‹ Traité d'optique physique (volume 2)Chapitre 65 sur 95 · LA POLARISATION ROTATOIRE ET LA CRISTALLOGRAPHIE ^OQ · texte numérisé non relu

LA POLARISATION ROTATOIRE ET LA CRISTALLOGRAPHIE ^OQ

Le cinquième système n'a plus de formes simples fermées, les quatre faces (m)? (m)) (t^i)? (>'') cessent

d'être semblables aux quatre (m), (m)» (m)) (''0 ^^ Toctaèdre (m) s^y résout en deux prismes rhomboïdaux distincts qui s'ajoutent aux séries de prismes rbomboïdaux qui restent les analogues de ceux du système précèdent. Ces prismes conservés sont (no) ou mieux {mno) et (mor). Quant aux prismes parallèles à l'axe principal a, ils se résolvent en deux systèmes distincts de faces parallèles. Cela posé , les formes hémiédriques n\)nt plus droit qu'à deux faces au plus, et sont essentiellement ouvertes. Or, si Ton prend pour les deux faces conservées d'un de ces prismes rhomboïdaux j deux faces parallèles , on voit sans peine que les formes composées auxquelles elles s'associeraient comme faces hémiédriques, n'auraient pas la dissymétrie latérale et ne seraient pas indifférentes au retournement*, ou encore, car c'est tout un, que les deux solides analogues qui, se partageant les quatre faces du prisme, réalisent les deux cas d'hémiédrie, seraient superposables. Aussi les hémiédries rencontrées dans les cristaux peu nombreux qui appartiennent à ce système , procèdent -elles toutes par conservation de deux faces situées du même côté. Et, en effet, les deux solides hémiédriques ainsi obtenus ont bien la symétrie non superposable.

\j2ijig, 376 représente un cristal d'acide tartrique. L'angle y (Jig- ^77) vaut 100** 3a', les faces hémiédriques h forment troncatures sur deux des quatre arêtes 00^ parallèles aux b. On y trouve les faces P (010), les faces R (on), les bases T (001) et le prisme rhomboïdal oblique S (110). Dans la fig. 278 , les faces h sont encore d'un même côté, mais à gauche; elles forment la seconde moitié du prisme rhomboïdal (101). Ces deux solides ont visiblement la relation d'un objet et de son image. On aurait encore hémiédrie non superposable en ne tronquant que deux des quatre augles obtus o, ou deux des quatre aigus o'et les prenant toujours du même côlé, ou encore deux des quatre arêles 00^,

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parallèles aux c. Le tartrate neutre de potasse {fig» '^79) noas montre associés les pans P et Tdu prisme oblique, les faces de modification R des arêtes obtuses latérales, et les faces distinctes R' des arêtes aiguës. Les faces hémiédriques A, installées sur les intersections des faces R avec le pan M de droite, ne sont autres que les faces de trobcature des angles obtus o de droite. Il j a liémiédrie parce qu^au

lieu de les avoir n gauche , on n'a de ce côté que le pan (100) du prisme oblique. Le tartrate double de potasse et d'ammoniaque [fig- 280) est du même système, Tangle y des faces P, T s'éloigne également très-peu d'uu droit, et le prisme oblique diffère à peiue d*un prisme droit. On 'voit qu'outre Thémiédrie h , h'^ il présente à gauche rhéuiiédrie A, A' par troncature des angles aigus, de sorte que les deux hémiédries mènent à un tétraèdre et sont ce qu'elles seraient si le prisme n'était pas oblique. La même coïncidence est encore offerte par le bi tartrate d'ammoniaque, pour lequel également l'obliquité du prisme est très -peu prononcée. On pourrait sans doute ne voir là qu'une réalisation de deux hémiédries complètement analogue à celle déjà signalée dans le système précédent. Mais comme un tel concours n'a jamais été offert par des cristaux franchement obliques, tels que Tacide tartrique et le sucre candi , on doit croire qu'il lient au fait de la forme limite. Complétons donc les notions précédentes de cristallographie par quelques détails sur les faits importants qui se rattachent aux formes limites.

