‹ Traite d'organogenie comparee de la fleurChapitre 63 sur 82 · ORDRE DES EUPHORBIACÉES · texte numérisé non relu

ORDRE DES EUPHORBIACÉES

Il y a déjà longtemps que j’ai étudié l’organogénie des Euphorbes et de quelques autres genres voisins et que j’ai fait dessiner et graver les diverses phases de leur développement. Mais comme par suile de ees éludes j’étais conduit à considérer la lleur de ees plantes tout autrement que ne le font les botanistes modernes, j’hésitais constamment à publier le résultat de mes travaux, remettant toujours à l’année suivante afin de les vérifier de nouveau. Aujourd’hui que quatre années se sont écoulées depuis que j’ai fait ees recherches, que chaque printemps j’ai répété mes observations et suis arrivé chaque fois aux mêmes résultats, ctqu’cnfin l’un de mes élèves les plus distingués, M. Bâillon, qui s’oecui>e en ce moment de la monographie des Euphorbiacées, a vu les mêmes choses que moi, je vais exposer en détail ce que j’ai remarqué et je discuterai ensuite l’opinion de de Lamarck, d’A.-L. de Jussieu et de R. Brown, qui considèrent la lleur des Euphorbes comme une fleur composée.

Mes études ont porté principalement sur les Euphorbia lathyris, clwracias, ceratocarpa , palustris, sur le Hicinus communie , la Mercuralis annuti, le Crosopliora tinctoria , et comme toutes ees plantes different à un grand nombre d’égards, j’ai pensé qu’il convenait mieux d’en exposer successivement l’organogénie des plus importantes.

F.crnonaiA i,atïiyris.

Inflorescence. Calice. L'inflorescence de VEuphorbia lathyris est une cyme. Chaque fleur naît à l’aisselle d’une bractée et est accompagnée de deux bractées latérales secondaires qui apparaissent en même temps et smq toutes deux fertiles. Le calice se compose de cinq sépales; il y en a deux en avant, deux sur les côtés, c’est-à-dire l’un à droite et l'autre à gauche, et enfin, un cinquième en arrière. Malgré toutes mes recherches, il m’est

52'2 ORDRE DES EtTHORHI AC.KKS.

impossible de constater s'ils se montrent sur le réeeptaele tons à la fois < >11 successivement. Libres à l’origine, ils deviennent promptement eonnés à leur base et forment un sac qui enveloppe plus ou moins complètement, selon l’àge, les autres parties de la lleur. Ce n’est que longtemps après l'apparition des étamines et du pistil que l’on voit poindre dans les intervalles qui séparent les divisions de ec sac de petits mamelons qui s'échanerenl et produisent ces glandes si remarquables qu’on observe à l'état adulte et qui alternent par suite avec les sépales.

Androcée. L’androcée se compose de cinq phalanges d’étamines superposées aux sépales. Dans chacune de ces phalanges, les étamines sont disposées sur deux rangées et en nombre 1res variable selon l’âge. A l’origine, en effet, il n’y a qu’une étamine par phalange; mais bientôt on en voit poindre une autre placée un peu plus bas que la première et sur un de ses côtés, puis une troisième immédiatement au-dessous de la première et un peu plus bas que la deuxième; puis une quatrième immédiatement audessous de la deuxième et un peu plus bas que la troisième et ainsi de suite, en sorte que les étamines de chaque phalange sont toutes d’àges différents et d’autant plus jeunes qu’elles sont situées plus bas sur le réceptacle et par conséquent plus rapprochées de la base du sac calieinal. Chaque étamine si* compose d’une anthère hiloculairc et exlrorsc et d’un filet, qui d’abord continu dans toute son étendue, s’étrangle ensuite dans le milieu de sa longueur de manière à produire une articulation.

Pistil. Lorsque les deux premières étamines sont nées, l’extrémité de la partie centrale du réeeptaele s’aplatit et l’on voit apparaître trois mamelons earpellaires, origine du pistil. Libres d’abord, ces trois mamelons deviennent promptement comtés à leur base, et il en résulte une coupe pistillaire, dont le bord plus ou moins étroit porte sous forme de crénclurp les trois mamelons earpellaires primitifs. Cette coupe pistillaire ne reste pas longtemps largement béante. Sou orifice se rétrécit peu à jwmi et, à l'époque de l’épanouissement de la lleur, on n’en aperçoit plus la trace qu’à l’aide de verres grossissants; la coupe est devenue un sac complètement do,s. Par suite de ces changements dans l'ouverture de la coupe pistillaire, les crénelures de son bord se rapprochent de plus en plus et finissent par se toucher. Elles s’allongent et se bifurquent chacune en deux branches qui se recouvrant de papilles et so transforment en stigmates.

