‹ Traite d'organogenie comparee de la fleurChapitre 62 sur 82 · ORDRE DES PAPILIONACÉES · texte numérisé non relu

ORDRE DES PAPILIONACÉES

Les Papilionacées peuvent se diviser, au point de vue de leur symétrie, en deux groupes. Les unes, eouune le Harieot, le Trèlle, ele. , ont deux sépales en arrière, et par suite le pétale appelé étendard en arrière; les autres, comme les Erythrina, ont deux sépales en avant, comme dans la plupart des (leurs pentamères, et par suite l’étendard en avant également. J’ai étudié parmi les premières le Trifolium ochrolcncum el le Ijtlhyrus sylveslris, et parmiles secondes VErythrina corallodendron, et voici en peu de mots ce que j’ai observé.

Inflorescence. Dans le Haricot, le Cytise, le Ijathyrus, le Trèfle, l'inflorescence présente deux degrés de végétation ; il y a un axe principal et des axes secondaires terminés chacun par une fleur ; mais les axes secondaires sont tantôt tous assez longs, cl alors on a une grappe comme dans les Cytises et les ! jathyrus; tantôt, au contraire, très courts, (le façon que les fleurs qui les surmontent sont scssilcssur l’axe principal, et alors l’inflorescence est un épi, comme dans le Trifolium ocltroleucum . D’un autre côté, la fleur n’est jamais accompagnée de bractées secondaires latérales, et c’est un fait digne d'être noté, car il est assez rare dans le règne végétal . Dans VErythrina corallodendron, l'inflorescence procède par dichotomie ; ;1 l'aisselle de chaque feuille mère on observe une petite cyme contractée de trois fleurs. Yoici comment les choses peuvent s’expliquer. L’axe principal, né à l’aisselle de la feuille mère, donne naissance d’abord è detix bractées latérales opposées qui sont fertiles , puis au-dessus à deux bractées en croix avec les premières, mais dont l’antérieure seule se développe, enfin un peu plus haut encore à deux bractées latérales opposées qui sont superposées aux premières et restent stériles, et ce n'est qu’après la production de Ces bractées qu’il se termine par une fleur. Les axes secondaires, nés des deux bractées latérales opposées qui se sont montrées d’abord , ne portent chacun que deux bractées latérales opposées stériles avant la (leur. On ne compte donc qu’un seul neeud vital sur les axes secondaires, tandis qu’on en compte trois sur l'axe principal.

’UkllRK DES PIPILIONACÉES.

Calice. I.t> calice se compose île i'ini| sépales qui apparu issenl successivement il’avanl on arrière dans lo Trifolium ocliroleurum. I.’un do oos sépales osl antérieur et apparaît on premier lion ; doux autres sont latéraux et naissent ensuite; enfin on voit poindre les deux postérieurs. Ces cinq sépales, libres à l’origine, deviennent promptement eonnés et forment un calice gamosépale. Dans les Erylhrina, la position des sépales est inverse, c’est-à-dire qu’il y en a deux antérieurs, deux latéraux et mi postérieur. Ils apparaissent successivement dans l’ordre quinconcial , l’un des antérieurs d'abord, le postérieur ensuite, puis l’autre antérieur, et enfin les deux latéraux.

Corolle. Dans le Trifolium ochroleucum , les pétales sont au nombre de cinq et apparaissent successivement d’avant en arrière : il y en a deux antérieurs, qui se montrent les premiers ; deux autres sont latéraux cl naissent ensuite; le cinquième est postérieur et apparaît en dernier lieu : c’est l'étendard . Ces pétales, libres pendant longtemps, deviennent eonnés à leur base, et la corolle est gamopétale. Dans le iMthyrus sylvestris, les choses se passent à peu près de même, à celle différence près que les |>é laies sont toujours libres jusqu’à leur base et que la corolle est polypélale.

Dans les Eryllirina corallodeiulron , où les sépales sont placés en sens inverse que dans les Trifolium ochroleucum, on comprend queles pétales qui alternent avec les sépales doivent aussi être placés en sens inverse, et que l’étendard, au lieu d'être postérieur, sera antérieur, et c'est en effet ce qu'on observe; mais l’ordre d'apparition n’a pas changé. II a toujours lien d'avant en arrière. C'est l’étendard ou pétale antérieur qui se montre le premier; les pétales latéraux viennent ensuite, et enfin les deux postérieurs.

A micacée. Les étamines sont au nombre de dix et disposées sur deux vertieilles : l’un de, ces vcrtieilles est stqicrposé en calice et apparaît en premier lieu ; l'attire est superposé à la corolle et n’apparaît qu’ensuite. Les étamines de chaque verticille apparaissent ordinairement en même temps ; oe|tendanf, dans le Trifolium ochroleucum, l’une des étamines du verticille superposé au calice naît avant les quatre autres. Les étamines, du reste, n'offrent rien de particulier : elles se composent chacune d’un filet et d’une anthère biloculairc, introrsc, s'ouvrant par deux fentes longitudinales. Libres à l’origine, elles deviennent «années assez lard , tantôt toutes ensemble, tantôt en deux faisceaux, et alors elles sont dites monadelplies ou diadelphes.

