‹ Traite d'organogenie comparee de la fleurChapitre 54 sur 82 · FLEUR MALE · texte numérisé non relu

FLEUR MALE

Calice. Le premier organe qui apparaît, c’est le calice ; il est composé de cinq mamelons distincts à l’origine et dont deux sont antérieurs, deux latéraux et un postérieur. Dans YEcbalium elaterium il est facile de coitr stator que tes cinq mamelons naissent successivement dans l’ordre quinconcial ; mais dans le Cydanlhera pédala cela m’a toujours été impossible : ou je n’en voyais pas, ou je les voyais tous. Du reste, que leur apparition soit simultanée ou successive, on voit bientôt le réceptacle, qui est d'abord plat, se creuser en coupe, en sorte que les sépales qui sont portés par les bords de cette coupe semblent eonnés. Mais ce n’est là qu’une apparence, et la preuve, c’est que les pétales ne tardent pas à naître sur les parois internes des bords de cette coupe, ce qui ne pourrait pas être si ces ltords n'étaient pas axiles et étaient formés par des sépales eonnés à leur base. Dans l'/jcbalium elaterium , le calice grandit rapidement et les sépales recouvrent pendant longtemps les autres organes. Dans le Cyclanthera pédala , ait contraire, ils ne croissent presque pas, en sorte qu’à un certain âge, si l’on n’avait pas suivi pas à pas les phases diverses de leur développement , on croirait qu’ils ne sont nés qu’après les pétales.

• COROLLE, ARDROCÉE , PISTIL. 441

Corolle. Cinq pélalcs constituent la corolle dans toutes les Cueurbitaeées ; ils naissent tous à la fois et alternent avec les sépales. Libres à leur base i l’origine, ils deviennent connés et forment une corolle gamopétale dans le Cucurbita pepo , tandis qu’ils restent libres et distincts et forment une corolle dialypétale dans la plupart des autres genres. Ils croissent beaucoup plus rapidement que les sépales dans les Cyclanthera pédala ; en sorte qu’à un certain âge, pour quiconque n’aurait pas suivi pas à pas le développaient du calice et de la corolle, les sépales sembleraient apparaître après les pétales. Ajoutez à cela que, dans VEcbalium elaterium, les pétales, naissant sur les bonis de la coupe réecptaculaire, se dirigent verticalement comme les sépales et forment une sorlcde dôme très élevé au-dessus de celle coupe, tandis que dans les Cyclanthera pédala , ils naissent sur la paroi interne de ces mêmes bords et se dirigent horizontalement de manière à fermer la coupe réeeptaculaire par une sorte de couvercle plat an niveau de leur insertion.

Androcée. C'est sur la paroi interne des bords de la coupe réeeptaculaire, que l’on voit poindre les étamines. Elles apparaissent toutes à la fois et forment un vertieille situé un peu [dus lias (pie la corolle et le calice. Ce sont à l’origine, sauf dans le Cyclanthera, cinq mamelons distincts et alternant avec les sépales. Mais tandis que dans les Lu/fa , ces cinq mamelons restent toujours libres, dans d’autres genres tels que Cucurbita, Dry onia, Ecbalium, quatre de ces mamelons se groupent bientôt deux à deux, le cinquième restant isolé. 11 résulte de là que chaque groupe de deux est superposé à un pétale et que le mamelon isolé seul reste alterne.

Le mode de formation des anthères est aussi très singulier. Au premier abord, c’est une sorte de crête qui a la forme d’un are de cercle, et qui entoure l’un des côtés du filet élargi en connectif. Puis eette crête s’infléchit dans son milieu et prend l’aspect d’une N. J'ai donné en dessin toutes les transitions de cette anthère, persuade qu'un coup-d’œil jeté sur les figures fera comprendre ce mode de formation beaucoup mieux que tout' ce que je pourrais dire. Lorsque l’étamine est double , on a primitivement deux crêtes qui convergent l'une vers l’autre, et par suite on a aussi deu xNN à l’époque de l'épanouissement. Dans les Cyclanthera pédala, le centre de la fleur est circonscrit par un bourrelet circulaire, et c’est sur le pourtour du bourrelet que se développe le pollen dans deux loges superposées. La déhiscence de l'anthère se fait par une fente circulaire qui se produit vis-à-vis la cloison qui sépare les deux loges superposées.

