ORDRE DES CHÉN0P0DÊE
Fig. 28. Coupé longitudinale delà fleur épanouie. On voit très nettement que les étamines sont devenues périgynes, et que l’ovule est anatropo et a son micropylo infère.
Fig. 29. Graine: m , mieropyle ; è, hile.
Fig. 30. Coupe longitudinale de cette graine : sous les téguments, on remarque un embryon qui entoure le périsperme.
ftalaola wxta.
Fig. 31 . Position do la fleur par rapporta la bractée-mère, B , dans le SaJsola »oda : et, étamines; *, sépales ; b, bractées secondaires latérales : cp, mamelons carpellaires.
Fig. 32. Jeune pistil dans lequel les mamelons carpellaires, cp, sont connés et entourent l'ovule, ol.
Fig. 33. Pistil dans lequel, au liou des trois mamelons carpellaires qui existent le plus souvent à l’origine, il n'y en a ou que deux. L’ovaire, or, par suite, n’est surmonté que de deux styles entre lesquels on aperçoit encore le trou de l’ouverture supérieure de cet ovaire.
Fig. 34. Ovule : n, nucelle.
Fig. 35. Monstruosité d'un ovule, ol, dans lequel le nuceHe est sorti du mieropyle, m, et s’est considérablement tuméfié au dehors en n h.
ORDRE DES BASELLACEES.
Les Basella, dont on cultive dans les jardins botaniques de Paris une espèce, le Basella rubra, étaient rangés autrefois parmi lès'Chén'opodées. C’est M. Moquin-Tandon qui, le premier, les en a séparés pour en formelle type d’un ordre A part sous le nom de Bascllacces, ordre qui est nettement caractérisé par son périanthe double, ses anthères exlrorses et ses trois stigmates distincts. Comme l’inflorescence du Basella rubra est un épi , on trouve facilement sur la même plante tous les étals de développement, et dès lors mes observations organogéniques peuvent être promptement vérifiées.
Périanthe. Le périanthe de la fleur des Basella est double : l’un est composé de deux folioles, c’est le périanthe externe; l’autre, de cinq folioles , c’est le périanthe interne. Ces sept folioles sont toutes connées entre elles et forment un tube charnu qui enveloppe le pistil. 11 est à noter, toutefois, que les cinq folioles du périanthe interne sont connées entre elles un peu plus haut que les deux folioles du périanthe externe.
Lors de l’épanouissement , on remarque que les deux folioles du périanthe externe sont, l’une antérieure et l’autre postérieure; et que, des cinq folioles du périanthe interne, deux sont latérales, deux sont postérieures et une antérieure. Ku préfloraison, les deux folioles latérales du périanthe interne qui recouvrent les trois autres sont à leur tour recouvertes par les deux folioles du périanthe externe, et de ces deux dernières, c’est la foliole postérieure qui recouvre l’autre.
Or, cet ordre dans la préfloraison des folioles du périanllie double du Basella indique l'ordre de leur apparition sur le réceptacle. Lorsqu’on suit, en effet, peu à peu les développements du périanthe externe , on observe que les deux folioles apparaissent successivement , la foliole postérieure d'abord, puis la foliole antérieure. Quant aux cinq folioles du périanthe interne, elles se montrent de même l’une après l’autre , les deux latérales d’abord, les trois antres ensuite.
Androcée. L’àndrocéc des Basella est double A l’origine comme le
OHUIIK UK» BASEM.ACKK8.
Mil
|>eriuulhe, et se couijiose de deux vcrlieilles de linis étamines chacun. l.e.s trois étamines du vcrticflle externe apparaissent en premier lieu : deux sont superposées aux deux folioles latérales 1 et 2 du périanlhc interne ; la troisième est su|>erposée à la foliole postérieure du même verticille; les trois étamines du vertieille interne apparaissent ensuite, et sont super|>osées aux trois folioles 3, ft, 5 de ec périanthe interne. Si doue toutes res étamines se développaient, l’androeéc des Basclla serait composé de six étamines; or, cela n’a pas lieu. Lors de l'épanouissement de la fleur, on ne compte jamais que cinq étamines. A quoi cela tient-il ? A ce que lelamine postérieure du verticille externe, au lieu de s’accroître connue les autres, s’atro|>liie cl finit par disparaître complètement.
La différence de grandeur résultant de la différence d’âge entre les étamines du verticille externe et les étamines du verticille interne, se remarque tant que leur accroissement n’est pas termine ; mais , lorsque toutes sont arrivées à leur entier développement, elles sont toutes égales.
Un fait à noter, parce qu’il est resté inaperçu de la plupart des botanistes qui se sont occupés de ces plantes, c’est que les anthères sont exlrorses et non inlrorscs comme dans les Cliénopodées.