§ 576. — Les formes limites et le dimorphisme. Quand, avec M [VI Delafossc et Pasteur, on établit la comparaison des deux sortes de cristaux d'une substance dimorphe, sur «ne même forme, si Tune est droite et l'autre oblique, on trouve que <%tte dernière n*est que faiblement oblique. Les troncatures analogues sont d'ailleurs assises sous des angles peu différents , vt conduisent par conséquent à des rapports d'axes presqne numériquement égaux. On peut croire que c'est là une condition fondamentale du dimorphisme, et que toujours l'une des formes sera par rapporta V^iwin^^ forme limite j et Ton trouve à cette croyance

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de nouveaux motifs dans la facililé avec laquelle les idées modernes sur la constitution des corps s'adaptent à la précédente loi. . Ces idées , on le sait , consistent essentiellement à admettre des particules, séparées par des intervalles incomparablement plus grands que leurs dimensions propres , maintenues en équilibre par deux sortes de forces, et qui, au lieu d'entrer chacune pour leur compte dans l'équilibre général , forment de proche en proche des groupes de plus en plus composés, qui participent de toutes pièces à des équilibres successifs dans lesquels ils n'interviennent que par une résultante issue des groupes d'ordre inférieur par lesquels ils sont constitués. Ainsi , on aura la molécule chimique formant un premier polyèdre aux sommets duquel siégeront, par exemple , les atomes élémentaires , et au-dessus d'elle la molécule physique ou intégrante sous forme d'un nouveau polyèdre dont les sommets seront occupés par autant de molécules chimiques. Cela posé, comme la chaleur joue un rôle manifeste dans Téquilibre des corps , on voit qu*un changement de température peut suffire pour échanger l'équilibre actuel contre un autre par lequel une certaine atteinte sera portée aux deux ordres de polyèdres; de telle sorte que si les polyèdres intégrants se trouvent placés près des limites par lesquelles leur système cristallin confine à un système voisin, ils pourront, à la suite de cette atteinte, quoique légère, avoir acquis la symétrie de ce dernier système. Avec cette nouvelle forme apparaîtra, en général, le cortège des formes secondaires qui lui sont propres , et par suite un nouvel aspect qui pourra s'éloigner extrêmement de l'ancien. Mais, et nous rentrons aiusi dans notre sujet, les forces nouvelles différant très-peu des anciennes pourront maintenir, quoique la loi de symétrie cesse de les appeler, certaines faces; et c'est à ce titre que dans le tartrate double de la fig. 280 on aurait, en coexistence avec A, A', les faces ^, /'.

Ces considérations dynamiques sont précieuses, car elles établissent entre les divers systèmes cristallins des rapprochements auxquels la cristallographie géométrique, nécessairement tranchée et inflexible , ne pouvait pas conduire. Ainsi, quand M. Pasteur trouve que les divers tartrates et paratartrates (ils cristallisent dans les systèmes 4 et 5) présentent tous, qu'ils soient droits ou obliques, au milieu d'une assez grande diversité de formes, comme caractères constants, les pans M et P et surtout [fig^ 281) sur leur

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iolersection ^ une face S rormant avec P un angle peu variable dont la valeur oscille autour de 1 3o degrés , ce qui as8i(][ne au rapport des deux axes b^ a une valeur sensiblement constante et |)eu différente de tang4<' =ro,,84« on voit dans ces traits communs la part d'un groupement moléculaire constant importé par Tacide et qui n'éprouve, quand la base change , que de faibles modifications. Laurent, de son côté, avait été aussi conduit à réunir dans un même groupe, formant au point de vue chimique une famille très naturelle, des cristaux profondément séparés au point de vue cristallographique , puisqu'ils appartenaient à divers svstèroes.

§ 577.— Hémiédries non snperposables dn système cnbiqne.

Quand les hémiédries coexistantes sont toutes deux effi* caces, la seconde n'ajoute rien d^ essentiel au phénomène, et à ce titre leur coïncidence a peu d'importance. Il n'en est plus ainsi quand chacune d'elles étant privée <le la nonsuperposabilité, leur ensemble se trouve investi de cette qualité. Le système cubique offre de telles associations, et il est extrêmement curieux de les voir accompagnées de la propriété rotatoire quoique ce ne soit plus, comme dans les exemples précédents, la propriété rotatoire moléculaire. La corrélation de rhémiédrie non superposable avec la rotation, tout empirique qu'elle soit pour nous, doit avoir des motifs bien sérieux pour se retrouver dans ces circonstances. Avec de tels cristabx, en efTet, ce ne sera plus dans une direction privilégiée, mais dans toutes, qup le champ sera laissé libre à l'activité rotatoire. Remarquées d'abord par M. Rammelsberg, ces doubles hémiédries n'ont acquis toute leur importance qu'entre les mains de M. Marbach, q[ui leur a reconnu la non -superposa bili té, et, par suite, se fiant à la loi de corrélation, le pouvoir rotatoire. Entrons, à leur égard, dans quelques développements.

