de couvrir d'une substance opaque les trois faces que ne doit pas traverser la lumière, et même en dépolissant celle qui n'intervient pas dans le phénomène. On
53o CHAPITRE XX. — ROLE DES CRISTAUX DE GLACE.
fait tomber les rajons un peu obliquement sur la base et l'on reçoit la lumière de retour sur un miroir qui permet de l'observer facilement. On peut encore se servir d'un faisceau horizontal sur le trajet duquel on dispose une lame à faces parallèles qui laisse passer la lumière incidente et sur laquelle on observera par réflexion rimage de retour.
L'indice de réfraction du verre est trop grand pour obtenir l'image qui correspond au paranthélie coloré situé à 45**44' de l'anthélic; mais, avec une cuve à eau de section rectangulaire, la déviation du rayon entré par une des faces, réfléchi intérieurement sur deux autres et sorti par la quatrième, est
Le paranthélie coloré se trouverait à 5i"4' de l'anlhélie.
779. Arcs obliques, — En frottant une lame de verre avec un corps gras suivant deux directions, l'image directe paraît traversée par deux traînées lumineuses (645) dont la direction est perpendiculaire aux stries correspondantes : c'est la reproduction des croix de Saint- André solaires.
La lumière réfléchie donne Jes mêmes apparences, c'est-à-dire les arcs obliques de Vanthélie,
Si les stries sont verticales, la lumière difTusée se distribue sur un cercle qui représente le cercle parhélique.
Enfin, si la lame est inclinée sur l'axe de rotation et qu'elle soit nue ou couverte de stries parallèles à la ligne de plus grande pente, la lumière réfléchie ou difl^usée reproduit les cercles parhéliques obliques passant par la source. Ces courbes sont irisées de rouge lorsque le phénomène est dû à la difl'usion ou difiraclion.
RÉPRACTIOX ET DISPERSION. 53l
PRINCIPES d'analyse SPECTRALE.
780. Spectres à raies obscures, — WoUaston (80) reconnut pour la première fois quelques raies sombres dans le spectre solaire, en observant à l'œil nu, placé derrière un prisme, Timage d^une fente parallèle aux arêtes du prisme; il considéra les plus importantes comme les limites naturelles des couleurs simples, sans attribuer le même caractère aux raies intermédiaires moins faciles à reconnaître.
Cette découverte capitale n'attira pas l'attention des physiciens ; Fraunhofer ne semble pas en avoir la connaissance quand il chercha de son côté dans la lumière solaire des repères définis pour la mesure des indices de réfraction et des longueurs d'onde. L'emploi d'une lunette visant l'image virtuelle de la fente au travers du prisme (66) lui permit d'obtenir un spectre beaucoup plus pur el d'y reconnaître plus de 6oo raies obscures, d'inégale noirceur ou intensité, répandues sur toute l'étendue de l'image spectrale; le dessin célèbre qu'il a publié renferme environ 3ao raies. Le complexité du phénomène ne permettait plus d'y voir aucune relation avec la nature des couleurs.
Avec des prismes très dispersifs et particulièrement des prismes à liquides, Brewster (*) parvint à distinguer et à dessiner plus de !4O00 raies; en étendant les observations aux deux limites extrémités du spectre, la longueur totale de sa Carte est supérieure de -pj à celle de Fraunhofer.
En réalité, si l'intensité moyenne des radiations émises par le
(«) D. Brewstbr, Trans, of the R. S. Edinb., t. XII, p. Sig; i833.
Soleil varie d'une manière conlînup, il s'y produit des minima brusques, en nombre pour ainsi dire illimité, qui se révèlent successivement à mesure qu'on augmente la puissance des instruments d'observation. La Carte du spectre solaire présente ainsi les mêmes difficultés que la Carte des étoiles dans le ciel.
Ces minima doivent se retrouver avec le même caractère dans l'ensemble des radiations de longueurs d'onde plus grandes ou plus faibles, qui constituent le spectre infra-rouge et le spectre ultraviolet; on n'est limité dans leur étude que par la sensibilité des méthodes d'observation.
Dans le spectre infra-rouge, les radiations peuvent être rendues visibles en partie au mojen des substances phosphorescentes (*), mais une étude générale exige que l'on ait recours aux observations assez grossières de thermométrie. W. Herschel ( ^) a constaté que l'intensité calorifique croît d'une manière continue du violel au rouge dans le spectre solaire et présente, au delà du rouge, des minima très marqués, ou des bandes relativement/row/e^.
