‹ Traite d'organogenie comparee de la fleurChapitre 59 sur 82 · SECTION DES U OS ES · texte numérisé non relu

SECTION DES U OS ES

Les Roses ressemblent tellement aux Benoîtes qde , quand on a fait l’organogénie florale des unes on a presque lini celle des autres. Dans les Roses, en effet, comme dans les Benoîtes, la fleur se eompose d’un calice de cinq sépales qui apparaissent successivement dans l’ordre quinconcial, d’une corolle de cinq pétales qui se montrent tous à la fois et se disposent en préfloraison quinconeiale ; d’un grand nombre de verlieilles d’étamines qui alternent les uns avec les autres, et qui naissent successivement de

SECTION DES POTENTILLES.

haut en lias sur les parois internes d’une coupe réecplaculaire, phaque verlicille étant de dix étamines; enfin, d’un grand nombre de carpelles qui sont insérés sur nn tubercule produit par le renflement du fond de cette coupe réceptaeulaire, les plus jeunes étant au sommet et les plus âgés à la base. Elles s'en distinguent seulement en ce que la coupe réceptaeulaire, au lieu de rester toujours largement ouverte, s’étrangle à sa partie supéi rieurc et prend l'aspect d’une bouteille, et que le seul ovule ou les deux ovules qui naissent dans chaque ovaire, au lieu do diriger leur mieropyle vers le fond de la loge, le dirigent, au contraire, vers le sommet.

SECTION DES POTENTILLES.

Les Potentilles sont intermédiaires aux Benoîtes et aux Hoses. Elles ressemblent aux Benoîtes par la forme évasée de leur coupe récoptaculairo, et aux Roses par leurs ovules dont le mieropyle regarde le fond de la loge. Elles peuvent dune être définies des Benoîtes dont les ovules ont le mieropyle supère, ou des Roses dont la coupe réceptaeulaire ne s'est point étranglée en forme de bouteille et est restée largement ouverte.

Calicule, calice. — Dans le Rubus tomentosus et le Fragaria collina, que j’ai pris pour type, il y a un calice de cinq sépales qui apparaissent successivement dans l’ordre quinconce, il et qui sont placés de façon qu’il y en a deux antérieurs, deux latéraux et un postérieur. Mais dans le Fragaria collina, on remarque toujours un calicule composé tantôt do cinq folioles alternes avec les sépales, tantôt de dix folioles groupées par paires qui alternent avec les sépales, et comme ce calicule apparaît toujours après le calice, il ne peut être douteux pour personne qu’il ne soit formé par les stipules des sépales, comme Aug. Saint-Hilaire l’avait trouvé depuis longtemps par la méthode analogique. Dans le Rubus tomentosus, on n'aperçoit jamais la moindre trace de calicule.

Corolle , androcée. Les pétales sont au nombre de cinq dans ces deux plantes et alternes avec les sépales; ils se montrent tous à la fois et se disposent dans le bouton en préfloraison qninconciale. Les étamines sont ordinairement au nombre de vingt dans le. Fragaria collina, et disposés, comme les vingt étamines du Spima lœviyata, sur trois vcrticilles qui apparaissent successivement du sommet à la base sur les parois internes de la coupe réceptaeulaire ; le verlicille qui apparaît le premier et qui est par conséquent le plus élevé, étant composé de dix étamines, groupées defaçon qu'il y en a une à droite et une à gauche de chaque pétale ; les deux antres verlicilles ne comprenant chacun que cinq étamines. Dans le Rubus

ORDRE DES ROSACÉES

tomenlosus, les élainliics sont très nombreuses ; elles se montrent sur un bourrelet que tapisse la paroi interne de la eou[>e réeeptaculairc, comme une éruption de petits mamelons qui, commentant près des pétales, s’en éloignerait peu à peu.

Pistil. Comme dans les Roses, le pistil se compose d'un grand nombre de carpelles qui apparaissent successivement de la base au sommet sur le fond de la coupe réceptaeulaire qui s’est bombe. Dans le Rubus tomenlosus , les carpelles n’offrent rien de particulier; mais dans le Fragaria collina , chacun de ces carpelles, par suite d’inégalités de développement entre ses diverses parties, présente quelque chose d’analogue à ce que j’ai décrit dans le Limnanlhes Douglasii , c'est-à-dire un style latéral et un ovaire gynobasique.

Les ovules sont ordinairement au nombre de deux, disposés comme dans les Roses, de façon que leur micropyle soit externe et regarde le sommet de la loge.

SECTION DES A1GREMOINES.