Pistil. On n’ohscrve aucune trace de pistil dans la lleur mâle de la plupart des Cueurbitaeées ; seulement, dans 1 e Cucurbita pepo, on remarque au centre de la lleur, au fond de la coupe réeeptaculaire, une sorte de petite

ORDRE DES Cl'Cl'RBIT.VCÉES.

enceinte continue dont les bords sont peu élevés, et qu'on pourrait prendre pour les premiers linéaments d’un pistil avorté.

FLEIR FEMELLE.

Calice, corolle et androcée. Le calice et la corolle de la fleur femelle se développent exactement comme dans la fleur mâle. Quant à l’androcée, cela varie. Dans \esCyclanthera pédala, on n’en observe jamais aucune trace ; mais dans les Ecbalitm elalerium, au contraire, il se compose à l'origine de cinq mamelons entièrement distincts et alternes avec les [létales comme dans la fleur mâle ; quatre de ces mamelons se groupent également deux ;1 deux de façon à former deux étamines doubles superposées chacune à un [létale. Mais ces étamines doubles, comme l'étamine simple, s’arrêtent promptement dans leur croissance. On n’y remarque jamais d'anthères, et dans la fleur épanouie elles sont à peine visibles.

Pistil. Après les étamines apparaît le pistil. Ce sont d'abord trois mamelons entièrement distincts qui naissent aussi sur le bord de la eoupc réeeptaculaire, mais un peu [dus bas que les sépales, les [R:tales et les étamines. Ces trois mamelons grandissent, deviennent connés à leur base et forment au-dessus de la coupe réceplaculairc une sorte de couvercle qui en ferme [dus ou moins complètement l’orifice. Par suite de celle origine, ce couvercle a lui-même à son sommet une ouverture qui tend à se rétrécir de [dus en plus et qui est festonnée d’autant de festons qu’il y a eu primitivement de mamelons carpellaircs, c’esl-à-dire de trois. Ces festons sont les stigmates; chacun d’eux se bifurque et prend des formes très variées qu’un coup d’œil jeté sur les planches fera mieux comprendre que tout cequcje pourrais dire.

Lorsque les mamelons earpellaires deviennent connés, on voit poindre sur les parois internes de la coupe réccptaculaire qui forme la cavité ovarienne trois cordons qui alternent avec les mamelons. Ces trois cordons sont des placentas. Ils sont d’abord peu saillants et l’ovaire est uniloculaire ; mais en s’accroissant ils s’avancent vers l’intérieur et se rencontrent entre eux de façon à partager la cavité en trois compartiments ou loges. Il faut cependant noter qu'ils ne se soudent pas, et que par conséquent l’ovaire n’est pas absolument triloculaire. La portion des placentas qui s’avance ainsi s'élargit beaucoup, et il en résulte une sorte de bouclier qui est fixéà la paroi de l’ovaire par sa ligne médiane et dont les bords portent les ovules. Peu de temps après la fécondation, ce bouclier placentaire change de consistance, il devient extrêmement charnu cl se transforme en une pulpe générale dans laquelle il n’est plus possible de rien distinguer, et qui entoure

EXPLICATION DES FIGURES. 4Ô3

de toutes parts les ovules. Ceux-ci sont anatropes et se revêtent chacun de deux enveloppes.

C’est là la structure de YEcbalium elalerium, du Cucurbila pepo , de 1 a Bryonia dioiea, et en général de toutes les Cucurbitacées. Deux genres cependant font exception, ce sont les Cyclanthera et les Sycios, qui n’ont qu'un placenta au lieu de trois; ce placenta étant couvert d’un grand nombre d’ovules dans les Cyclanthera et ne portant qu’un seul ovule pendant dans les Sycios. J’ai étudié avec soin les phases diverses par lesquelles passe le pistil dans ces deux genres sur le Cyclanthera pedata et le Sycios angulata , et voici ce que j'ai remarqué :

