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FLEUR MALE

La fleur mâle dans les Bégonia naît, comme la fleur femelle, à l’aisselle d’une bractée mère, et est toujours accompagnée de deux bractées secon» daires latérales fertiles. Elle se compose de deux verticilles d’enveloppes florales. L’un, le plus extérieur, apparaît en premier lieu ; deux sépales seuls le constituent; ils alternent toujours avec les deux bractées latérales fertiles, en sorte qu’il y en a un en avant et un autre en arrière. Ils croissent très vite, se rapprochent et s’appliquent l’un contre l’autre, de manière i recouvrir complètement le reste de la (leur. L’autre verlicillc d’enveloppes florales n’apparaît qu’ensuilc. Deux sépales aussi le constituent ; ils sont latéraux et alternent avec les deux premiers sépales; ils grandissent beaucoup moins vite, et souvent même ils ne se développent point du tout et s'atrophient aussitôt leur naissance.

Ces deux verticilles d’enveloppes florales constituent-elles un calice et une corolle, ou n’est-ce qu’un double calice ? Telle est la question qui a été longtemps débattue par les botanistes et qui le sera sans doute encore. Je la crois tout aussi oiseuse que celle de savoir si dans les Lis, il y a un calice et une corolle, ou seulement un double calice, et je renvoie par suite Ce que j’ai à dire à ce sujet à l’époque où je traiterai de l'organogénie de ces Monocotylédoncs.

Les étamines sont toujours très nombreuses ; elles apparaissent dans le

ORDRE DFS BKGON'IAC.KKS.

Bégonia sanguinea de la base au sommet, sur une sorte de cône formé par l'extrémité du réceptacle. Pendant longtemps, l’inégalité de leur grandeur indique nettement leur différence d’âge, les inférieures ayant déjà leurs anthères dessinées que les supérieures sont à peine visibles. Elles sont biloculaircs, cxlrorscs, et s’ouvrent par deux fentes longitudinales.

Dans le Bégonia eriocaulis, les étamines, au lieu de se développer tout autour du mamelon réreptaeulaire central, n’apparaissent d'abord que sur le côté qui regarde la bractée încre et à sa base ; puis on voit l’éruption staminale, si je puis m’exprimer ainsi, gagner peu à peu le sommet pour redescendre de l'autre côté, en sorte que les étamines naissent de la base au sommet ou du sommet à la base, selon que l'on examine leur développement du côté de la bractée mère ou du côté opposé.

EXPLICATION DES FIGURES

Urgent la eriocaulis.

Fig. t. Portion delà Heur mâle par rapport à la bractée mère, B, dans le Bégonia erio&nilit: 6, bractées secondaires latérales; a, sépales.

Fig. î. Inflorescence plus âgée que dans la ftg. ! . Les bractées latérales, b, ont produit chacune uno fleur à leur aisselle fl, bractée mère ; «, sépales.

Fig 3. Apparition de la corolle; ce sont deux pétales, p, alternes avec les sépales; s*, tP\ f «st coupé.

Fig. 4. Apparition des étamines, et; elles naissent successivement sur un seul cité du réceptacle, de la base au sommet, p, pétales.

Fig. S. Réceptacle vu de côté pour montrer quo les étamines, et, ne se montrent bien que d’un seul côté ; t, sépales.

Fig. £. Le réceptacle a changé do forme. I) a maintenant l'aspect d'un plan incliné Les étamines, rt, qui sont nées les premières, sont en haut ; celles qui se sont développées ensuite sont d'autant plus bas qu'elles sont plus jeunes. Ce changement de forme dans le réceptacle est dû à ce quo la partie du réceptacle comprise entre le sépale anté- * rieur, *", et les premières étamines, s est considérablement allongée.

Fig. 7. Réceptacle de la fig. 6 vu de côté : et, étamines ; te, sépales.