D’un autre côté, pendant que ces modifications se produisent à l’exlérieur dans les parois du pistil, d’autres se manifestent à l’intérieur. Au pied de chaque crénelure on remarque bientôt, sur le fond de la coupe pistillaire, une petite fossette qui devient do plus en plus profonde, en sorte

LA FLEUR DES ELI'IlIlHHhS EST-ELLE SIMULE OU COMPOSÉE ? 523

qu’A l'époque où ];» coupe est devenue un suc, le fond de celle eoii|ie, on plutôt de ce sac, présente trois trous qui sont les loges de l’ovaire. C’est dans l’angle interne de chacune de ces loges que naît une ovule inséré au sommet de la loge ; il descend peu à peu au fur el A mesure que lu loge devient plus profonde el finit par être pendant. Il si* revêt successivement de ses deux envelo|>pes, tourne à l’imatropie eu ayant son mieropyle externe , et sou replié interne.

Outre cet ovule, on voit se développer au-dessus de lui dans chaque loge un autre mamelon qu’on prendrait au premier abord pour un autre ovule. Mais le doute ne subsiste pus longtemps, parce que le mamelon en grandissant vient s’appliquer comme un bouchon sur le mieropyle de l’ovule qui est situé au-dessous de lui et le ferme hermétiquement. Cette observation, du reste, a été faite par M. de Slirhcl et je crois que c’est quelque chose de tout A fait semblable A ce que j’ai vu et décrit dans les Lins (p. 67).

Disque. Les ovules sont nés déjà depuis longtemps dans l'ovaire lorsqu’on voit apparaître sur le réceptacle cinq petits mamelons alternes avec les étamines. Ces cinq petits mamelons grandissent rapidement et forment des appendices qui sont simples dans YEuphorbia lathyris, mais qui se déchiquettent en une multitude de lanières dans les Euphorbiu characias , ceratocarpa. Ces appendices simples ou laeiniés, qui naissent ainsi entre les étamines, longtemps après l’apparition du pistil, sont des dépendances du disque. Ils rappellent A beaucoup d’égards les appendices pétaloïdes des Passiflores.

Les botanistes modernes, suivant en cela les errements d’ A. -L. deJussieu et de R. Brown, considèrent la fleur des Euphorbes comme une fleur composée. Pour eux, le calice est uninvolucre, chaque phalange d’étamine une inflorescence de (leurs mâles, les appendices foliacés du disque des bractées à l’aisselle desquelles sont nées ces fleurs mâles et euiin l’ovaire, une fleur femelle. Ils s’appuient, pour soutenir cette manière de voir, sur l’cxislcnce des appendices foliacés du disque, sur la présence d’une articulation sur le fdet de chaque étamine et sur le développement d’une sorte de cupule caliciforme immédiatement au-dessous de l’ovaire dans YEuphorbia palustris. Mais ces faits mieux interprétés sont loin de prouver leur singulière opinion et il sullit de les examiner successivement avec un peu d'attention pour s’en convaincre.

Les appendices foliacés qui alternent avec les phalanges d'étamines, par exemple, je comprends qu'on ail pu les considérer comme des bractées A l’aisselle desquelles naissaient les étamines, tant qu’on u’a pu en suivre l’organogénie florale ; mais aujourd’hui qu’il est démontré que ce sont pri •

ORDRE DES KU-llOltBIACÉES.

niilivemeiil cinq corps simples qui naissent longtemps après les ctainines et même après le pistil, il est impossible de ne pas les regarder comme des modifications du disque tout à fait analogues à celles que j’ai décrites dans les Passiflores, d’autant plus qu’ils restent rarement simples comme dans YEuphorbia lalhyris, et se déchiquettent le plus souvent en de nombreuses lanières qu’on a prises pour autant de bractées séparées et distinctes (ex. Euphorbia characins). J’ajouterai enfin que dans la fleur femelle de la Mercuriale, j’ai étudié avec soin le développement de ces deux ap[>endices foliacés qui accompagnent le pistil et que les botanistes considèrent comme des filets d’étamines avortées, et j'ai observé qu’ils n’apparaissent ainsi sur le réceptacle que très longtemps après le pistil et que ce ne sont de même que des productions du disque.