Le pistil du Cyclanthera pédala diffère à quelques égards du pistil de YEcbalium elaterium. Quel ipie soit le moment où je l'ai observé, je n’ai jamais vu qu’un bonrrelel circulaire sur lequel il était impossible de reconnaître nettement trois jKirties constituantes. Ce bourrelet s'allonge un peu. Dans la cavité ovarienne que ce bourrelet circonscrit et qui devient de plus en plus profonde, on trouve à l’origine trois placentas ; mais un seul se développe et s’avance dans l’intérieur sans jamais se souder avec la paroi opposée. Les ovules naissent sur deux séries à mi-hauteur comme dans YEcbalium elaterium. Dans les Sycins, les trois mamelons carpellaires primitifs sont aussi distincts à l’origine que dans YEcbalium elaterium ; mais ils s’élèvent peu et ne se partagent jamais en deux branches, lin outre, bien qu’à l’intérieur de l'ovaire on observe d’abord trois placentas alternes , il n’y en a jamais qu’un de, fertile cl qui porte un seul ovule suspendu et anatropc.

EXPLICATION DES FIGURES

Cyclanthera pédala {Fleur mAlt).

Fig. 4. Apparition du calice dans la fleur môle du Cyclanthera pedata. Ce sont cinq mamelons, i, d'abord complètement distincts à leur base et naissant aux angles d'un réceptacle à surface plane et pentagonale.

Fig. 2. Calice un peu plus âgé. Le réceptacle commence à se creuser en une sorte de coupe dent les bords portent les sépales, », qui par suite semblent connés.

Fig. 3. Apparition des pétales, p, alternes avec les sépales, s. Le réceptacle a pris la forme d’un bassin pentagonal : aux angles de ce bassin sont les sépales ; sur les côtés sont les pétales. Seulement, tandis que les sépales sont sur le bord supérieur du bassin et se dirigent verticalement, les pétales naissent sur la paroi interne du bord du bassin et se dirigent horizontalement de manière à couvrir ce bassin.

Fig. 4. C’est la fig 3 vue decété : », calice ; p, corolle.

Fig. 5. Boulon un peu plus ôgé, pour montrer que les sépales, », grandissent peu, tandis que les pétales, p, s’accroissent beaucoup. Si l'on n’avait pas suivi le boulon dans ses

ORDRE DES Cl'Cl'RBITACÉES,

premiers développements, et si I on no voyait que I âge représenté dans celte 6g. 5, oh serait tenté de croire quo les sépales apparaissent après les pétales.

Fig. 6. Bouton au moment où l’anthère appar.ilt. Les pétales, p, ont encore beaucoup grandi et recouvrent presque toute la cavité réccptaculaire ; les sépales, a, au contraire, sont encore très petits.

Fig. 7. C’est le bouton do la fig. 6 dont on a coupé le calice et la corolle pour montrer l’anthère, et, qui a la forme d’un gâteau dont le milieu est légèrement affaissé*.

Fig. 8. C’ est la fig, 7 vue de face, et, étamines.

Fig 9. Étamine au moment où son sillon circulaire se remarque sur son contour et indique la future déhiscence.

Fig. <0. Étamine peu de temps avant la déhiscence.

Fig. 1 1 . Coupe longitudinale de l’étamine de la fig. 10.

€>claniltera pedafa {Fleur ftinelU).

Fig. 12. Jeune fleur femello du Cyclanthera pédala. Les sépales, », et les pétales, p, se sont développés comme dans la fleur mâle. Le pédoncule, p<i, est renflé et presque cylindrique, tandis qu’il a l'aspect d'un cône renversé dans la fleur mâle.

Fig. 13. Jeune pistil. C'est une sorte de bourrelet circulaire, sg, qui entoure une cavité ovarienne encore peu profonde ; c’est l’origine du stigmate.

Fig. 1 4. Pistil plus âgé. On a coupé le calice et la corolle pour montrer le bourrelet stigma tique, sg, qui s’est gonflé et dont l'ouverturo s’est rétrécie au point do fermer la cavité ovarienne.

Fig. 15. C' est le pistil de la fig. 1 i, déchiré et étalé pour montrer que la cavité ovarienne fermée par le bourrelet stigmatique, «g, présente sur ces parois trois placentas pariétaux, pl. De ces trois placentas, un seul porte des ovules.

Fig. 4 6. Portion d'un ovaire au moment où les ovules, ol, apparaissent sur le seul placenta, pl, qui a persisté et s'est gonflé de façon â remplir la cavité de l'ovaire.

