‹ Traité d'optique physiqueChapitre 42 sur 57 · APPAREILS D£ L'OPTIQUE MODERNE · texte numérisé non relu

APPAREILS D£ L'OPTIQUE MODERNE

peu, puisque ) par la rotation de la pince, oïl peut étendre le champ jusqu^aux incidences rasantes.

§ 228. ~ Universalité de l'appareil Soleil.

. Il est curieux que T appareil de M, Soleil se prête, avec le même succès, à Fobservation et à la projection des phénomènes à^ interférence locale^ mais alors c'est extérieurement aux lentilles L , 17, et non plus au milieu de leur intervalle, que la pièce génératrice du phénomène (verre trempé, lame mince de gypse,... ) doit être placée. Sa place peut être indifféremment, soit le foyer ant^érieur ahç du disperseur L {^fig* 1 18 6w), soit le foyer postérieur N du collecteur L'. .

Pour le concevoir, groupons les rayons parallèles émanés des divers points du soleil en cônes d'un demi-degré d-ouverture qui aient leurs sommets aux divers points du plan/rfrc, tous, les rayons d'un de ces cônes a, 6 ou c, après avoir éprouvé sensiblement la même modification, à savoir celle caractéristique du point attaqué, iront, sans dislocation, se résumer de l'autre côté du collecteur en un point. a\ h ou c' situé dans le plan focal postérieur de ce collecteur; de sorte qu'on aura dans ce plan focal une image réelle de l'objet ornée des modifications chromatiques particulières à chaque point; si toutefois on fait intervenir un polariscope, que Ton peut indifféremment, mettre, soit au point de croisement P, soit à l'œilleton de l'oculaire. Le lecteur comprendra sans peine comment la position a'b'c' ne convient pas moins bien à l'objet, mais alors le polariscope ne |)eut plus se mettre en P. Ayant deuxplaces pour l'objet, on peut mettre simultanément en jeu deux lames cristallisées , et obtenir la teinte résultante de leurs deux teintes. Toutefois on remarquera que l'un des deux dessins subit un renversement. Comme la portion des plaques reproduite a une étendue égale à celle des lentilles, il convient que, dans un

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appareil Soleil destiné à cette deuxième étude ^ ces deux verres aient une grande amplitude.

§ 229. ~ Rôle de la lentille dans l'appareil Norreinberg.

La lentille de l'appareil Norremberg peut à volonté agir comme collecteur ou comme disperseur, ou même jouer à '

la fois les deux rôles. Le premier cas se présente quand on la place au-dessus du support et le second quand on la met au-dessous. Si l'on place le cristal sur le miroir j

inférieur, il suffit de la disposer entré ce miroir et le polari- |

sateur en continuant de rendre sa distance au cristal égale à |

son foyer principal , pour qu'elle agisse comme disperseur sur les rayons que la glace polarisante rabat sur le miroir, et comme collecteur sur ces mêmes rayons quand ils reviennent vers le haut , après avoir traversé deux fois le cristal. Mais il faudrait en outre, pour rendre, quand il y a lieu (§220), la vision nette, et quand ce soin est inutile (§215), pour profiter du grand champ créé par le disperseur, un système optique auxiliaire, -lentille ou lunette ; car, faute de pouvoir rapprocher l'œil et faute de lui venir en aide, l'appareil de Norremberg ne donne, avec sa lentille, que les phénomènes de lumière convergente dont l'étendue angulaire est faible.

§ 230. — Donble réfraction et polaiisation de la clialeur.

Pour être fidèle au plan que nous nous sommes tracé j

(§ 137), nous terminerons cette leçon en jetant un <;oup d'oeil rapide sur la double réfraction et la polarisation de la chaleur.

Quand on prend les rayons calorifiques du trait solaire, kur parallélisme permet d'éloigner de la pile les pièces qui pourraient introduire des causes d'erreur par voie de rayonnement,, leur énergie permet de restreindre assez les faisceaux pour qtie les prismes biréfringents en donnent âeax images séparées. Dans ces conditions favorables, on repro-

APPARBltS D£ L'OPTIOI3£ MODERNB, 'i'JQ

duît sans peine avec la chaleur tous les résultats obtenus avec la lumière^ et pour peu que l'appareil de Melloui soit sensible, ils ont même une intensité re^larquable. Ainsi, en recevant tour à tour sur un miroir de verre et sous l'angle de 56 degrés les deux pinceaux issus d'un spath achromatisé, Tare d'impulsion , nul pour Tun , s'est élevé pour l'autre, dans des expériences dues à deux physiciens bien connus, à 75 degrés. Si l'on veut reproduire ces phénomènes avec les faibles radiations calorifiques Qu'envoient les corps faiblement échauffés, la nécessité de diminuer les distances et de recourir à des amplificateurs, le peu de perméabilité des prismes de Nicol , des tourmalines et des lentilles condensantes, pour les flux calorifiques qui abondent dans ces sources de chaleur, rendent, il est vrai, les èxpérieûces très-délicates. Mais néanmoins on est parvenu à établir qu'en chaleur comme en lumière les mêmes actions possédaient indistinctement et au même degré la double faculté polarisatrice et polariscopîqne. Les avantages qui peuvent résulter pour l'œil 5e son exquise sensibilné et surtout de la séparation nette [*] que son organisation savante établit entre les diverses parties d'un même phénomène, sont largement rachetés par les détours et les impuissances de la photométrie^ et tandis que l'optique est obligée d'ajourner la démonstration de ses lois numériques jusqu'au moment tardif où elle peut construire ses laborieux photomètres, la chaleur ne laisse rien en retard , et trouve dans les sensations impartiales de ses thermoscopes une mesure homogène de l'intensité des divers rayons hétérogènes. Nous admettrons donc, et on le vérifiera sans peine si l'on a soin de dépolarîser (§ 164) le faisceau réfléchi donné par le

( * ) Les méthodes ihermographiques feraient , il est vrai , disparaître cette infériorité delà chaleur, mais ces méthodes, et notamment celle due à Herschel, où l'on utilise l'inégale dessiccation d'un papier noirci et mouillé uniformément d'alcoel/ manquent dé sensibilité.

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porte^Iumière, que les deujc faisceaux issus d'un prisme biréfringent sont calorifîquement égaux , et que si le rayon transmis par Un premier prisme est offert à un second ^ les deux faisceaux inégaux qui lui sont dus suivent la loi de Malus. Comme les expériences entreprises sur ce «ujet par MM. de la Provostaye et Desains n'ont eu besoin d'aucun de ces ingénieux artifices qu'ils ont su découvrir quand il le fallait, nous n'y insisterons pas, et il suffira de dire qu'elles ont vérifié la loi de Malus avec une extrême précision.

ARTICLE P

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