J'ai étudié également dans cette section deux genres: les Aremonia et les Agrimonia , et voici le résultat de mes observations.

Calicule. Calice. Les sépales sont au nombre de cinq dans V Aremonia agrimonioides et dans VA grimonia eupatoria. Ils sont libres entre eux jusqu’à la base et constituent un calice polysépalc ; la coupe sur les bords de laquelle ils sont insérés, n’étant point formée par leur base eonnée, mais par le réccptale qui s’est évasé. Ils apparaissent successivement dans l’ordre quinconcial, et quand ils sont nés, on voit poindre, alternes avec eux et un peu en dehors, cinq mamelons qui en se développant formeront ce que les botanistes appellent le calicule. Ces cinq mamelons externes sont toujours simples, à quelque âge qu’on les examine ; mais quand on se rappelle que dans les Fraisiers ils sont souvent doubles, on ne peut douter qu’ils ne représentent chacun deux stipules connées congénitalement de deux sépales voisins.

Dans V Aremonia agrimonioides , la fleur avec son calice et son caticule est, en outre, enveloppée dans un sae dont l’ouverture est bordée d’un grand nombre de divisions. Qu’est-ce que ce sae ?que représente-t-il ? Lorsqu’on suit l’organogénie de ce sac, on ne tarde pas à se convaincre qu’il est formé par deux bractées qui, d’abord libres entre elles, deviennent promptement connées, et que les lanières qui le surmontent ne sont autre chose que les lobes de ces deux bractées et leurs stipules. En effet, on voit poindre d’abord les deux lobes médians de chacune de ces bractées, puis

SECTION DES A1GREMOINES.

à droite et à gauche de chacun de ces lobes médians deux mamelons qui sont les stipules, et enfin entre chaque stipule et le lobe médian de la bractée d’autres mamelons d’autant plus jeunes qu’ils sont proches de la stipule, et qui ne sont que les lobes latéraux de la bractée. Ces bractées apparaissent avant le calice et le caliculc, mais elles ne se lobent qu’après et par conséquent qu 'assez, tard.

Corolle. Cinq pétales alternes avec les sépales constituent la corolle. Ils naissent tous en même temps sur les parois internes de la coupe réeeptaculaire. Ils sont toujours libres jusqu’à leur base, et forment une corolle polypétale. Dans le bouton, ils se disposent en préfioraison quinconciale.

Androcée. Les étamines ne sont qu’au nombre de cinq dans Y A remonta agrimonioïdes et alternent avec les pétales. Au moment où elles apparaissent, le réceptacle s’est à peine relevé sur scs bords pour prendre la forme d'une coupe. Elles sont par suite insérées d'abord sur le fond de cette coupe réeeptaculairc, sur un cercle un peu plus intérieur que la corolle qui est née peu de temps auparavant. Dans YAgrimonia eupatoria, le nombre des étamines varie beaucoup suivant la vigueur de la plante. En général, on n’en compte guère plus de cinq dans les fleurs cueillies dans la campagne, et alors elles sont comme dans YAremonia agrimonio'ides, superposées aux sépales, tandis que dans les fleurs cueillies au Muséum d’histoire naturelle, j’en ai compté parfois jusqu’à vingt. 11 y a cependant, au milieu de ces variations, quelque chose de constant qu’il importe de noter. Quel que soit leur nombre, les étamines sont toujours groupées en cinq phalanges alternes avec les (létales.

Il était intéressant de savoir dans quel ordre se développent ces étamines lorsqu’elles sont nombreuses. Voici ce (pie j’ai constaté dans les fleurs à vingt étamines. Peu de temps après l’apparition des pétales, cinq étamines apparaissent d’abord ; elles sont supcqiosées aux sépales et représentent évidemment les cinq étamines de YAremonia agrimonio'ides. Dix autres étamines naissent ensuite. Elles sont sur un verlicille situé sur les parois de la coupe réceptaeulaire, un peu plus bas que le premier, et leur disposition est telle qu’il y en a une à droite et une à gauche de chacune des cinq étamines. Enfin, on voit poindre plus bas encore les cinq dernières étamines qui sont exactement superposées aux cinq étamines du premier verticille.