Fig. <7. Le placenta, pl, delà fig. 16 isolé : ol, ovules: «, surface par laquelle le placenta était attaché à la paroi do l'ovaire.

Fig. 16. Même portion de pistil que dans la fig. 16, mais plus âgée : pl, placenta; of, ovule ; or, ovaire.

Fig. 19. Placenta, pl, de la fig. 18, isolé : ol, ovules tels qu’ils sont dans la nature. ol, ovules écartés pour montrer qu'ils s’enfoncent dans des cavités creusées dans lo placenta; a, surface par laquelle le placenta était attaché à la paroi do l’ovaire.

Fig. 20. Diagramme du pistil dont le placenta est représenté dans la fig. 19. pl, placenta ; ol, ovules ; ov, ovaire.

Fig. 21. Fleur au moment de l’épanouissement : or, ovaire; i, sépales; sg, stigmate.

Fig. 22. Stigmate isolé et grossi : sp, base du calice et de la corolle.

Fig. 23. Coupe longitudinale de la fig. 22 : sp, calice; et, étamine.

Fig. 2 t. On a enlevé dans la fig. 21 une portion de l’ovaire, ov, pour montrer le placenta, pl, chargé d'ovules.

Fig. 25. Placenta de la fig. 23, vu en dessous pour montrer quo les ovules, ol, naissaient dans des logeltes qui y sont creusées; a, surface par laquello le placenta était attaché à l’ovaire.

Fig. 26. Diagramme du pistil de la fig. 24 : pl, placentas; ol, ovules ; or, ovaire.

Fig. 27 et 28. Ovules à divers âges : n, nucello; m, mvcropyle ; h, hile.

SteyoH Batailla.

Fig. 29. Apparition successive des cinq sépales , a, dans la fleur du Sicyos angulata.

30. Apparition simultanée des cinq pétales, p, alternes avec les sépales, s.

Fig. 31. Coupe longitudinale de la fig. 30, pour montrer que le réceptacle s'est creusé en coupe, et que c'est sur les bords de cette coupe que naissent les pétales, />, un peu en avant des sépales, *.

Fig. 32. Bouton plus âgé : s, sépales; p, pétales.

Fig. 33. Coupe longitudinale de la fig. 32 : «, sépales; p, pétales; cp, mamelons carpellaires.

Fig. 34. Coupe longitudinale d'un bouton au moment où l'ovule, ol, apparaît sur un des trois placentas, pl : cp, mamelons carpellaires ; p, pétales ; «, sépales ; oc, ovaire.

Fig. 35. L'ovaire do la fig. 34, coupé et étalé pour montrer les trois placentas, p/, et l'ovule, ol, naissant sur l'un d'eux.

Fig. 36. Stigmates, cp, vus do haut.

Fig. 37. Stigmates, cp, au moment de l'épanoui ssoment de la (leur. Chacun d'eux est bilobé.

Fig. 38. Ovaire déchiré sur le côté pour montrer que l’ovule, o/, est anatrope et a son micropyle tourné vers le placenta, pl, et son raphé de l’autre côté.

r.uearblfa pepo.

Fig. 2 4 . Fleur mâle du Cucurbîta pepo au moment où les étamines apparaissent : p, pétales ; s, sépales.

Fig. 25. Coupe longitudinale de cette fleur pour montrer que les étamines, et, sont au nombre do cinq, alternes avec les pétales, p, et superposées aux sépales, *.

Fig. 26. On a coupé les sépales et les pétales d’un bouton un peu plus âgé, pour montrer que quatre étamines, elc, deviennent connées deux à deux, tandis que la cinquième, et, reste libre. Par suite, chaque double étamine est superposée à un pétale.

Fig. 27. Coupe longitudinale du bouton de la fig. 26 : elc, étamino double; et, étamine simple coupéo ; p, pétales ; a, sépales.

Fig. 28. Androcée au moment où l’anthère apparaît. Sur l'étamine simple, et, elle a la forme d’un arc de cercle ; sur l’étamine double, etc, ce sont deux arcs de cercle qui se louchent par une de leurs extrémités.

Fig. 29. Coupe d'un bouton un peu plus âgé : el'\ étamine double ; et , étamine simple.