Fig. 8. La partie du réceptacle comprise entre les pnemières étamines et le sépale antérieur, t", avant continue de s'allonger, le réceptacle a repris la forme conique, mais il n'y a aucune étamine du côté antérieur du cône, tandis quelles sont toutes du côté postérieur, où les plus âgée9 sont ou sommet et les plus jeunes à la base. »«, tP, sépales. Fig. 9. Réceptacle de la fig. 8 vu de côté : et, étamines ; s", tP, sépales.

Fig. 10. Jeune inflorescence femelle : B, bractée mère ; t, bractées latérales secondaires ;

fl, fleur dans laquelle les cinq sépales seuls sont nés.

Fig. 1 1 . Fleur |ieu do temps après 1 apparition du pistil : s3, «>, a3, sépales.

Fig. lï. Fleur de la fig. H veo de face: «3, »\ sépales; cp, mamelons carpel-

laires ; p t, cloisons placentaires.

Fig. 13. Coupe longitudinale de la fleur de la fig. Il : », sépales; cp, mamelons carpellaires ; /, loges.

EXPLICATION HES FIGURES. 439

Fig. 14. Fleur un peu plus âgée que dans la fig. 1 1 : «, sépales. On commence à apercevoir les ailes, a, de l'ovairo.

Fig. 1 5. Pistil d une fleur plus âgéo. On a déchiré une loge sur le dos pour montrer le placenta, a, ailes de l’ovaire; cp, mamelons carpelluires qui se bifurquent à leur sommet en deux stigmates, cp\ cp"; » , cicatrice du calice. On commence à apercevoir, en sg, les bourrelets qui se recouvriront de papilles stigma! iquos.

Fig. 16. Deux stigmates bifurqués pris dans un boulon au moment de l'an thèse, cp', cp", branches do l’un des mamelons curpellaires primitifs, sur lesquels s'est développé le bourrelet sligmatique, *g.

Fig. 17. Coupe transversale d'un pistil un peu plus âgé que dans la fig I 5: or, ovaire; pl, placentas.

Btffonla rilpctaïQ.

Fig. 18. Pistil du Bégonia dipetala pou de lomps avant l'apparition des ovules. Une des loges est déchirée sur lo dos pour montrer le placenta, pl, attache dans l’angle interne ; s, cicatrice du calice ; cp cp", branches du mamelon carpellaire primitif qui se bifurque ; »g, bourrelet sligmatique qui commence à apparaître.

Fig. 19. Pistil delà même plante, mais plus âgé. On a également déchiré une loge sur le dos pour montrer lo placenta, pl, couvert d’ovules; », cicatrice du calice; cp\ cp", branches du mamelon carpellaire primitif qui s'est bifurqué ; tg, bourrelet sligmatique.

Bégonia Incarnat*.

Fig. 20. Jeune bouton dune fleur de Bégonia incarna ta , dont on a coupé quatre sépales et dont on a déchiré une loge sur le dos pour montrer les deux placentas, pl.

Fig. 21 . Coupe transversale d'une loge de l'ovaire d‘un bouton plus âgé pour montrer les deux branches du placenta, pl.

Brgonla ungnlnea.

Fig. 22. Fleur mâle du Bégonia aanguinea , dans laquelle on voit que los étamines, et, naissent surtout le pourtour du réceptacle; s, sépales.

ORDRE DES CUCURBITÀCÉES.

L’ordre des Cucurbitacécs est un des plus intéressants à étudier au point de vue orgnnogénique. Que n’a-t-on pas dit en effet sur les vrilles de ces plantes! Que d’explications différentes n’a-t-on pas dounées de la placentation de leur ovaire! Que de discussions sur la question de savoir s’il existe à la fois un calice et une corolle I Que d'opinions émises sur la nature des étamines et leur origine ! Aussi ai-je suivi avec soin le développement de la fleur dans presque tou» les genres, et aujourd’hui que toutes ces questions sont résolues pour moi, je suis convaincu qu’il a fallu certainement plus d’efforts, par suite des mauvaises méthodes dont on s’est servi, pour inventer les fausses théories qu’on a émises, qu’il ne m’en a fallu pour trouver la vérité.

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