L’existence d’une articulation sur le filet de chaque étamine ne prouve pas davantage que celle étamine constitue à elle seule une fleur mâle et que l’ensemble soit une fleur composée. En effet, si ce que je regarde seulement comme une étamine est composé, comme on l’admet, de deux |>arlies séparées entre elles par l’articulation, savoir : une partie inférieure axile, sorte de pédoncule, une partie supérieure appendiculaire, l'étamine proprement dite, il est évident que la partie inférieure apparaîtra d'abord et la pai lie supérieure ensuite. Or, rien de semblable n’a lieu. C'est l'anthère qui se montre d’abord ; le filet ne naît que plus lard et c’est lorsqu’il est déjà très long et que l’anthère est presque complètement formée que l’on aperçoit sur le milieu du filet les premières traces de l'articulation qui se manifeste ultérieurement et qui est due à une simple modification du tissu. N’ai-jc pas d’ailleurs montré que dans les Alchémilles les anthères s’articulent aussi sur leurs filets ? Qui oserait en conclure cependant que dans ces Alchémilles chaque étamine est une fleur mâle ?

Enfin, celte sorte de cupule qu’on remarque au-dessous de l’ovaire adulte de VEupliorbia palustris n'est pas plus un calice que les appendices foliacés placés entre les goupes d’étamines ne sont des bractées. J’ai montré précé- ” déminent que dans VEupliorbia lalhyris la partie supérieure du réceptacle, en contact immédiat avec l’ovaire, se gonflait et produisait autour de la base de cet ovaire une sorte de bourrelet qui n’était autre chose qu’un disque. Dans VEupliorbia palustris, ce bourrelet, au lieu d’être uni, est festonné, voilà toute la différence. Ce n'est donc pas un calice, car tout calice naît avant le pistil, et dès lors l’argumentation n’a plus de fondement.

La présence d’une articulation sur le filet de l'étamine, l’existence d'une cupule à la base de l'ovaire , et de lanières au milieu des groupes d’étamines, ne sont donc pas des raisons sérieuses pour admettre que la fleur

MERCURIALIS ASM A, MUSCS COMMIMS.

des Euphorbes est une (leur composée. La raison que donne Adr. de Jussieu, et qui est tirée de la comparaison des Anthoslema avec les Euphorbia, est beaucoup plus plausible, et je dois dire qu’avant de m’être livré aux recherches organogéniques que je viens de citer, je la trouvais convaincante.

MCRCURIALIS AXSCA.

Calice. Chaque fleur màlcou femelle de Mercurialis annua naît à l’aisselle d’une bractée mère et est accompagnée de deux bractées latérales fertiles. Le calice se compose de trois sépales. Deux sont en avant , le troisième est en arrière. Ils apparaissent successivement sur le réceptacle, l’un des antérieurs d'abord, le postérieur ensuite , et en dernier lieu l’autre antérieur. Libres à l'origine, ils deviennent promptement connés à leur base et forment une cupule beaucoup plus profonde, toutefois, dans la fleur mâle que dans la Heur femelle.

Androcée. ün n'aperçoit jamais la moindre trace d’androcéc dans la fleur femelle, car les deux filaments qu’on a pris pour des étamines avortées, et qu’on a appelés staminodes, ne naissent que longtemps après le pistil et sont des appendices du disque tout à fait analogues, quoique de consistance différente, avec ceux qu’on remarque autour de la base du pistil des Xylophylla. Dans la fleur mâle, le réceptacle se bombe et donne naissance à un grand nombre d’étamines. -Mais comment ces étamines naissent-elles ? Je n'ai jamais pu le découvrir, malgré les nombreuses dissections que j’ai faites.

Pistil. Dans la fleur mâle, on n’observe jamais de trace d’un pistil même avorté. Dans la fleur femelle, ce sont à l’origine deux bourrelets carpcllaires en forme de croissant qui tendent à se réunir par leurs pointes pour former en devenant connés une sorte de corbeille pistillaire , et qui , à part quelques modifications de détail de peu d’importance, se développent exaement comme dans les Euphorbes. L'un de ces bourrelets carpellaires est antérieur, l'autre est postérieur.

RIC1NUS communs.

Le Ricin est monoïque. Les fleure mâles et les fleurs femelles sont placées le long du même axe d'inflorescence ; seulement les mâles sont en bas et les femelles en haut. Dans les unes et les autres, chaque fleur naît â l'aisselle d’une bractée mère et est toujours accompagnée de deux bractées secondaires latérales fertiles.

ORDRE DES El'PHORBIACÉES.