Fig. 30. Androcée au moment où les anthères commencent à s'infléchir : ete, étamines doubles ; et, étamine simple.

Fig. 31 . Androcée au moment où l’anthère de l’étamine .simple, et, commence à prendre la forme d’une .Y, et l’anthère de l'étamine double, etc, celle de deux NN.

Fig. 32 et 33. Àndrocées de plus en plus âgés. Dans la fig. 32, on commence à apercevoir le sillon qui indique la déhiscence future de l'anthère ; dans la fig. 33 il est très nettement dessiné, et, étamine simple ; «Ie, étamines doubles.

Fig. 34. Coupe longitudinale d’une fleur mâle au moment do l'épanouissement. On voit que les anthères sont extrorses : elc , étamine double ; et, étamine simple.

Ecballam elaterluin.

Fig. 15. Position de la fleur, (!, par rapport à la bractéo môro, B.

Fig. (6. Apparition simultanée des cinq pétales, p, alternes avec les sépales, «, sur le bord de la coupe réceptarulaire.

ORDRE DES Cl'CUBBItACfiRS.

Fi?î. 47. Boulon un pou plus Agé. *, sépales ; p, pétales.

Fig 18. Boulon au moment do l’apparition des étamines : *, sépales: p, pétales.

Fig. 19. Coupe longitudinale du bouton de la fig. 18 : s, sépales; p, pétales; et, étamines.

Fig 20. Bouton au moment de l’apparition du pistil : *, sépales.

Fig. 21 . Coupe longitudinale du bouton delà fig. 20 : *, sépales ; p, pétales ; et, étamines ; cp, mamelons rarpellaires.

Fig. 22. On a coupé le calice et la corolle pour montrer de face les étamines , et, et le pistil, cp.

Fig. 23. Coupe longitudinale d'un bouton plus âgé : s, sépales; p, pétales; ri, étamines; cp, mamelons carpeliaires qui deviendront les stigmates ; pi, placentas .

Fig. 24. Stigmates, cp, et androcée, cl, du bouton dont la fig. 23 représente la coupe, vus de face.

Fig. 25. Coupe longitudinale d'un bouton au moment où les stigmates, cp, tendent à se bifurquer: 5, sépales ; p. pétales ; et, étamines ; pl , placenta.

Fig. 26. Androcée et stigmates de la fig. 25, isolés. On a coupé 1 étamine simple, et ; elc, étamines doubles; cp, stigmates.

Fig. 27. Stigmates plus âgés et déjà bifurqués : etr, et, cicatrices d étamines.

Fig. 28. Stigmates encore plus âgés : les deux branches, cp, sont déjà très grandes. cle, cicatrice d’une étamine double.

Fig. 29. Portion d’une coup* de l'ovalro du bouton dont les stigmates sont représentés dans la fig 28 : p/, placentas ; cp, stigmates.

Fig; 30. Un des placentas isolés pour montrer que la portion qui s avance vers le centre de la loge ovarienne est anguleuse.

Fig. 31 . Portion d'un ovaire coupé horizontalement et déchiré sur le dos d une loge pour montrer comment les placentas, pl, s’avancent l’un vers l’autre dans la loge, et pour faire voir que c’est seulement sur leurs bords latéraux, k, qu'ils portent les ovules.

Fig. 32. Portion d’un placenta au moment où les ovules, ol, apparaissent : a, est le côté qui regarde la paroi de l’ovaire ; b, est le cÔtéqui regarde l’intérieur de la loge.

Fig. 33. Un placenta chargé d’ovules, ol, et vu du côté de son attache, a, aux parois do l'ovaire.

Fig. 34. Stigmates au moment do l'épanouissement de la fiour : elc, étamines qui ont avorté.

Fig. 35. Coupe transversale de l’ovaire à l’époque de la fécondation. Les placentas, pl, se sont rapprochés au centre de la cavité et ils portent les ovules, ol, sur leurs bords.

Fig. 36, 37. Ovules ù deux âges différents : m, micropjle.

ORDRE DES COMBRÉTACÉES.

