‹ Traité d'optique photographique comprenant la description des objectifs et appareils d'agrandissementChapitre 27 sur 45 · DU CLICHÉ DESTINÉ A L'AGRANDISSEMENT. 17Ô · texte numérisé non relu

DU CLICHÉ DESTINÉ A L'AGRANDISSEMENT. 17Ô

chambre noire un peu plus longtemps qu'à l'ordinaire. Le but de cette exposition plus longue est facile à comprendre. Si l'on prenait une pose juste, le fer ne ferait sortir les détails dans les ombres qu'après un temps assez long pendant lequel les noirs auraient pris une trop grande intensité, tandis que, en prenant une pose plus longue, l'image paraît tout d'une fois, aussi bien dans les clairs que dans les ombres. On porte donc après l'exposition à la chambre noire le cliché dans le cabinet obscur, on enlève la glace du châssis, et on prend dans un verre à bec une quantité considérable de fer, tandis que l'on place à portée de la main un bac rempli d'eau. On verse sur le cliché le fer en le couvrant très-abondamment, de manière à enlever tout le nitrate d'argent qui couvre la couche. En un mot, pour bien rendre notre j>ensée, on lave le cliché au fer. L'image apparaît, et dès que l'on voit apparaître les détails dans les ombres, sur le champ on plonge la glace dans l'eau, on la lave et la fixe au cyanure.

Tout le talent consiste à opérer très-vivement. D'abord inonder le cliché de fer, et avant que tout voile ait eu le temps de paraître (le plus souvent cinq ou six secondes après- avoir appliqué le fer), tout de suite en arrêter l'action par un courant d'eau énergique, et fixer au cyanure (et non à l'hyposulfite).

Le cliché sec examiné au jour doit à peine laisser voir des détails dans les ombres, les noirs doivent être si faibles qu'on peut lire à travers et voir les objets même les plus délicats, sinon jamais l'agrandissement ne sera parfait. Surtout éviter le voile. Il est souvent préférable de produire un cliché trop intense (pourvu qu'il ne soit pas voilé) qu'un cliché trop faible. Car, il existe une méthode simple et facile de diminuer les clichés d'intensité et cette méthode s'applique même aux anciens clichés, pourvu qu'ils n'aient pas été vernis. Voici cette méthode.

Le cliché est d'abord mouillé à l'eau distillée, et, si la couche a de la tendance à se soulever, vernissez-en d'abord les bords avec un pinceau trempé dans une solution dans la benzine de caoutchouc découpé en feuilles minces. Trempez ensuite votre cliché

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clans une dissolution de 1 gr. de perchlorurc de fer sublime dans 100 grammes d'eau distillée, et cela, pendant un temps variable de quelques secondes à plusieurs minutes. Le chlorure de fer attaque l'image, mais seulement dans ses parties les plus intenses. Lavez votre cliché à l'eau, trempez-le dans une solution faible de cyanure de potassium, lavez à l'eau. Vous trouverez votre cliché diminué d'intensité. S'il l'est trop, c'est que vous l'avez laisse trop longtemps dans le chlorure de fer, s'il l'est trop peu, recommencez (même plusieurs fois) le même traitement.

Aucun vernis, même la gomme, ne peut être appliqué sur le cliché, le vernis et la gomme en s'échauffant gâteraient toute l'image. Ce point est d'une importance extrême. D'ailleurs, le vernis détruit en partie la finesse de l'image, assertion qui paraît paradoxale, mais que les expériences les plus précises nous permettent d'affirmer.

Pour le procédé rapide à la nitro-glucose (épreuves par développement) un bon cliché ordinaire (mais non voilé) donne d'excellents résultats, ce procédé donnant généralement des épreuves dans lesquelles l'opposition des noirs aux blancs est moindre qu'avec le papier albuminé. Même des clichés vernis, qui n*ont pas été faits exprès pour l'agrandissement et qui exigeraient avec le papier albuminé ordinaire une exposition fort considérable à la radiation solaire, peuvent servir pour l'agrandissement par le procédé au développement.

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