‹ Traite d'organogenie comparee de la fleurChapitre 45 sur 82 · ORDRE DES PASSIFLORES · texte numérisé non relu

ORDRE DES PASSIFLORES

Dans son Généra plantarum, A.-L. (le Jussieu plaça les Grcnadilles à la suite des Cucurbitaeées; plus lard, dans un mémoire spécial inséré dans les Annales du Muséum , il en fit un groupe distinct sous le nom de Passiflores, et ce groupe a été adopté depuis lors par Deeandolle dans son Prodromus et par tous les botanistes modernes. Seulement sa place dans la classification générale a un peu varié. Ainsi, tandis rpie A.-L. de Jussieu le met à côté des Cucurbitaeées, M. Brongniarl le place entre les Malesherbiées et les Samydées dans sa classe des Passiflorinées; Endliclier entre les Homalinéesct les Maleslicrbiées, dans sa classe des Pariétales, et Lindley dans son Vegetable Kingdom, entre les Samydées et les Malesherbiécs, dans son allianccdes Yiolales.

Calice. Le calice se compose de cinq sépales qui naissent successivement et se disposent en préfloraison quineonciale. Deux sont antérieurs et superposés à la bractée mère : ce sont les sépales 1 et 3 ; deux sont latéraux, ce sont les sépales k et 5; enfin, le sépale 2 est postérieur. Ils sont toujours libres entre eux jusqu’à la base , et si les auteurs les ont décrits comme connés, cela tient à ce que le réceptacle s’évase peu à peu en une coupe assez profonde, et que les bords relevés de ce réceptacle qui portent les sépales ont été considérés comme faisant partie de ces sépales mêmes. C’est un phénomène tout à fait analogue à celui que j'ai décrit à l’occasion des Saxifrages, et il est inutile d’y revenir, d’autant plus qu'on le rencontre partout dans les plantes que A.-L. de Jussieu a désignées sous le nom général de périgyncs. Quant A la pointe qui surmonte l’extrémité supérieure et dorsale de chaque sépale, elle apparaît presque aussitôt la naissance du sépale lui-même.

Corolle. Les pétales sont au nombre de cinq ; ils alternent avec les sépales et naissent tous ensemble, peu de temps après; ils sont toujours complètement libres et distincts à leur base. A l’origine cela est très visible.

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parce que le réceptacle a encore la forme d'un cône. Mais quand ce réceptacle relève ses bonis de façon à présenter l’aspect d’une coupe, il relève en même temps l’insertion des pétales, et pour ceux qui considéraient autrefois les bords de cette coupe réceptaculaire comme formée, non par le réceptacle, mais par la réunion de la base des sépales, les pétales étaient insérés au sommet du tubedu calice. Contrairement à ce qui a lieu dans les Saxifrages, les pétales croissent aussi rapidement que les étamines, en sorte que comme ils sont nés avant elles, ils les recouvrent toujours. Dans le bouton leur préfloraison est en partie imbriquée et en partie convolulive. Il y en a un extérieur, un second intérieur et trois moitié intérieurs et moitié extérieurs. Les deux premiers sont contigus : l’un, l’extérieur, alterne avec les sépales 1 et !i ; l’autre, l’intérieur, alterne avec les sépales l et 3. Les pétales, du reste, n 'offrent rien de particulier danslcurdéveloppcmenl, car ce qu’on a pris pour des appendices de la corolle rentre, comme je le dirai tout à l'heure, dans ce qu’on doit appeler disque.

Androcée. Il n’y a jamais que cinq étamines dans les Passiflores, et lorsque la fleur est complètement épanouie, elles s’insèrent sur un prolongement du réceptacle qui supporte le pistil. Leurs anthères sont introrscs et portées sur des filets assez longs. Seulement, comme elles sont oscillantes, elles font souvent la culbute après leur déhiscence et semblent alors c*xtrorses. Quand elles commencent à poindre, le réceptacle est loin d’avoir la forme qu’il aura plus tard ; il est plat, et c’est sur son pourtour, en avant des pétales, qu’elles apparaissent toutes à la fois comme cinq petits tubercules superposés aux sépales. Comment donc sc fait-il que, contiguév aux pétales et aux sépales dans leur jeunesse, elles s’en éloignent tant plus tard ? Rien de plus simple. Le réceptacle, ai-je dit, au moment de la naissance des étamines, est plat, mais, en vieillissant, deux mouvements en sens inverse se produisent : la partie périphérique qui supporte le calice et la corolle sc relève et forme les bonis d’une coupe, emportant avec elle ce calice cl cette corolle, qui deviennent ainsi périgynes; la partie centrale, au contraire, sur laquelle sont nés les étamines et le pistil se boursoufle comme le fond d’une bouteille, et il en résulte au milieu de la coupe réceptaculaire une sorte de mamelon ou de colonne qui supporte les étamines et le pistil. Dans les Passiflores, les étamines sont donc liypogynes , quoique la plupart di s botanistes placent ces plantes parmi les polypétales périgynes.

Pistil. Trois mamelons carpellaires superposés aux sépales 1 , 2 cl 3 constituent à l’origine tout le pistil. Mais ces trois mamelons ne restent pas longtemps libres et distincts; ils se rapprochent en grandissant et deviennent connés, de manière à produire une sorte de coupe à trois cré-

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