J. Herschel (') parvint même à en obtenir l'image. Une feuille de papier très fin était recouverte sur l'une des faces d'encre de Chine ou de noir de fumée, l'autre face imbibée d'alcool rectifié qui lui donne une teinte plus foncée. Quand on projette un spectre solaire sur la face blanche, ou plutôt sur la face noircie, la dessiccation se fait d'une manière inégale, suivant l'intensité calorifique de chaque région; la blancheur primitive du papier reparaît plus ou moins rapidement et les parties qui correspondent aux minima de chaleur restent sombres.
Cette image est fugitive, mais on peut la fixer par un lavage avec une dissolution alcoolique de matières colorantes qui donne des teintes différentes aux portions humides ou desséchées.
L'emploi d'un prisme de flint complique le phénomène par l'absorption qu'exerce le milieu réfringent. Les prismes de sel gemme, dont la transparence est plus parfaite pour les radiations calorifiques, permettent d'éviter cette cause d'erreur.
Avec des thermomètres de très petites dimensions, MM. Fizeau
(•) Voir H. Becquerel, Ann. de Ch. et de Phys. [5], t. XX\, p. 5; i883.
(») W. Herschel, Phil. Tram. L. R. S., p. 28}; 1800.
(*) J.-F.-W. Herschel, PhiL Trans. L. /?. S., p. i; i8'|0 et p. 181; 1842.
REFRACTION ET DISPERSION. 533
et Foucault ont pu mettre en évidence les niinima calorifiques dans les franges d'interférence (144) ou dans les spectres cannelés des lames cristallines. M. Fizeau (*) a ainsi retrouvé les niinima de W. Herschel; en adoptant une loi vraisemblable sur la marche de la double réfraction, il a donné une évaluation très approchée des longueurs d'onde correspondantes et étendu ces observations jusqu'aux longueurs d'onde de il*, 940, quatre fois supérieures à celles de la lumière verte.
Par l'emploi du bolomètre (690), M. Langley a étudié avec plus de détails la distribution de ces minima de chaleur; il signale même dans le rayonnement lunaire (707) des radiations dont la longueur d'onde serait supérieure à i8t*.
Toutefois les bandes observées par ces différentes méthodes sont généralement assez larges; elles paraissaient dues à une absorption plus générale de l'atmosphère et ne sont pas véritablement comparables aux raies du spectre lumineux.
J. Herschel reconnut aussi que les rayons plus réfrangibles que le violet sont encore visibles, avec des précautions particulières, et prennent une teinte lavande. Cette propriété s'étend aussi loin que la Photographie (81), mais l'éclat est si faible que les détails des images échappent à l'observation. On peut rendre ces radiations plus apparentes en les recevant sur des substances fluorescentes, telles que le sulfate de quinine en dissolution dans une liqueur acide. Ce mode d'observation a été utilisé par différents physiciens; M. Raille (*) et M. Soret (') ont même proposé de constituer ainsi un oculaire direct renfermant une lame fluorescente qui s'illumine sous l'influence des radiations situées dans l'ultra-violet, mais la méthode n'a pas la sensibilité et la précision des épreuves photographiques.
Scheele (*) avait déjà constaté que l'altération du chlorure d'argent par la lumière est beaucoup plus grande dans le violet que dans les autres couleurs.
(•) H. Fizeau, Bulletin de la Société Philo mat higue, n décembre 1847. — Ann. de Ch, et de Phys. [5], t. XV, p. Sgî; 1878.
(') J.-B. nAiLLK, Ann. du Conserv. des Arts et Métiers, t. VII, p. ai6; 1866.
(») J.-L. Soret, Archives de Genève, t. XLTX, p. 338; 187}. — Journal de Physique [1], t. III, p. 253; 1874, et l. VI, p. 161; 1877.
(•) ScHEELK, Traité chimique de l'air et du feu, § GG; 1781.
53i CHAPITRE XXI.
Wollaston trouva que celle action se prolonge plus loin dans le speclre, à une dislance presque égale à celle de l'image lumineuse; J. Herschel reconnut aussi que le maximum d'etFet photographique dépend de la nature des substances sensibles, et il chercha, sans succès, à constater l'existence de bandes inactives.
liQ projection d'un spectre pur sur une substance sensible permit à M. Ed. Becquerel (*) de retrouver dans l'ultra-violet une série de raies inactives analogues aux lignes noires du spectre lumineux. Sir G. Stokes fît Fimportante découverte que le spectre de l'arc électrique est beaucoup plus étendu que celui du rayonnement solaire et que les rayons très réfrangibles sont rapidement absorbés par la plupart des milieux transparents à la lumière, tandis qu'ils traversent facilement le quartz et le spath d'Islande; il en est à peu près de même pour le spath-fluor.'