Cet ordre des Combrétacées a été établi par R. Brown ( Prodr., I, 351, et Flinders V oy., Il, 548). Il se compose d’un certain nombre de genres qu’Adanson et A.-L. Jussieu avaient placés les uns avec les Onagres, les autres avec les Thymélées. J’ai longtemps attendu en vain que quelques-unes des espèces qu’on cultive au Muséum d’histoire naturelle fleurissent et me permissent d’en faire l’organogénie. Mais cette année, j’ai été plus heureux. Un pied de Quisyualis indica s’est couvert de boutons dans les serres du jardin de l’École de médecine, et malgré les diflirultcs provenant de la petitesse des très jeunes fleurs et du peu de clarté qu’on a toujours à Paris au mois de novembre, j’ai pu observer en détail toutes les phases diverses par lesquelles ces fleurs passent depuis leur origine jusqu’à leur entier développement.

1 n/lorescence. Calice. I. 'inflorescence du Quisqualis indica est une grappe ; chaque fleur nuit à l’aisselle d’une bractée mère et n’est jamais accompagnée de deux bractées secondaires latérales. Le calice se compose de cinq sépales qui naissent successivement dans l'ordre quinconcial et qui sont disposés de façon que les sépales 1 et 2 soient latéraux, les sépales 3 et 5 antérieurs cl le sépale 4 postérieur ; libres à l’origine , ils sont pins lard à peine comtés, et si les botanistes ont décrit le calice comme gamosépale, cela tient à ce qu'ils considéraient les bords de la coupe réceplaculaire sur lesquels ces sépales sont insérés comme provenant de la réunion de la base de ces sépales.

Corolle. Les pétales sont au nombre de cinq; ils naissent tons à la fois et alternent avec les sépales. Lorsqu’ils apparaissent, le réceptacle a déjà pris la forme d’une coupe, et c'est sur les bords de cette coupe, sur un cercle un peu plus intérieur que le calice, qu’on les voit poindre. Le développement de pétales sur la paroi interne des bonis de celle coupe prouve bien évidemment que ces bords ne sont pas formés par la réunion des sépales, mais bien par l’axe réceplaculaire qui s’est évasé, cardes organes appendiculaires comme les sépales ont |iour caractère principal de ne pouvoir

ORIlIlK UES COMBRÉTACÉKS.

donner naissance à d'antres organes appendiculaires et de se distinguer par là essentiellement des organes axiles. Dans le bouton, ces pétales sont en prélloraison convolutivc.

Androcée. Il y a toujours deux verticilles d’étamines à l’androeée dans les Çuisqualis indica , l’un alterne avec les pétales et l’autre superposé. Tous deux naissent sur la paroi interne des bords de la roupe ivccplaculairc, niais le premier apparaît toujours avant le second, bien tpie les étamines qui le composent soient insérées beaucoup plus hasque les étamines qui constituent le second et qui sont à la base des [létales. Du reste, leur développement ultérieur n’offre rien de spécial. Chaque anthère est biloeulaire, introrse, et s’ouvre par deux fentes longitudinales.

Pistil. Lorsque les étamines sont nées, le fond de la coupe réeeptaculairc présente, dans son milieu seulement , une sorte de petit bassin circulaire qui est bordé par une étroite margelle; c’est sur cette étroite margelle qu’apparaissent trois mamelons earpellaires dont deux sont en arrière et un en avant. Libres d’abord à leur base, ces trois mamelons earpellaires deviennent promptement comtés et forment, au-dessus du bassin circulaire creusé au fond de la coupe réeeptaculairc, une sorte de dôme qui, se rétrécissant à son extrémité, se prolonge en un long style. Pendant que ces modifications se produisent dans cette partie supérieure et appendiculaire du pistil, le bassin circulaire qu’elle recouvre devient de plus en plus profond. Trois cordons blanchâtres se montrent sur ses parois et alternent avec les mamelons earpellaires primitifs; ces trois cordons blanchâtres, ce sont trois placentas pariétaux. Chacun d’eux donne naissance à un ovule qui s’insère à sa partie supérieure, à l’extrémité d’un long funicule. Chaque ovule se revêt de deux enveloppes, tourne à l’anatropiecn présentant son micropylc du côté du placenta pariétal qui le porte, et son raphé de l’autre côté.

