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LA POLARISATION ROTATOIRË ET LA CRISTALLOGRAPHIE

d'autres plantes appartenant à d'autres familles, la matricaire par exemple, qui donnent également du camphre.

En traitant le camphre ordinaire par l'acide azotique, on obtient l'acide camphorique doué du pouvoir rotatoire dextrorsum. En traitant celui de la matricaîre par le même acide, M. Chautard a obtenu un acide camphorique isomère de l'ancien , et montrant , mais à gauche , la même énergie roiatoirc. En les réunissant, ils se combinent pour donner naissance à un nouvel acide^ qu'on peut appeler racémo^ camphorique^ qui forme des sels distincts et d'où l'on peut retirer les deux acides actifs. L'acide camphorique réalise donc trois des quatre variétés.

§ 584. — Les acides aspartique actif et inactif.

L'asparagine est un produit organique actif qui, soumise à Taclion prolongée des bases ou des acides, se transforma en un corps également actif qui est l'acide aspartiquc. Dérivés l'un de l'autre, ces deux corps se ressemblent par Textrcme mobili lé de la partiedissymétrique de leur grou pemen t moléculaire. Car tous deux, reproduisant des inversions déjà signalées, se montrent tour à tour dexlrogyres et lévogyres; le premier mode de rotation appartenant à leurs dissolutions aqueuses ou alcalines, et le dernier à leurs dissolutions acides.

11 est un second acide aspartique obtenu d'abord par M. Dessaignes à Falde du bimalate d'ammoniaque cl un peu plus laixl à Taide du fuma rate acide de la même base. Comme ce dernier sel est inactif et que jusqu'à présent il ne nous a pas été donné de créer l'activité rotatoire moléculaire là où elle n'existait pas, M. Pasteur en a conclu (jue ce dernier acide devait être l'inactif de l'autre, et en eil'et jus(|u'à présent cet acide aussi bien que ses sels sont I est(g indédouhrables. L'élude comparative des deux acides a montré que s'ils avaient de grandes ressemblances, cependant leur différence ne se bornait pas à la rotation, qu'ainsi ils ollraienl des solubilités léi^èrement différentes et des

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formes incompatibles: mêmes résultats pour leurs deux séries de sels qui ont coiastamment la même composition et les mêmes propriétés chimiques, et ne se distinguent encore que par des solubilités faiblement inégales, par la propriété rotatoire et par la forme cristalline. Mais, bâtons-nous de le dire, quoique les formes des sels correspondants appartiennent à des systèmes différents , à savoir les systèmes 4 ^^ ^y l'obliquité des derniers est si peu prononcée, qu'il semble qu'on ait affaire, comme dans le dimorphisme, à une forme limite. Entre les racémates et les tartrates, les différences sont autrement profondes, car Ton n'y rencontre ni l'identité de composition ni celle des propriétés chimiques. On serait donc tenté d'ériger en règle générale qu'un actif et son inactif absolu se rapprochent beaucoup plus l'un de l'autre qu'un actif et son racémique, et de voir avec M. Pasteur dans ce qui précède un nouveau motif de conclure que ce nouvel aspartique est bien Tinactif.

§ 5S5. — Les acides malique actif et inactif.

Par une réciprocité curieuse ou peut transformer Tacide aspartique en malîque. Il suiBt pour cela de le soumettre à l'action oxydante de l'acide hypoazotique. Si Ton part de l'acide actif, le malique obtenu n'est autre que celui du sorbier, et il jouit de la propriété rotatoire. L'aspartique inactif, au contraire, conduit à un malique inactif qui se distingue en outre de Tautrc par une moindre tendance à Tabsorption de Thumidité atmosphérique, par un point de fusion plus élevé et une plus grande résistance à la décomposition par la chaleur. Entre les deux séries de malates la ressemblance est plus grande encore qu'entre les deux d'aspartates (*) \ car les sels correspondants cristallisent dans

(") En soumet! ant le bimalate ammoniacal inactifi^ux mêmes opérations qui ont transroroié le bimalute actif en aspartique inactif, on obt^it les mêmes produits intermédiaires et finalement Faspartique inactif. Comme le bimalate actif aurait pu conduire à Faspartique actif, il faut voir dans cette similitude des résultats, une confirmation de l'identité parfaite qui règne cutrc les propriclés chimiques dos doux séries de sels.