L'emploi de ces cristaux est donc nécessaire pour constituer les appareils, prismes ou lentilles, destinés à Tétude des radiations extrêmes situées au delà du violet, comme celui du sel gemme dans le cas des radiations calorifiques.
Avec un spectroscope ainsi constitué, prisme de spath d'Islande et lentilles de quartz, il suffit de remplacer l'oculaire de la lunette par une plaque sensible située derrière le réticule dans le plan de formation des images (^). La mise au point de cet oculaire photographique exige des précautions spéciales, parce que les objectifs ne sont plus achromalisés et que les changements de foyer sont assez rapides, mais on y arrive facilement par une suite d'opérations méthodiques; la projection du réticule sur l'épreuve permet en même temps de faire la mesure des déviations. En examinant ensuite ces épreuves au microscope, on peut faire la Carte du speclre et déterminer la position des raies avec la même exactitude que dans la vision directe des radiations lumineuses.
J'ai ainsi dessiné un spectre ultra-violet qui renferme environ sept cenls raies. M. Cornu (') a prolongé ces recherches en profitant des épreuves obtenues pour les moindres distances zéni-
(') Ed. Becquerel, Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences. t. XIV, p. 901; 184a.
(') E. M ASC ART, Annales de l'École Normale supérieure, t. T, p. a 19; 1864.
(') A. CoïK^Mj Annales de rÉcole Normale supérieure, [2], t. III, p. aji; 187'!. et t. IX, p. ai; 1880.
RÉFRACTIO>' ET DISPERSION. 535
thaïes du Soleil ou sur les stations élevées (729) et publié une Carte normale un peu plus détaillée du spectre ultra-violet.
La Photographie a été mise encore à profit, même pour l'étude de la plus grande partie du spectre lumineux, par Tavantage qu'elle présente de conserver l'épreuve de la région observée. Nous devons renvoyer aux Mémoires spéciaux pour l'examen de tous» ces détails ; les figures de la PL I (t. I) suffiront sans doute pour reconnaître dans chaque cas la position des lignes de repère.
781. Raies brillantes, — Après avoir découvert les raies du spectre solaire, Wollaston reconnut que, pour la lumière bleue àc la flamme d'une bougie, le spectre paraît divisé en cinq images dilTérentes, séparées par des intervalles obscurs; « lorsque l'objel examiné, dit-il, est une ligne bleue de lumière électrique, j'ai vu aussi le spectre séparé en plusieurs images, mais le phénomène est un peu différent du précédent ». Fraunhofer a constaté également que si le spectre des flammes ordinaires est à peu près continu, on y voit cependant une raie beaucoup plus brillante que le fond général, exactement à la place occupée par la double raie sombre D du spectre solaire. « La lumière électrique est, par rapport aux lignes et aux raies du spectre, très différente de la lumière du Soleil ou d'une lampe; on y rencontre plusieurs lignes en partie très claires, etc. ».
Il en est ainsi, en réalité, dans tous les cas où la lumière esl produite par un corps incandescent à l'état gazeux; le spectre esl formé par un système plus ou moins complexe de lignes brillantes qui se détachent sur un fond obscur; la période des radiations émises parles sources de cette nature varie d'une manière discontinue, comme l'ensemble des notes d'un orcheslre ou les harmoniques d'un corps solide en vibration.
Quant au spectre continu des flammes éclairantes, il est dû à la lumière émise par les parcelles de charbon solide (690) en suspension et la raie jaune à une origine entièrement différente.
Si l'on diminue l'éclat de la flamme, soit par la combustion d'un corps moins carburé, comme l'alcool, soit par l'introduction d'un grand excès d'air, comme dans le bec Bunsen, les particules solides disparaissent et le spectre est entièrement discontinu.
C'est ainsi que Brewsler (*) a conslitué une lampe monochromatique par la combuslion de Talcool salé ; le spectre de la flamme est formé presque uniquement par la double raie D, que l'on doit attribuer au sel marin dissous dans le liquide.