Pistil. Le pistil des Basella diffère à peine de celui des Chénopodées. Ce sont, à l’origine, trois mamelons earpcllaires disposés de façon que l’un est antérieur et que les deux autres sont postérieurs. Ces trois mamelons earpellaires, d’abord complètement distincts, deviennent promptement comtés et forment une coupe à trois crénelures. Cette cou|ie, en grandissant, finit par prendre I’as|>ect d’un sac renflé à sa base, dont l’ouverture est fermée par les trois crénelures primitives qui se sont allongées.
Quant à l’extrémité du réceptacle qui est enveloppée par ce sac , elle se revêt successivement de deux enveloppes , et devient un ovule eampuli- Irope.
Il résulte de tout ce que je viens de dire qu’il existe la plus grande analogie entre les Basellacées et les Portulacées , car dans les unes et les autres il y a un périanthe externe composé de deux folioles placées de la même façon, et un périanthe interne composé de cinq folioles. Dans toutes deux , les étamines apparaissent en deux fois, les étamines superposées aux deux folioles i et 2 du périanthe interne d’abord, les étamines superposées aux trois folioles 3, 1 et 5 de ce même périanthe interne. La seule différence importante que ces deux ordres présentent consiste dans l’ovaire, qui est uniloculaire et polysperme dans les Portulacées, et uniloculaire et monosperme dans les Basellacées; or, c’est parle pistil, au contraire, que les Basellacées et les Chénopodées se ressemblent. Dans les uns cl les autres ,
pii effet, le pistil se compose à l’origine de trois mamelons carpellaires, qui en s’allongeant, forment un sae au fond duquel app'hraît un ovule eampulitrope. Dans la classification générale, l'établissement de l’ordre des Basellacées est donc légitime , et sa place doit être entre les Chénopodées et les Portulaeées.
EXPLICATION DES FIGURES
Bawlla rufera.
Fig. 7. Position de la fleur par rapport à la bractée -mère, B : b, h, bractées secondaires latérales.
Fig. 8. Fleur de la fig. 7 vue de face : 6, b, bractées secondaires latérales.
Fig. 9. Fleur un peu plus âgée: outre les deux bractées latérales, b, b. il est né une foliole du périanthe externe, b b', qui est postérieure.
Fig. 1 0. Fleur encore plus âgée : une seconde foliole du périanthe externe, 6", est née ; elle est opposée à la foliole b' , et est par conséquent antérieure : b, b, bractées latérales.
Fig. 1 1 . Fleur au moment do l'apparition des deux folioles, s1, s3, du périanthe interne qui naissent à peu près simultanément : b, b. bractées latérales ; b", b', folioles antérieure et postérieure du périanthe externe.
Fig. 12. Apparition de trois autres folioles du périanthe interne, s3, a4, a5 : b, b, bractées latérales; b", b' folioles antérieure et postérieure du périanthe externe : s1, s3, folioles latéralos du périanthe interne.
Fig. <3. Apparition des trois premières étamines, et", et"', dont deux sont superposées aux folioles , *\ s3, et dont la troisième alterne avec les folioles, a3, $' : b, b, bractées latérales ; b‘\ b\ foliotas antérieure et postérieure du périanthe externe; a4, foliole antérieure du périanthe interne.
Fig. 14. Apparition dos trois autres étamines, el°, alternes avec les premières, et* ; elles sont superposées aux trois folioles, a3, a4, as: et", el"\ étamines premières nées: a1, a3, autres folioles; 6, b, bradées latérales; 6 ", b\ folioles antérieure et postérieure du périanthe externe.
Fig. 15. Fleur un peu plus âgée que dans la fig. I 4 : I étamine postérieure, et"', ne s’est point développée et tend à disparaître : t/, 6", a1, s3, a3, t4, *J, folioles ; et", et°, étamines ; 6, 6, bractées latérales.
Fig. 16. Apparition de trois mamelons carpellaires , rp, dont deux sont superposés aux folioles, a1, a3, et dont la troisième alterne avec les folioles, s3, a5 : et", et", étamines ; a4, foliole antérieure du périanthe interne.
Fig. 17. Position de la (leur par rapport à la bractée- mère, B : b, by bractées latérales; 6\ foliole postérieure du périanthe externe.
Fig. 18. Fleur de la fig. 17 dont on a enlevé la bractée-mère, B , les bractées latérales, b, b, et dont on a abaissé la foliole postérieure, bf, pour montrer que cette foliole postérieure, b', s'insère plus bas que les folioles, a3, a**.
Fig. 19. Fleur enveloppée par ses deux bradées latérales, b, b, et par sa bractée-mère, B.
Fig. 20. La même fleur débarrassée do ses deux bractées latérales, b, b, et de sa bractéemère, B: b\ foliole postérieure du périanthe externe: a1, g\ folioles latérales du mémo périanthe.