L'hexaèdre pyramide , ou hexatétraèdre , est une forme simple comprise sous vingt-quatre faces triangulaires et dont le symbole est (oi /i). Dans la pyrite, n vaut 2 et le symbole devient (012). Si l'on supprime dans chacune des pyramides

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quadrangulaires qui surmontent les faces du cube deux faces opposées, en ayant soin, quand on passe d'une face à Tautre, de croiser les faces supprimées, on obtient une forme hémîédrique (fig* 282 ) à laquelle la nature de ses faces a valu le nom de dotlécaèdre pentagonal. Le pentagone qui forme les faces comprend {fig. ^83 ) une base B associée à quatre autres côtés tous égaux et trois sortes d'angles. Les valeurs

inscrites sur la figure conviennent au solide -(012). Les

angles solides sont tous trièdres et au nombre de vingt. Huit d'entre eux seulement, correspondant aux angles solides du cube, résultent de l'assemblage de trois faces égales et sont réguliers. En tronquant les quatre marqués o, le dodécaèdre pentagonal se trouve combiné avec un premier tétraèdre. En tronquant les quatre autres o', on lui associe un second tétraèdre. Eh bien, ces deux solides bihémiédriques ne sont pas superposables, quoique égaux dans toutes leurs parties. Si l'on place parallèlement à la ligne des yeux l'une quelconque des six lignes /qui servent de bases aux pentagones tet surmontent les faces du cube, la face tétraédrique visible dans la partie supérieure du solide, est à la droite de l'observateur dans le premier cas et à sa gauche dans le second. Les premiers cristaux sont dextrogyres et les derniers lévogyres. Nous avons donné ( § S59) la valeur du pouvoir rotatoire des cristaux de chlorate de soude, il est le même dans toutes les lames, quelle que soit leur direction par rapport aux axes cristallographiques.

On peut, avec M. Marbach, asseoir sur d'autres considérations la reconnaissance pratique du sens de la rotation. Qu'un observateur ayant les pieds au centre du polyèdre et la tête au sommet o, par exemple, se tourne successivement vers les trois perpendiculaires p^ abaissées des sommets s sur les bases des trois pentagones qui forment cet angle trièdre régulier, ces perpendiculaires, prises du sommet vers la base, iront de gauche à droite, et il en sera de même pour les trois autres sommets générateurs du tétraèdre' qui

4l4 CHAPITRE X\ll.

fournit la combinaison dextrogyrc; mais sî TobserTateur place sa tête aux sommets o' générateurs de l'autre tétraèdre., ces perpendiculaires iront de droite à gauche. On peut procéder encore comme il suit :

Dans le chlorate de soude, la forme dominante est ordinairement le cube, et, lui sont habituellement associés le dodécaèdre rhomboïdal (on), le dodécaèdre penta-

gonal - (oi a), et Tun des deux tétraèdres- (i 1 1) , les faces

- (012) empiétant plus sur les carrés du cube que les faces

(on). Ces deux sortes de faces transformeraient les carrés du cube en rectangles, et comme ces derniers sont tronqués à deux de leurs angles, par les faces du tétraèdre, somme toute, les faces réduites du cube sont devenues des hexagones (/ig. 284). Qu'on se place vis-à-vis un des grands côtés, l'intersection tétraédrique la plus voisine / sera à droite dans les cristaux dextrogyres, et à gauche dans les lévogyrcs.

Dans les systèmes 2 et 3 les hémiédrîes efficaces ont entre elles une vive analogie. Dans le système 2, par exemple, ce sont des hémidioctaèdres - (i/i/;;)qui,combinés avec

le prisme rectangulaire à base carrée, apparaissent, si ce dernier est dominant, comme troncatures asymétriques installées sur les huit angles solides. En mettant Taxe inégal vertical, celles de ces facettes qui, dans la moitié supérieure., regardent l'observateur, se trouvent pencher vers la droite dans les dextrogyres et vers la gauche dans les lévogyres^de sorte qu'ici encore on peut distinguer les deux cas par une règle absolue. Mais il n'en est plus de même dans les autres systèmes.