A la même époque, J. Herschel (^) étudie les flammes de Talcool qui renferme en dissolution un certain nombre de sels, particulièrement des chlorures. Il obtient ainsi des colorations très variées et des spectres présentant difl'érents systèmes de raies brillantes; il ajoute celte remarque importante que « les couleurs ainsi communiquées à la flamme par difl'érentcs bases fournissent dans bien des cas un mojen rapide et élégant pour on découvrir de très petites quantités ».
Fox Talbot (') montre que la raie jaune observée dans presque toutes les flammes est due à la soude, établit une distinction complète entre les spectres des feux rouges obtenus par les sels de strontiane et de lithine, et il insiste dans les termes suivants sur la portée de cette méthode d'analyse : « On peut s'attendre à ce que les recherches optiques, conduites avec soin, viennent jeter quelque jour nouveau sur la Chimie. »
En reprenant l'étude des étincelles électriques obtenues avec des appareils plus puissants. Wheatstone (*) démontre que la composition de la lumière ne dépend pas de la source d'électricité, ni de la nature du gaz dans lequel on les produit, mais uniquement de la nature des conducteurs métalliques au point d'interruption, que le système de raies brillantes est particulier à chaque métal, que le spectre renferme les systèmes distincts des difl^érents métaux constituant les électrodes, et que l'on peut ainsi élaClir une distinction caractéristique entre les conducteurs employés comme électrodes; c'est la première fois que le principe de l'analyse spectrale est énoncé aussi clairement.
Cette conclusion est confirmée par les expériences plus com-
(') D. BiiEWSTER, Edinb, Phil. Trans., t. IX, p. 433; iSaa.
(») J. ÏÏERsr.HEL, Edinb. Phil. Trans., t. I\, p. 4j'>; 'Î^^^. — Encyclop, metropolitana, p. 438; 1837.
(») Fox Talbot, Edinb. Journal of Science, l. V, p. 77; i8q6. — Pfùl. Afag. [3]. l.IV, p. ii4; 183'».
(*) Wheatstone, Brit. Ass, Pep., p. 11; i835.
plèles de Masson (*), qui retrouve, par exemple, les raies du zinc et du cuivre dans le spectre obtenu avec des électrodes de laiton; il ajoute que les spectres renferment presque toujours des raies communes qui sont dues au gaz ambiant.
Lorsque rétincelle est plus longue et surtout quand on diminue la pression du gaz, Tinfluence des électrodes n'est plus prédominante et le spectre finit par être composé exclusivement par des raies caractéristiques du gaz (^). Ce mode d'observation s'est généralisé par l'emploi de tubes à gaz raréfiés renfermant une partie capillaire dans laquelle la lumière prend beaucoup plus d'éclat. Plùcker a reconnu ainsi que les raies brillantes de riijdrogène correspondent à des raies obscures du spectre solaire, les deux plus importantes occupant exactement la position des lignes C et F de Fraunhofer.
Dans le même ordre d'idées, nous citerons également le travail de Sw^an (') sur la flamme bleue du bec Bunsen. Une flamme éclairante, comme celle des bougies, présente un cône intérieur obscur qui renferme en excès les gaz combustibles, puis une enveloppe brillante bordée de bleu sur son bord interne, dans laquelle la combustion est incomplète, et un cône extérieur peu lumineux où l'air se trouve en excès.
Dans le bec Bunsen, oii le gaz combustible est mélangé à l'air, l'enveloppe intermédiaire disparaît et la flamme n'est plus éclairante; le cône intérieur se termine par une pointe bleue dont le spectre possède un système très complexe de raies brillantes. Ces raies présentent le même caractère avec le gaz d'éclairage et tous les hydrocarbures; elles paraissent dues au carbone en vapeur.
Plusieurs gaz donnent ainsi des bandes lumineuses composées d'un certain nombre de raies dont l'ordre de succession et le mode de groupement présentent un intérêt particulier.
Les sources artificielles sont particulièrement riches en rayons
(') A. Masson, Ann. de Chlm. et de Phys. [3], t. XWI, p. 296; i85i, ci t. XLV, p. 385; i855.
(») A.-J. Anostrom, Pogg. Ann., t. XCIV, p. \!\i\ i855. — Van der Willigex, ibid,, t. CVI, p. 610, et l. CVII,p. 473; 1809. — Plucker, ibid., t. CVII, p. 497 ^' 638; 18Ô9. — Ann. de Chim. et de Phys., [3], t. LVII, p. 367 et 497; 1859.