Il résulte de là que le pistil des Çuisqualis indica se compose de deux parties : l’une infère, qui est axile et a la forme d’un vase dont l'orifice est beaucoup [dus étroit que le ventre; l’autre supère, qui est appendiculaire et a la forme d’un dôme qui recouvrirait la première comme d’un éteignoir. Comme l'orifice de la partie infère est très étroit, les ovules qui naissent sur les bords de ect orifice sont très rapprochés, pendent au milieu de cette partie infère qui est l’ovaire, et semblent attachés a sa voûte.

Si maintenant on compare l’ovaire du Çuisqualis indica et celui du Sicyos angutata, on est frappé de leur grande ressemblance. Dans tous deux, il n’y a qu'une seule loge à l’ovaire; dans tous deux il y a trois placentas pariétaux; dans tous deux l’ovule qui se développe sur le placenta est suspendu, anatrope, et tourne son micropylc vers le placenta et son raphé

EXPLICATION UES FIUIRES.

du côté oppose. La seule différence, o’esl que dans le (Juisqualis indica , chacun des placentas |K»rle un ovule, tandis que dans le Sicyos angulnla, l’un des trois placentas porte seul un ovule, les deux autres étant stériles. Celte différence même n’est que momentanée, car dans le Quisgualit indica, deux des ovules avortent plus tard, et le fruit devient monosperme comme dans le Sicyos angulata.

EXPLICATION DES FIGURES

OulftqiiallN tndlra.

Fig. 14. Position de la (leur par rapport à la bractée mère, H, dans le Quisqualit indica. Les deux sépales, «*, sont nés.

Fig. 15. Bouton plu9 âgé. Le calice est né; B, bractée mère.

Fig. <6. Bouton au moment de l’apparition des pétales.

Fig. 17. Coupe longitudinale de la ûg 16. Le réceptacle a pris la forme d'une coupe dont les bords portent les sépales, s, et les pétales, p.

Fig. 18. Apparition des étamines alternes, et ", sur la paroi interne des bords do la coupe réceptaculairc, mais beaucoup plus bas que les sépales, s, et les pétales, p.

Fig. 19. Apparition des étamines, et, superposées aux pétales, p. Elles sont inséréos sur la paroi interne des bords do la coupe réceptaculaire comme les étamines alternes, e mais beaucoup plus haut, immédiatement au-dessous dos pétales dont elles semblent presque nélre qu’un dédoublement, s, sépales.

Fig. 20. Apparition du pistil. Ce sont à I origine trois mamelons carpellaires, q>, superposés aux trois sépales et insérés sur une margelle qu’on remarque sur la paroi interne des bords de la coupe réceptaculaire ; *, sépales ; p, pétales ; et»*, et ei°, étamines alternes et superposées.

Fig. 21 . Bouton plus âgé, quo l’on a déchiré sur le cété pour montrer que les étamines, et*t el°, ont déjà leurs anthères divisées chacune on deux loges, et que les trois mamelons carpellaires primitifs sont devenus connés, et forment au contre de la fleur un cène ouvert à son sommet. *, sépales ; p, pétales.

Fig. 22. Ovaire de la flg. 21, isolé, pour montrer qu’il y a trois placentas pariétaux, p/, qui alternent avec les mamelons carpellaires primitifs.

Fig. 23. Coupe longitudinale du bouton de la fig. 10, pour montrer les insertions relatives de toutes les parties; «, sépales ; p, plaies; eta, et°, étamines; cp, style; p /, placenta ; or, ovaire.

Fig. 24. Coupe d’un bouton au moment où les ovules se revêtent de leurs deux enveloppes . s, sépales ; p, pétales ; eln , et°} étamines alternes et superposées, r, coupe réceptaculaire; cp, style; or, ovairo; o/, ovule.

Fig. 25. Ovule isolé : fy long funicule.

ORDRE DES ONAGRES

L'Epilobium spicattim , connu vulgairement sous le nom île laurier de Saint- Antoine, peut être considéré comme le type de cet ordre. Comme il est très commun, que ses (leurs sont très nombreuses, très grandes, qu'elles durent longtemps, et que l’on peut trouver facilement sur le même pied des boutons de tout âge, je l’ai choisi de préférence à tout autre pour sujet de mes recherches organogéniques sur ce groupe de plantes, et je n'ai étudié les genres voisins, tels que Œnolhera , Clarkia , etc., que pour m’assurer que leurs fleurs se développaient de la même façon.