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le même système et leurs formes présentent les mêmes angles. En dehors de la rotation, et de l'hëmiédrie qui fait constamment défaut dans une des séries , il ne reste donc que des traits légèrement différentiels, tels qu^une limpidité plus ou moins parfaite, la présence ou Tabsence de stries, une inégale facilité à former certains sels d'une composition spéciale. Aussi doit-on conclure encore que cet inactif n'est pas le racémo-malique.

M. Pasteur a reconnu que dans la surchauffe du bimalate d'ammoniaque en vase clos, une partie de Tacide malique*se dérobait à la réaction principale qui fournit Tacide aspartique et se retrouvait dans la liqueur à 1 état de malîque inactif. Il faut donc, au procédé détourné qui vient de donner cet acide, ajouter une transformation directe analogue à celle que nous ont déjà offerte les tart rates de cinchonine et les éthers tartriques.

Si tout corps actif peut fournir des cristaux doués de Thémiédrie non superposable , on doit considérer comme possibles d'autres cristaux revèius de Thémiédrie complémentaire et partant d'un pouvoir rotateur moléculaire inverse, égal en valeur absolue. On peut donc espérer voir se réaliser les inverses des corps actifs droits ou gauches que nous possédons. Une étude de leurs divers composés, faite k ce point de vue, récompensera largement sans doute les soins de ceux qui s'y dévoueront.

Nous allons consacrer le reste du chapitre à quelques généralités et à certains faits importants qui n'ont pu trouver place dans l'exposition précédente. *

§ 586.— Solutions inactives de cristaux hémiédriqnes.

Si Tactivité rotatoire moléculaire appelle en général rhémîédrie non superposable , la réciproque n*est pas vraie , et il sVn faut que les cristaux doués de cette hémiédrie donnent nécessairement des dissolutions actives. On en voit plusieurs motifs.

Le glucosate de sel maiin, dont les cristaux habilement débrouillés par M. Pasteur appartiennent, malgré leur apparence l'homboédrique , au quatrième système, et ont riiéniicdrie effi-

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cace, est un beau sel où Ton retrouve cette singularité , qui appartient également au glucose, d'un pouvoir qui, lentement à froid et rapidement à chaud , s'altère avec le temps, et s'arrête à une valeur sous-double de celle qu'il avait immédiatement après l'acte de sa dissolution. D'ailleurs, ce pouvoir définitif n'est autre que celui du glucose qui entre dans la combinaison. Il résulte de ces observations : i® que le groupement moléculaire asymétrique auquel le glucose doit son pouvoir rotatoire persiste sans altération dans une dissolution qui n'est plus récente; 2<^ que dans le corps cristallisé il existe un groupement moléculaire tout différent et deux fois plus actif; 3® que ce groupement, incompatible avec l'état de dissolution , disparaît alors plus ou moins rapidement. Or, pourquoi ii'existeratt-il pas des corps chez lesquels, par suite d'une incompatibilité beaucoup plus radicale, l'acte de la dissolution détruirait non plus lentement, mais instantanément, non plus partiellement, mais totalement, ce qu'il y a de dissymétrique dans la molécule. Ce serait là un premier motif qui empêcherait la réciproque d'aboutir pour des corps moléculairement actifs.

Un second , qui paraît se rapporter au plus grand nombre des ras où la réciprocité fait défaut, tiendrait à ce que l'hémiédrie n'existe pas dans la molécule chimique, mais seulement dans les groupes plus complexes qui servent <\ édifier le cristal et disparaissent avec lui. Ce serait le cas du quartz, des sels de M. Marbach , etc. Insistons ici sur certains contrastes qui séparent ces hémiédries de pure cristallisation de celles qui préexistent dans la molécule chimique.

Si, quand les racémates doubles du § S78 engendrent par dédoublement les deux sortes de cristaux hémièdres, il y a fioudé- Kilement autant des uns que des autres, on conçoit qu'un tel rapport d'égalité n'ait plus sa raison d'être quand il s*agit de so«lides hémiédriques , obtenus par l'arrangement dissymétrique de matériaux symétriques. C'est ce qui arrive en efTet; ainsi l'on ne trouve jamais avec les dissolutions de sulfate de magnésie et de bisulfate de potasse qii*une sorte de cristaux hémièdres, et si relies de formiate de strontiane et les géodes de quartz en donnent les deux sortes, leur rapport diffère de Tunité et est d'aille^irs variable dans les diverses cristallisalioiis. Première différence. En voici une seconde.

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