APPAREILS DE L[0PTIQ^^ MODERNE
A, G, les sommets des cônes eoijLvergents îssus de lui et dus à Faction de la loupe tomberont dans le même plan que W sommets précédents. Mais pour l'œil (nous le supposons infiniment presbyte) ces cônes équivalents d'innombrables faisceaux parallèles ayant pour inclinaison maximum l'angle des cônes. Si l'œil les reçoit tous, le cbamp illuminé sera maximum et aura pour limites les bords de la loupe -, plus loin ou plus près l'œil manquera certains faisceaux, et le cône qui a pour base la loupe cesse d'être complètement illuminé. La pratique imaginée par Fresneï (§22) pour trouver la position la plus convenable de l'œil se trouve donc pleinement justifiée.
§ 214. — Une foiile de cas compris entre deux cas limites.
Les nombreuses expériences d'interférence qu'offre la polarisation chromatique n'exigent^ dans la lumière qui lés produit 9 aucune élaboration, et s'accommodent, comme les anneaux ries lames minces^ et pour les mê^mes motifs (*), des rayons qui arrivent pêle-mêle des divers points du ciel. Pour concevoir l'action de ces rayons, et consécutivement assigner, soit la position de l'œil qui voudra voir les phénomènes, soit le dispositif nécessaire à leur projection sur un .écran, nous allons encore recourir aux équii^alences qui constituent le principe géométrique précédent. Mais il convient tout d'abord de distinguer deux cas extrêmes : i ° celui ou l'interférence ne varie qu'avec la direction et reste là même aux divers points du corps 5 2° celui où l'interférence, indépendante de la direction ^es rayons, change au contraire aux divers points du corps. Une lame mince,
(*) Dans ces expériences , rinterférence s'exerce entre deux portions (souvent les dQiix moitiés) de chacun des rayons qui arrivent aux appareils. Dans Texpérience des miroirs de Fresnel , et en di/fraciionf elle a lieu, au contraire, entre des rayons différents; et ceVa entraine diverses exigences, dont la plus essentielle est que ces rayons dérivent d'un luminaire angulairement très-petit.
362 CHAPITRE VHI.
(l'épaisseur uniforme, et surtout une lame cristallisée, à faces parallèles, qiii seront par exemple perpendiculaires à Taxe, réalisent le premier dans toute sa rigueur. Une lame mince d*air, comprise entre deux verres assez bombés pour que la variation du retard dû à Tinclinaison soit peu de chose vis-à-vis la variation due à la différence d'épaisseur, et mieux encore un verre trempé , approchent de réaliser le second.
§ 215. — Premier cas. — Projection spontanée. — Lentille auxiliaire.
Les phénomènes qui s'y rattachent peuvent se projeter spontanément sans lentille auxiliaire. Groupons en ellcft les rayons incidents en faisceaux parallèles, et suivons au delà du cristal, jusqu'à la rencontre d'un écran , les doubles faisceaux issus de chacun d'eux. Si, théori- <{uement , chaque faisceau incident se bifurque dans la lame, le parallélisme des deux demi-faisceaux et l'insignifiance de leur séparation font qu'on peut regarder leur ensemble comme n'en formant qu'un seul, qui est la. continuation du faisceau générateur. Cela posé, il suffit que ces faisceaux, diversement orientés, n'aient pas trop d'épaisseur pour que chacun d'eux donne sur l'écran , par le même artifice que dans la cliambre obscure à trou, la teinte propre au retard qui a été introduit entre ses deux parties. En réduisant le diaphragme, le dessin des, lignes isochromatiques gagnera de la pureté, mais aux dépens de la clarté. Pour concilier clarté et pureté, il faut laisser libre toute la surface du cristal , et transformer (comme dans la chambre obscure), par l'emploi d'une lentille, ses larges faisceaux parallèles en faisceaux convergents. En plaçant l'écran au foyer principal de la lentille, la teinte propre à chaque direction, au lieu d'empiéter sur les teintes voisines, se réduira à un point. Pour embrasser à la fois un grand nombre dé directions, ou, en d'autres termes, avoir un vaste cliàinp, il faudra juxtaposer la lentille au cristal.