S'il s'agissait d'une définition purement géométrique qui n'eût pas à se préoccuper de la réalité des phénomènes, on ne serait certes pas embarrassé pour arriver à une distinction plausible des cristaux droits et gauches. Dans le système 4? par exemple, on partirait du prisme rhomboïdal ,

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on conviendrait de tourner constamment Tangle obtus vers l'observateur, et Ton s'en référerait à ]a facette hémié- (irique antéro-supérieure pour voir si elle tombe h droite ou à gauche. Mais ici les cristaux réalisés n'ont plus accepté cette uniformisation, et à côté d'hémîédries (celles de la

tartramide ) conformes à la règle^ il s'en trouve (les

bimalates de la /ig, 268) qui ne donnent la face convenue k droite dans leurs échantillons dextrogyrcs que quand on dirige vers l'observateur l'angle aigu au lieu de l'angle obtus^ il faut donc, dans ces systèmes, organiser pour chaque famille de cristaux une règle qui lui est personnelle.

§ 578. — Les deux acides T et leur extraction de certains

racémates doubles.

Nous avons vu dans le chapitre précédent que l'état de combinaison pouvait modifier considérablement le pouvoir lotatoire des substances actives et que de tels changement» atteignaient encore la substance libre, dont le pouvoir dépendait pour la grandeur et pour le sens, soit du végétal au sein duquel elle avait été élaborée^ soit d'iniluences exercées sur elle après coup, par la chaleur par exemple. Les faits qui vont nous occuper nous montreront, comme ceux que nous rappelons, des isomères diversement actifs. Us s'en distingueront, parce que i^il s^agira d'isomères doués de pouvoirs ligoureusement égaux et contraires^ parce que u° cette égalité rigoureuse s'étendra à toutes les combinaisons contractées par ces isomères avec les substances inactives; 3^ par d'autres particularités isomériqncs non moins remarquables qu'on ne tardera pas à connaître.

L'acide tartrique T est un acide organique, doué de la rotation dextrorsum, qui s'élabore dans le grain de raisin et

se dépose dans le vin à l'état de T KaO, au far et à mesure que l'apparition croissante de l'alcool amoindrit sa solubilité. L'acide racémique R est un isomère de T qui s'en éloigne et par la forme de ses cristaux et par la moindre solubilité de ses sels. On sait aujourd'hui que cet acide,

4l6 CHAPITRE X\II.

loiu d'être du, comme on Fa v ait d'abord cru^ à quelque

perturbation introduite dans la préparation de T> est un produit également normal de la fructification de la vigne, mais qu'il n'apparaît que dans certaines conditions de climat et de cépage, et qu'il n'avait été obtenu par ]\f . Kœtsner, dans sa fabrique de Thann, qu'à la suite du traitement de tartres bruts tirés de l'Italie.

L'acide R est inactif, mais M. Pasteur a montré qu'au lieu d'être absolue, son activité tenait seulement à ce qu'en lui se trouvaient réunis, nous devrions dire combinés,

des quantités égales de l'acide T droit connu, et d'un acideï gauche qu'il s'agit de faire connaître.

Si les divers racémates, livrés à la cristallisation, donnent en général des cristaux distincts de ceux que donnent les tartrates correspondants et parfaitement homoèdres , il en est deux, à savoir les racémates doubles, de soude et d'ammoniaque, de soude et de potasse , qui se résolvent en deux séries de cristaux pondéralement égales, dont la composition est la même et dont les formes, identiques d'ailleurs, ne diffèrent que par l'existence des faces hémiédriques. Placées à droite dans une série, et à gauche dans l'autre, ces faces donnent aux cristaux des deux séries le caractère de non-superposabilité. Les premiers ne sont autres que les tartrates doubles des deux bases , les derniers sont constitués par un

isomère de T qui possède, mais à gauche, le même pouvoir rotatoire, et qui communique à ses sels, même dans les cas si curieux d'interversion, un pouvoir constamment égal et contraire à celui du tartrate correspondant. Nous convenons de distinguer les deux acides et leurs sels par les épithètes de droit et de gauche.