(0 W. SwAN, Edinb. Phil. Trans., t. XXI, p. 4ii; 1859. — Ann. de Chim. et de Phys., [3], t. LVII, p. 363; 18J9.
iiltra-violels; la Photographie permet ainsi d'en faire une étude qui s'apph'que à un ensemble de radiations plus étendu que celui de la lumière solaire.
782. Raies d^ absorption. — La transparence des milieux solides ou liquides est généralement très inégale pour les différentes radiations, dans le cas même où ils ne paraissent exercer aucune absorption sur la lumière. Les verres ou les liquides colorés ne transmettent quelquefois qu\inc bande étroite de lumière assez homogène, mais il y a presque toujours plusieurs maxima de lumière transmise séparés par des bandes plus sombres (72o) et Ton n'y trouve pas de lignes noires analogues aux raies obscures du spectre solaire.
Le phénomène change de caractère pour les gaz.
Brewster a constaté que les vapeurs diacide hypoazotique produisent dans le spectre, à la température ordinaire, plusieurs cenlaines de lignes noires très étroites. Le nombre, l'intensité et la largeur de ces raies augmentent à mesure que l'on fait croître l'épaisseur de la couche gazeuse, conformément à la loi générale (l'absorption (2^2), ou qu'on élève la température.
H. Miller (*) retrouve les mêmes apparences dans le spectre d'absorption des vapeurs AHode et de brome. Les deux systèmes de raies présentent beaucoup d'analogies, quoique leur constitulion soit entièrement différente.
En soumettant un grand nombre de gaz à ce genre d'observations, A. Miller (^) a reconnu que les gaz incolores ne donnent pas de raies d'absorption dans le spectre lumineux, qu'il en est de même pour un certain nombre de vapeurs colorées telles que le chlore ou V acide hypochloreux, les vapeurs à' indigo, à'alizarinCj iï acide pernianganique, etc., tandis que les raies apparaissent dans les acides chloreux et hypochlorique et dans le perchlorure de manganèse.
Cette observation est incomplète. En réalité, tous les gaz, même incolores, exercent une absorption élective caractérisée par des lignes plus ou moins étroites, quand on les étudie sous
(0 W.-H. Miller, Phil, Mag, [3], t. II, p. 38i; i833. (') W.-A. Miller, PhiL Mag., [3], t. XXVII, p. 8i; i845.
une épaisseur surfisanle. M. Janssen (*) a constaté, par exemple, que la lumière du gaz, après avoir traversé un tube de 87" de longueur renfermant de la vapeur d'eau à 7**", présentait dans le jaune et le rouge du spectre plusieurs groupes de raies d'absorplion ; les mêmes raies apparurent dans la lumière d^un bûcher observé de Genève à la dislance de 2 1 ^^^ tandis qu'elles étaient insensibles au voisinage de la flamme.
Nous rappellerons enfin une expérience de Foucault (-) qui n'a pas suffisamment attiré l'attention des physiciens.
L'arc électrique produit entre deux charbons fournit à l'analyse prismatique une multitude de raies lumineuses irrégulièrement groupées et en particulier une double raie jaune. Pour constater si elle coïncide avec les raies D du spectre solaire, Foucault fit tomber sur l'arc lui-même une image du Soleil.
L'arc est d'une transparence extrême et la correspondance des deux groupes considérés est absolue, mais il se produit ce résultat inattendu que les raies D de la lumière solaire paraissent alors beaucoup plus foncées. « Ainsi Tare ofl're un milieu qui émet pour son propre compte les rayons D et qui, en même temps, les absorbe lorsque ces rayons viennent d'ailleurs. »
Le Mémoire d'Angstrôm, publié en i853, renferme l'explication très nette des raies noires par ce principe d'Euler « qu'un corps absorbe la série d'oscillations qu'il peut lui-même produire ».
On peut être étonné aujourd'hui que l'analyse spectrale ail tardé si longtemps à s'introduire dans la science, après tant d'observations qui en avaient démontré tous les faits principaux. Il était réservé à KirchhofTel Bunsen d'attacher leur nom à une méthode d'observation si féconde, d'en établir les principes, de la confirmer par la découverte de nouveaux corps simples, d'en déduire des conséquences importantes pour la Philosophie générale des Sciences, pour la constitution chimique et physique des astres, et d'ouvrir ainsi la voie à une foule de travaux ultérieurs.