Pistil. Lorsque les étamines sont nées, le pistil apparaît sur le fond du réceptacle qui s’est légèrement bombé. Ce sont, à l'origine, deux mamelons entièrement celluleux et arrondis qui prennent bientôt l’aspect d’une feuille dont les bonis se rapprochent et se soudent pour former ce que les botanistes appellent un carpelle. La fente produite par le rapprochement de ces

ORDRE DES ROSACÉES

bords est la fente carpellaire. Elle descend d'abord jusqu’à la base du carpelle ; mais elle en est bientôt éloignée par une portion du réceptacle qui se soulève pour former le placenta et sur laquelle apparaît un ovule. Cet ovule est inséré immédiatement au-dessous de la fente carpellaire ; il se revêt peu à peu de ses enveloppes, devient anatrope, tourne son micropyle vers l’extérieur et a son raphé contigu avec le placenta. D’un autre côté, le sommet de chaque carpelle s’allonge en un style qui se recouvre de papilles sligiuatiques à sou extrémité élargie.

EXPLICATION DES FIGURES

(•ram urbKinitu.

Fi", t . Position de la fleur par rapport R labractéo mère, B: b, bractée latérale secondaire.

Fig. 3. Apparition des trois premiers sépales, a’, iJ. b, bractée secondaire latérale.

Kg, 3. Apparition des pétales, p, alternes avec les sépales, « : b, bractée secondaire latérale.

Fig. i. Apparition des divisions du caliculc, en. Elles sont alternes avec les sépales, «, et superposées au* (létales, p.

Fig. S. Fleur au moment de l'apparition des étamines : b, bractée secondaire latérale ; en, calicule; «, calice.

Fig. 6. Coupe de la fleur de la fig. 8: », calice; p, pétales; el, étamines nées les premières ; et', étamines nées ensuilo.

Fig. 7. Coupe d'une fleur plus âgée : «, calice ; p, pétales ; «(, et', étamines.

Fig. 8. Portion centrale du réceptacle de la fleur précédente sur laquelle apparaissent les carpelles, cp.

Fig. 9. Portion centrale du réceptacle d une fleur plus âgée. Los carpelles, cp, sont plus nombreux, et l’on voit très nettement qu’ils apparaissent de bas en haut.

Fig 10, Coupe longitudinale d une portion du pistil. Los ovules, ni, apparaissent dans les carpelles les plus âgés de chaque côté de la fente carpellaire.

Fig. Il, 12, 13, U. Carpelles de plus en plus âgés ; f, fente carpellaire produite par les bords rapprochés de chaque carpelle.

Fig. 4 5. Coupe longitudinale du carpelle de la fig. 1 i, pour montrer les ovuies, ol.

Fig. 16. Le même carpelle, déchiré sur le dos, pour montrer que les ovules, ni, naissent sur les bords de la fonte carpellaire, (,

Fig. 17. Pistil au moment de l'épanouissement do la fleur.

Fig. 18. Un carpelle de ce pistil isolé : oc, ovaire : si, style: tg, stigmate.

Fig. <9. Stigmate isolé.

Fig. 20. Ovaire du carpelle do la fig. 1 8, déchiré sur le dos, pour montrer que l'un des deux ovules, ol, ol', avorte.

Fig. 21 . Coupe longitudinale du même carpello : oc, ovaire; A, hile: m, micropyle

Fig. 22. Ovule isolé ; A, hile; m, micropyle.

Rom atplDa.

Fig. 23. Apparition des pétales, p, alternes avec les sépales, i, dans la Bran alpiun.

EXPLICATION UES FIGURES. 507

Fig. 24. Coupe d'un boulon üu moment où deux étamines, et , se montrent a droite et à gauche de chaque pétale, p : a, calice.

Fig. 25. Bouton au moment de l'apparition des carpelles.

Fig. 26. Coupe longitudinale de ce bouton : a, calice; p, pétales: et, étamines; cp, carpelles.

Fig. 27. Coupe longitudinale d’un bouton plus âgé : s, calice; p, corolle; et, étamines.

Fig. 28. Boulon dans lequel la coupe réceptaculaire tend à se rétrécir à son sommet.

Fig. 29. Coupe longitudinale dé ce bouton : », calice : p, corolle : et, étamines ; cp, carpelles.

Fig. 30, 3l, 32, 33, 34, 35. Carpelles à divers âges: f, fente carpellaire.

Fig. 36. Stigmate du carpelle de la fig 35.

Fig. 37. Carpelle de la fig. 33, déchiré sur le dos, pour montrer que les ovules, ol, s’insèrent do chaque côté de la fente carpellaire, (. «

Fig. 38. Carpelle de la fig. 35, déchiré également sur le dos, pour montrer les deux ovules, 0/, insérés de chaque côté de la fente carpollaire, f.

PLANCHE Cl.

Knba« tomentoau'».

Fig. \ . Position de la Heur du Rubui tomentosus par rapport à la bractée mère, B; 1 ordre de grandeur des sépales indique l’ordre do leur naissance. b, bractées latérales secondaires, à l'aisselle de chacune desquelles naît une fleur.