La séparation des deux sortes de cristaux et, par suite, l'isolement de leurs acides reposent sur un triage que les particularités cristallographiques suivantes rendent faciles. Nous supposerons qu'on o])ère sur le racémate de soude et d'ammoniaque, parce que les cristaux inversement hémiè-

. LA POLARISATION ROTATOiRfi ET LA CBISTÀLLOGRAPHIE. 4 1 ^

dres issus de son dédoublement conservent, quand on les soumet, après cet isolement, à d'autres cristallisations, leur spécialité hémiédrique, et ne revêtent pas, comme ceux issus du double racémate de potasse, soit une homoédriâ mensongère, soit même des hémiédries extraordinaires cl bizarres. Ses cristaux appartiennent au qua^ième système et présentent 9 ainsi que l'indique la^^. 285, dix faces additionnelles à chaque sommet et douze latérales. Ces dernières se projettent sur le pourtour polygonal extérieur aSyde^mO. . . et forment soit des systèmes binaires de faces parallèles, soit des prismes rhomboïdaux, dont Tun êy constî tue précisément ces faces, inclinées d'environ i3o degrés sur le pan antérieur P, dont il a été question § 57G. Les dix premières, obliques sur la face T, seprojettent suivant huit quadrilatères et deux pentagones, et constituent autant de troncatures qui reposent sur leS arêtes d'intersection de T avec les pans latéraux. Ce sont des prismes rhomboïdaux ^i , 5s , m et deux hémioctaèdres A,A^Les facettes 8], 5, permettent d'orienter les cristaux et d'y reconnaître, sans mesure et sans qu'on soit obligé d^y rechercher cet angle de i3o degrés, les cristaux droits et les gauches. Une fois le triage opéré, on élimine lus traces de cristaux contraires qu'ont pu laisser Teau mère et l'imperfection du triage , en soumettant chaque sorte de cristaux à upe nouvelle cristallisation. Il reste à transformer ces sels solubles en sels insolubles de plomb et à traiter par l'acide sulfurique. M. Pasteur n'a rien négligé pour établir: i° la parfaite identité de Tacide droit ainsi

obtenu avec T ; 2^ la parfaite identité des deux acides et de leurs sels dans toutes leurs propriétés chimiques on physiques autres que la rotation et Thémiédrie (*). Qu'il nous

(') L'bémiédrie , ne l'oublions pas, n'est ni une manifestation consiant« de la structure Intestine, ni un reflet obligé de la propriété optique; elle est seulement possible, et, à part une exception sur laquelle op reviendra, on a toujours pu, en variant le menstrue, la faire apparaître. Nous nous dispenserons d'ajouter d'autres exemples aux deux que nous ont offert les bi->

4 I 8 ( JIAPITRIi; XXII.

siiiiise de dire, quant au premier point, qu'on retrouva dans Tacide gauche libre toutes les singularités de pouvoir qu'amènent dans Tacide droit, la variation de température.» la dilution et l'addition d'acide borique ^ et, quant au second, que chaque sel gauche, et plus généralement chaque dérivé de cet acide, tels que la tartramide^ Tacide tartramique..., oflre non-seulement la même densité, la même solubilité..., que le composé droit correspondant, mais encore reproduit dans sa cristallisation tous les détails de stries, de groupements de cristaux. . . , que ce composé droit avait pu présenter.

L'emploi des doubles racémates pour dédoubler le racé*

mique et arriver au T gauche, ne constitue pas une méthode générale qui puisse, au besoin, s'appliquer à d'autres corps qui, comme lui, ne devraient leur inactivité qu'à Fantagonisme exact de deux principes actifs ; c'est un moyen tout particulier dont le succès tient à ce que, pour des motifs qui nous échappent, ces doubles racémates ne peuvent

exister. Quand on sait que la reconstitution de B , par le mélange de poids égaux des deux acides, s'opère, à l'instar d'une combinaison, avec un dégagement marqué de chaleur, on a droit de s'étonner que les forces de cristallisation, si faibles et capables au plus de débrouiller des mélanges , réussissent ici à séparer les deux sels possibles, et Ton est

tenté de désespérer que les analogues de R, s'il en existe, se prêtent à un dédoublement aussi fortuit. Il était donc à désirer qu'on pût trouver un procédé plus général soit pour dédoubler de tels inactifs , soit plutôt pour transformer un

^"P* gauche ^" ^^^ I droh ^" ^^' ^^^^^^^ ^ non-seule-

malates du § j>72, lesquels deviennent hémièdres, l'un par Taddition do quantités considérables d'acide azotique, et Tautrc par des traces de substances étrangères peu connues. Ces exemples prennent une force toute particulière de ce qu'il existe des sels de même formule obtenus avec un acide mnliqne isomère du procèdont, mais inactif, et fournissant les mêmes cristaux à cela pn^s qxw pour oux on n'a jamais réussi h dissiper rhomoédric.