Inflorescence. L'inflorescence de YEpilobium spicatum est un épi. Chaque fleur naît à l’aisselle d'une bractée mère, et n’est point accompagnée de deux bractées secondaires latérales.

Calice. I.e calice se compose de quatre sépales, dont deux sont latéraux, et deux sont, l'un antérieur, et l'autre postérieur. Les deux latéraux apparaissent en même temps et en premier lieu ; les deux autres n'apparaissent qu'ensuite, mais également tons deux A la fois. Libres A l’origine, ils restent toujours distincts, et si l’on décrit dans les ouvrages le calice comme gamosépale, cela tient à ce que le réceptacle s’étant évasé en coupe, les bords de celle coupe qui portent les sépales ont été considérés par les botanistes comme formés, non par l’axe, mais par les bases connées des sépales. Dans le bouton, peu de temps avant l'épanouissement de la fleur, la préfloraison du calice est valvaire.

Corolle. Les pétales sont au nombre de quatre; ils alternent avec les sépales, et se montrent tous A la fois. Leur croissance est peu rapide dans le premier Age, en sorte qu’ils sont bientôt dépassés par les étamines, qui sont cependant nées plus lard. Ce n’est que peu de temps avant l’épanouissement qu’ils grandissent tout A coup, se disposent en préfloraison eonvolulivc, et recouvrent tous les autres organes.

Androcée. Il y a deux vcrtieilles de quatre étamines chacun A l’androeée : le premier (pii apparaît sur le réceptacle est superposé au calice.

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le second est superposé à la corolle. Par suite , les étamines du premier sont toujours plus grandes que celles du second. A aucun âge elles ne sonl connées entre elles; seulement, quand le réceptacle S'est transformé en une coiipe réeeplaeulaire , c’est sur la paroi interne des bords de cette coupe , au-dessous des sépales et des pétales, quelles sont insérées. Leur développement ultérieur, du reste, n’offre rien de particulier. Leurs anthères deviennent biloeulaires, introrses, et s’ouvrent chacune par deux fentes longitudinales.

Pistil. Lorsque les étamines sont nées, le réceptacle, qui était plat, semble s’affaisser dans sou milieu, et il eu résulte une sorte de petit bassin circulaire sur les bords duquel on remarque bientôt quatre petits mamelons carpellaires superposés aux pétales. Libres d’abord, ces petits mamelons carpellaires ne tardent pas à devenir connés â leur base, et à former audessus du petit bassin circulaire une sorte de toit quadrangulaire présentant à son sommet une large ouverture bordée de quatre festons. Plus le bouton grandit, plus ce toit s’élève, plus son ouverture supérieure diminue de largeur, et il arrive un moment où ce toit a l'aspect d’un tuyau de cheminée dont l'extrémité est bordée de quatre crénelures. Celle sorte de tuyau de cheminée c’est le style, et les quatre crénelures sont les stigmates.

Pendant que ce toit, formé par les quatre mamelons carpellaires primitifs, subit toutes ces transformations, des changements se produisent aussi dans le petit bassin circulaire qu'il recouvre, et dont le fond était, dans les premiers temps, parfaitement uni. Ces changements consistent principalement dans l’apparition sur le fond du petit bassin circulaire de quatre petites fossettes, situées île façon qu’il y en a une au pied de chaque mamelon carpcllaire primitif. Ces petites fossettes sont les rudiments des loges; elles deviennent de plus en plus profondes, et forment autant de puits, dans l'angle interne de chacun desquels se montrent bientôt deux gros cordons placentaires. A cette époque, la cavité ovarienne, recouverte par le style, se compose donc de deux parties, l’une inférieure, quadriloculairc, et l’autre supérieure, uniloculaire. Mais celle-ci ne reste pas longtemps ainsi : des cloisons alternes avec les mamelons carpellaires, et continuant par conséquent les cloisons qui séparent les loges de la partie inférieure, se montrent sur les parois et s’avancent vers le centre, s’v soudent, eu sorte que la partie supérieure de la cavité ovarienne devient quadriloeulaire comme la partie inférieure, mais par un autre procédé, puisque, dans le premier cas, ce sont des trous qui se creusent dans le fond du réceptacle, tandis que, dans le second, ce sont des cloisons qui ,

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