310 ORDRE T) ES HASELLACLES.
Fig. 21 . La même fleur dont on a coupé la foliole postérieure, b1, pour montrer que cette foliole postérieure , c$t connée avec les folioles , a1, s3, moins haut que no le sont entre elles les folioles, s3, a\
Fig. 22 Coupe longitudinale de la fleur représentée dans la fig. 18 : 6, b, bractées latérales ; b ', foliole antérieure du périanthe externe ; a3, s4, autres folioles ; et, étamines ;
ov, pistil : ol, ovule.
Fig. 23. Pistil do la fig. 1 8 isolé : ou, ovaire; ol , ovule ; sy , branches du style qui deviendront stigmatiques
Fig. 24. Coupe longitudinale de la fleur représentée dans la fig. 19 : />, b, bractées latérales ; b", foliole antérieuro du périanthe externe ; a1, s2, jt *, folioles do périanthë interne ; et, étamines ; ov, pistil ; o/, ovule.
Fig. 25. Androcéo de la lig. 20 : les folioles, a*, a2, s1, ar', sont coupées, ainsi que la foliole postérieure, b' ; les anthères, et, sont extraites . sy, branches stigmatiques du style.
Fig 26. Pistil de la fig. 25 isolé et grossi : or, ovaire ; sy, branches du style.
Fig. 27. Coupe' longitudinale dune fleur encore plus âgée : b, b, bractées latérales; 6", foliole antérieuro du périanthe externe ; s1, s1, s1, folioles du périanthe interne ;
et, étamines; or, ovaire ; ol, ovule.
Fig. 28. Fleur un peu plus âgée que celle de la coupe représentée dans la fig. 27 : on a coupé les folioles, s1, t2, aJ, a4, a5, la foliole postérieure, 6', pour montrer les étamines, et; sy, branches stigmatiques du style ; b, b, bractées secondaires latérales.
Fig. 29. Fleur immédiatement avant 1‘épanouiesenienl : b, b, bractées latérales ; b', b" , folioles postérieure et antérieure du périanthe externe; a*, s-, folioles latérales du périanthe interne.
Fig . 30 La même fleur dont on a coupé la foliole postérieure du périanthe externe, b1, |M>ur montrer qu elle est connée avec les folioles, a1, a2, beaucoup moins haut quu ne le sont entre elles les folioles, a*, a\
Fig. 31. Coupe longitudinale de la fleur de la. fig. 29 : b, b. bractées latérales ; b\ b", folioles postérieure et antérieure du périanthe externe; aa, a', folioles du périanthe interne; et, étamines : ov, ovaire dont le style est coupé ; ol, ovule.
Fig. 32. Pistil isolé : ou, ovaire , si, style; branches stigmatiques.
ORDRE DES AMARANTHACÉES.
Trois genres peuvent être considérés comme les types de l’ordre dos Amaranthacées tel qu’il a été limité par M. Moquin-Tandon dans le Prorfromiude Deeandollc. Ce sont les Celosia, les Amarantlius et les Alternanthera. Comme ils fleurissent pendant toute la belle saison, et que leurs fleurs sont très nombreuses et de tout âge à toutes les époques, rien ne serait plus facile d’observer leur organogénie florale, si ces fleurs n'étaient point si petites et n’exigeaient, par cela même, pour ces études, des mains habiles et exercées.
J’ai suivi les développements successifs de la fleur dans les Amaranlhus allais et sylveslris , les Celosia margarilacca et les Allernanlhera Icuella. Je vais exposer successivement le résultat de mes observations sur chacune de ces plantes, et je ferai ensuite ressortir en quoi elles diffèrent et en quoi elles se ressemblent.
CKLOSf A MAltl.UUTACKA.
Inflorescence. Calice. L’inflorescence des Celosia margarilacca est fort simple : c’est un épi. A l’aisselle de chaque bractée-mère liait une fleur qui est accompagnée de deux bractées secondaires latérales et stériles. Le calice se compose de cinq sépales qui naissent successivement et se disposent dans le boulon en préfloraison quinconeiale. Us sont libres jusqu a la base. Tant qu’ils ne sont pas arrivés à leur entier développement, il y en a deux beaucoup plus grands que les trois autres. Les deux plus grands sont les premiers nés : l’un est superposé à la bractée-mère, et l'autre lui est diamétralement opposé. Les trois autres sont superposés, deux à une bractée latérale, et un à l’autre bractée latérale opposée.
J’ai dit précédemment (pages 10 et 16} que le calice des fleurs pentamères peut, en général, être considéré comme composé de deux paires de sépales disposées en croix, et dans l’une desquelles un sépale se dédouble en deux autres. J’ai ajouté que c’était ordinairement le sépale antérieur qui se dédoublait, qu’il appartint, du reste, ù la première ou à la seconde paire, et
bO