LA POLARISATION nOTATOIRE RT LA CRISTALLOGRAPHIE. 4 1,9

ment réalisé ces importants progrès, mais il a, de plus.

trouvé une quatrième variété de T isomère des trois précédentes, et s'en distinguant, à savoir des deux actives par Tinactivité , et du racémique par le caractère de cette inactivité qui est absolue et ne se laisse pas résoudre en deux moitiés actives.

§ 579. — Les bases du quinquina.

Son procédé repose sur ce que les composés fournis par les deux acides actifs inverses cessent de présenter les ressemblances dont il vient d'être question, dès que le corps qui leur est associé n'est plus inactif. On conçoit, en effet, qu' en pareil cas il y ait, en quelque sorte, addition des pouvoirs dans Tune des deux combinaisons et soustraction dans Tautre (^), de sorte que la constitution des deux molécules chimiques composées et.» par suite, tout l'ensemble des propriétés des corps contractent de grandes différences. Le fait est que M. Pasteur trouve que les composés correspondants diffèrent alors en général par la forme, l'iiygrométricité, la solubilité, la résistance à l'action destructive de la chaleur, . . . , etc. C'est pour abréger que nous nous dispensons d'en donner ici des preuves et que nous nous contentons de renvoyer aux exemples qui seront cités dans le reste du chapitre. Faisons maintenant connaissance avec les sels qui ont permis à M. Pasteur d'atteindre son double but.

L'écorce des quinquinas fournit quatre alcaloïdes, à savoir la quinine et la quinidine, la cinchonine et la cinchonidine. Les deux premiers sont des isomères doués de rotations énergiques, mais contraires et légèrement inégales. Il en est de même des derniers ; à côté de la relation d'isomérie elles offrent également le contraste de deux pouvoirs inverses considérables et peu différents. Les bases qui, dans chaque groupe, offrent le plus grand pouvoir (il est

( * ) D'après les mesures de M. Pasteur, il semble même que, dniis certains composés, il faille prendre ces mois à la lettre, et que la combinaison laisse leur intégrité aux deux groupements moléculaires actifs, comme dans un mélange».

(lextrogyi'c*) , qui, par conséquent, sont les analogues et qui auraient dès lors reçu les mêines désinences si, en Tabsence du point de vue qui nous guide, on n'avait dû distribuer les noms les plus simples aux bases trouvées les premières^ sont la quinidine et la cinchoniuc. Soumis à l'action de la c^haleur, les deux corps de chacun de ces groupes se transforment en un troisième isomère, faiblement dcxtrogyre, à savoir la quiniciiie et la cinchonicine.

L*étude comparative des propriétés, surtout optiques, de chaque trio d'isomères a conduit M. Pasteur à cette idée que les deux coi*ps très-actifs étaient une combinaison du troisième avec deux groupements ^moléculaires, doués de d<ux fortes rotations contraires et rigoureusement égales, qui seraient Tun à Tautre ce que sont les acides tartriques droit et gauche. Ces groupements seraient plus altérables que le groupement faiblement rotateur qui leur est associé. La chaleur, par exemple, les rendrait iuactifs de manière a laisser le champ libre à la quinicine s'il s'agit d\i premier trio, et à la cinchonicine s^il s^agit du second.

Les quatre alcalis primoixliaux du quinquina ont peu de stabilité; aussi subissent-ils, à la température ordinaire et surtout sous Tinflueuce de la lumière, une altération spontanée qui , vu la faible difierencc de leur composition , les fait aboutir à un même produit : ce septième corps est une base résinoïde appelée qninoïdine. Voyons maintenant quelles ressources présentent ces divers corps pour réaliser les transformations que nous avons annoncées.

fi 580.— NoaTeauz modes de dédonblement de Tacide racémique.