Fig. 2. Apparition dos pétales, p, alternes avec les sépales, s1, sa, a3, s4, a5.

Fig. 3. Apparition de l’androcée : c’est une sorte de bourrelet entourant la base de la partie centrale du réceptacle, qui s’est gonflée et a pris une forme hémisphérique. Dix étamines, et, seulement, sont nées : elles sont par groupes de deux, placées l’une à droite et l'autre à gauche de chaque pétale, p. a1, a2, a3, a4, a*, sépales.

Fig. 4. Bouton un peu plus âgé que dans la fig. 3 et dont on a coupé le calice, a, pour montrer l'intérieur de la fleur; outre les dix étamines, et, qui sont nées toutes à la fois par groupes de deux, l une à droite et l'autre à gauche de chaque pétale, p , il en apparaît un grand nombre d’autres sur le bourrelet androcéen ; il en résulte comme une sorte d'éruption staminale qui va de la circonférence vers le centre.

Fig. 5. Coupe longitudinale d'un bouton au moment ou les carpelles, cp, apparaissent sur la partie centrale du réceptacle : s, calice ; p, pétale; et, étamines.

Fig. 6. Bouton dont la coupe longitudinale est représentée dans la fig. 5.

Fig. 7. Coupe longitudinale d'un bouton plus âgé : s, calice; p, pétales; et, étamines . ep, carpelles.

Fig. 8. Portion centrale du réceptacle du bouton dont on a représenté la coupe longitudinale dans la fig. 7, afin démontrer que les carpelles qui apparaissent à sa surface sont d’autant plus âgés qu’ils sont insérés plus bas.

Fig. 9, 4 0 et H . Carpelles à divers àge3 : f, fente produite par le rapprochement des deux bords carpellaires.

Fig. 1 2. Carpelle de la fig. i 1 , déchiré sur le dos. On voit dans le fond la fente, f.

Vremoula a&rlmonlolde*.

Fig. 13. Boulon do l’^renionia agn'nwniuides au moment de l’apparition du calicule, cei. Les sépales, a, sont déjà grands, b, bractées latérales secondaires.

Fig. 14. Le même bouton vu do haut pour montrer les pétalos, p, alternes avec les sépales, a, et les étamines, et.

ORDRE DES ROSACÉES

Fig. 4 5. Boulon beaucoup plus âgé. Le calice, «, a beaucoup grandi ; le caliculc, ca. au contraire. est à peine encore développé. Les deux bractées latérales, b, sont presque connées à leur base.

Fig. 4 6 . Coupe longitudinale de ce bouton. On a enlevé le pistil pour montrer l’insertion relative des pétales, p, du calicule, ca, des étamines, el , et des sépales, ».

Fig. 17. Pistil composé de deux carpelles dans chacun desquels on remarque l'ovaire, or, le style, si, et la partie qui se recouvrira de papilles stigmatiques, sg.

Fig. 4 8. ün de ces deux carpelles déchiré sur le dos pour montrer l'insertion de l’ovule, oU

Fig. 4 9. Pistil au moment de l'épanouissement de la fleur ; un des ovaires est déchiré sur le cété pour montrer l'ovule, ol. »t, style : »g, stigmate.

Fig. 20. Un stigmate isolé et grossi.

Agrimonla topatorla.

Fig. 21. Jeune bouton d 'Agrimonia eupatoria, au moment où cinq premières étamines, et, apparaissent alternes avec les pétales, p, et superposées aux sépales, »‘, «*, s3, a4, s5.

Fig 22. Coupe longitudinale d'un bouton au moment où le pistil, cp, apparaît : », calice ; p, pétale ; et, étamines premières nées ; et\ étamines nées ensuite.

Fig. 23. Bouton au moment où des pointes, ap , apparaissent sur lo pourtour extérieur de la coupe réceptaculaire : », sépales ; b, bradées latérales.

Fig. 24. Coupe longitudinale d'un bouton : cp, l'un des carpelles; el, et #, étamines; p, pétales; », sépales ; b , bractées latérales.

Frafarla coltina.

Fig. 44 . Jeune pistil de Fragaria coltina : or, ovaire; *f, style; f , fente carpellaire.

Fig. 42. Pistil plus âgé : or, ovaire; «f, style ; f, fente carpellaire.

Fig 43. Pistil monstrueux présentant deux ovaires, or, or', avec un seul style, st ; ft fente carpellaire.

Fig. 44. Pistil monstrueux plus âgé. L'ovaire fertile, ov, est déchiré pour montrer l'ovule, ol ; ov', ovaire stérile.

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