Pistil. Lorsque toutes les étamines sont nées, on voit poindre sur le milieu du réceptacle un bourrelet semi-lunaire dont les extrémités tendent à se rapprocher. Ce bourrelet grandit rapidement et prend l’aspect d’une pe-

EXPLICATION TIES FIGURES. 519

tile feuille dont les bonis w> louchent ; il en résulte une sorte de sae fendu sur le côté; ce sae s'allonge ô son sommet en un style |ilus ou moins ténu, tandis qu’il se gonfle à sa base pour former l’ovaire: e’est à l’intérieur de eet ovaire, de chaque côté de la fente résultant du rapprochement des bonis de celte sorte de feuille, que naissent les ovules; ils sont plus ou moins nombreux, selon les plantes que l'on examine , mais, dans toutes, ils se revêtent de deux enveloppes et deviennent eainpulitropes.

Le côté de l’ovaire qui est fendu est dit ventral et l'autre côté dorsal. La règle générale, c’est que le côté ventral est superposé au pétale appelé elendanl ; le ventre de l’ovaire sera donc postérieur dans le Trifolium ochroleueum et antérieur dans VPn/tlirina corallodcndron.

EXPLICATION DES Klfll KES.

Trlfollnm ocliroleucuiii.

Fig. I . Jeune épi «le Trifolium ochroleucum. On n'aperçoit aucune Irace «Je bradée mère Fig. 2. Fleur dans laquelle le sépale antérieur, **, est né.

Fig. 3. Fleur dans laquelle le sépale antérieur, et les sépales latéraux, h1, sont nés,

Fig. 4. Fleur dans laquelle tous les sépales, s1 , r-p, sont nés.

Fig. 5. Apparition successive des pétales, p, alternes avec les sépales, *rt, s', sp. Les

pétales antérieurs, p", sont nés avant les autres.

Fig. 6. C’est la fleur de la fig. 5, vue de face. Les |»étales antérieurs, pa, sont plus âgés que les latéraux, p*, et ceux-ci plus que le pétale postérieur, p/’: s", s1, */*, sépales.

Fig. 7. Apparition d une première étamine, >t'«, superposée au sépale antérieur, **% s1, »p, autres sépales ; p4*, pf, p/', pétales

Fig. 8. Apparition des quatre autres étamines, d'\ superposées aux sépales, sp ;

el"', étamine première née; p", p1, p/', pétales.

Fig. 9. Apparition des cinq étamines, drt, superposées aux pétales, p", pf, pP : n*, s1, sépales.

Fig. <0. C’est la fleur de la fig. 9. vue de côté : s", s;, $p, sépales; p", p', pP, pétales; et*', et**, rt°, étamines.

Fig. H. Fleur beaucoup plus âgée. Les sépales, a, sont coupés, sauf le sépale, s* : p", p1, pP, pétales; et'1', et", étamines alternes; e/°, étamines superposées ; cp, pistil ; f, fente carpellaire.

Fig. <2. Fleur plus âgée encore. Tous les sépales, a, sont coupés : p", p1, pP, pétales ;

ein\ et*, et°y étamines; cp, pistil; /, fente carpellaire.

Fig. 13. Pistil isolé : f, fente carpellaire.

Fig. t 4. Portion déco pistil déchiré sur le dos |jour montrer les deux ovules al, naissant de chaquo côté do la fente carpellaire, f.

Fig. 1 5. Coupe longitudinale do la fleur dont a été extrait le pistil de la fig. 12, pour montrer que le réceptacle a pris la forme «l une coupe sur les bords de laquelle sont insérés les sépales, •*, $*, sPy les pétales, pP% et les étamines, ctn\ rr, el°.

Fig. 16. Fleur épanouie : .v*, sépale antérieur ; pP , pétale postérieur ou étendard.

Fis. 17. Corolle isolée. Les pétales sont connés â leur base.

ORDRE DES PAPILIONVCÉES.

Fig. 18. Pistil isolé : oo, ovaire: f, fente carpellaire ; st, stylo; sg, stigmate. **•

Fig. 19. Ovairo de ce pistil déchiré sur le dos pour montrer les ovules, ol.

Fig. 20. Ovule : Ai, hile: m, micropyle.

Ulhjrai *ytïeilrl».

Fig. 21. Jeune fleur de Lalhyru» sylcetlri*: r% sépale antérieur: p", p1, p/\ pétales; les étamines, e t*', et* , seules sont nées.

Fig. 22. Jeune pistil. C’est un bourrelet semi-circulaire dont les bords tendent à se rapprocher et laissent entre eux une large ouverture, f.

Fig. 23. Fleur plus âgée : la moitié du calice, t, est coupée . l’autre moitié, «*, « P, restant entière; p«, p/, pP , corolle; el*\ et*,, étamines alternes; et°, étamines superposées ; f, ouverture du pistil.

Fig. 24 et 25. Pistils de plus en plus âgés : f, fente carpellaire.

Fig. 26 et 27. Deux ovaires d'âges différents, déchirés sur le dos pour montrer que les ovules, ol, sont sur deux séries placées l’une à droite et l'autre à gauche de la fente carpellaire, f.

l.uplnan varia».

Fig. 28. Jeune bourgeon de Lupinua varius : f , feuille la plus âgée sur laquelle plusieurs lobes sont déjà nés; on remarque à sa base les deux stipules, *p. f1, feuilles plus jeunes.

Fig. 29 et 30. Bourgeons de plus en plus âgés: f, feuille née la première ; ip, stipules de celte feuille; f1, feuille née ensuite, np', stipules de cette seconde feuille; f*, feuille née la troisième.

Fig. 31. Jeune feuille isolée.

Fig. 32 et 33. Lobes de celte jeune feuille à deux âges différents.

Page 1