Quand on livre à la cristallisation le racémate de cinchonicine, il est un certain état de concentration dé la liqueur qui donne des premiers cristaux presque entièrement formés de tartrate gauche etqui laisse dansFeau mère le lartrate droit. Mêmes résultats avec la quinicine *, seulement, dans ce cas, c'est le tartrate droit qui se dépose d'abord.

Le moyen suivant, très -commode pour obtenir T gau-

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che, n'est pas, à proprement parler, un dédoublement, puisque l'isolement d'un des deux acides n'a lieu que par la destruction de r autre. M, Pasteur, après avoir régularisé sur le tartrale d'ammoniaque, la fermentation spéciale observée antérieurement sur le tartrate de chaux, a répélé l'opération sur le racéniate de la même base. Eh bien, la fermentation a porté exclusivement sur le sel droit, et ([uand elle a été terminée, Tévaporation et Talcool ont fourni une abondante cristallisation du sel gauche.

§ 581. — Transformation de l'on des deux acides T en Tantre.

Le tartrate de cinchonine chauffé graduellement devient tartrate de cinchonicine. Si l'on continue d'élever la température, la base éprouvant une nouvelle altération se transforme, avec perte d'eau et coloration , en quînoïdine. De son côté l'acide éprouve d'importantes modifications, et aprèscinq à six heures d'une température d'environ 170 degrés, il est partiellement transformé en racémique. Brisons la fiole, traitons à Teau bouillante la masse résineuse noire qu'elle renferme, ajoutons enfin à la liqueur filtrét; et refroidie un excès de chlorure de calcium, il se formera aussitôt un précipité de racémate de chaux qu'on isolera par une nouvelle fîltration et duquel on retirera l'acide racémique. Comme cet acide peut, à l'aide de chacune des deux méthodes qu'on vient de donner, se dédoubler en ses deux isomères actifs, il s'ensuit que le tartri que primitif aura fourni une certaine quantité de son inverse. L'acide dont on part peut être indifféremment le droit ou le gauche : quel qu'il soit, les opérations décrites le changent eti rapémate et par conséquent en son inverse.

Ici ce n'est plus, comme au paragraphe précédent, par ses

facultés rotatoires qu'agifla base associée au T. Son principal rôle est de communiquer à l'acide un peu de stabilité et de lui permettre d'atteindre une température qui le détruirait s'il était isolé. En effet, Téther tartrique est une combinaison de l'acide ï avec un corps inactif, qui supporte

également, salisse détruire, une température élevée, eh bien, il donne comme les précédents sels, par surchauffe, de notables quantités de racémique.

§ 582. — Transformation de racémique en tartrfqne h

La préparation du racémique par le tartrate de cincho* nine laisse un dernier liquide qui contient, avec Texcés du chlorure employé, les portions de Tacide qui ne sont pas représentées par le racémique obtenu. En le livrant à luimême, ii fournit des cristaux d'un sel de chaux complètement inactif, dont Tacide, également inactif, est un isomère de l'acide tartrique qu'on ne parvient pas à dédoubler quand on lui applique les divers moyens qui réussissent si bien sur le racémique. Ce quatrième isomère, dont les sels sont très-beaux, mais dépourvus et des facettes hémiédriques et de toute propriété rotatoire, est l'acide inactif. Pour ceux qui voudraient s'en faire une idée au point de vue grossier du § 574, nous dirons qu'il correspond à des canaux détordus et ramenés à l'état de cylindres droits. Le racémique, lui , serait constitué par des doubles canaux hélicoïdaux dont une moitié tournerait à droite et l'autre à gauche.

C'est parce que cet acide inactif s'obtient également par la surchauffe du racémate de cinchonine qu'on doit le considérer comme le résultat d'une action non pas immédiate et exercée sur le tartrate de quinoïdîne, mais ultérieure et subie par le racémale déjà formé.

On doit voir dans l'acide tartrique un type auprès duquel viendront se ranger d'autres corps accompagnés comme lui de trois variétés, à savoir Tinverse. T inactive résoluble et l'inactive absolue. Un tel plan se trouve en efTetdéjà partiellement reproduit par diverses substances.

;^ 583. — Les trois acides camphoriques.

Le camphre est une huile volatile concrète élaborée par certaines plantes. Le camphre ordinaire provient d'un arbre appartenant à la famille des Laurinées. Mais il est

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