Calice. Le calice se compost; de cinq sépales qui naissent successivement dans l’ordre quinconeial et sont placés deux en avant, un en arrière et deux latéralement, e’esl-à-dirc l’un à droite et l’autre à gauche. Ces deux derniers sont les pétales 4 et 5; les deux premiers sont les sépales 1 et 3; le sépale postérieur estle sépale 2. Libres à l’origine, ces sépales deviennent promptement connés à leur base. Dans la fleur femelle la cupule qui en résulte ne grandit pas beaucoup et le calice est quinqueparfite à l’époque de l'épanouissement. Dans la fleur mâle, au contraire, elle s’accroît considérablement et le calice devient une sorte de s!ie quinqnefide.

Androcée. Un ne trouve aucune trace d'androcéc dans la fleur femelle. La partie centrale du réceptacle, après avoir produit les sépales, s’allonge un peu au-delà, se déprime et a l'aspect, à son extrémité, d’une plateforme triangulaire aux angles de laquelle naissent les mamelons earpeflaircs. Dans la fleur mâle, celle partie centrale du réceptacle se boursoufle et forme une sorte d'hémisphère sur le pourtour do laquelle apparaissent bientôt de la base au sommet des mamelons de plus en plus petits. Il y en a d’abord citlq alternes avec les sépales, puis cinq Superposés et ainsi de suite. Chacun de ces petits mamelons est une étamine composée, car on le voit bientôt se quadrifurquer plusieurs fois de manière à produire finalement une foule de filaments terminés chacun par une anthère.

Pistil. Toute la surface hémisphérique du réceptacle se recouvrant d’clainines dans la fleur môle, on n'observe jamais la moindre ébauche du pistil. Dans la fleur femelle, au contraire, où il n’y a jamais l’apparence de l’androeéc, le pistil se présente de même que dans les Euphorbes, sous la forme de trois bourrelets earpollaires, et comme toutes les phases par lesquelles il passe pour arriver à l’état parfait sont les mêmes que pour ees piailles, il me suffit ici d’y renvoyer, l'explication des figures donnant les différences de détail qui ne méritent pas une mention spéciale.

CI107.OPIIOIU TÎNC.TOHIA.

L’inflorescence du Croïophora tinctoria sc compose de petites ovines contractées, placées le long d'un axe commun. Chaque (leur est accompagnée de deux bractées latérales dont l’une est fertile. Los sépales sont au nombre de cinq; ils naissent successivement dans Tordre quinconeial ; deux sont antérieurs : ce sont les sépales t et 3; deux sont latéraux : ce sont les sépales h et 5, et un est postérieur : c'est le sépale 2 ; lors de. lopanouissement, i|s son( ù peine connés à leur base.

COROLLE, ANDltOCÉK, PISTIL.

Corolle. La corolle se compose de cinq pétales qui naissent tous à la lois et alternent avec les sépales; ils sont toujours libres entre eux jusqu’à la base et se disposent dans le bouton en prélloraison convolutive.

Androcce. Cinq étamines constituent l’androcée de la fleur femelle. Elles apparaissent toutes ensemble sur le réceptacle et sont alternes avec les pétales. Mais leur anthère ne se formant jamais, elles sont réduites à l’état de slaminodes lors de l'épanouissement de la fleur.

Dans la (leur mâle, au contraire, on compte huit étamines disposées sur deux rangs : cinq sur le rang externe et trois sur le rang interne. Les premières apparaissent d’abord et toutes à la fois; elles alternent avec les pétales et correspondent évidemment aux cinq étamines de la fleur femelle. Seulement, loin de s’arrêter dans leur développaient et de se transformer en slaminodes, elles continuent do croître et forment des anthères fertiles dont la déhiscence est extrorse. Les trois autres étamines sont portées sur un prolongement du réceptacle et sont beaucoup plus élevées que les cinq premières. Elles apparaissent également toutes trois à la fois et grandissent jusqu’à ce que leurs anthères soient parfaites et s’ouvrent par des fentes longitudinales situées sur leur dos. Un fait fort remarquable à noter, c’est que ces trois étamines intérieures, bien que nées après les cinq autres, croissent beaucoup plus rapidement, en sorte qu’à un certain âge elles sont beaucoup [dus grosses et [dus développes, et que si on ne les avait pas suivies dès l’origine, on les croirait nées les premières. Ces trois étamines intérieures sont superposées aux trois sépales 1, 2, 3; il y en a donc deux antérieures et une postérieure.

Pistil. Lorsque les cinq étamines alternes avec les pétales sont nées dans la fleur femelle du Crozophom tinctoria , l’extrémité du réceptacle se prolonge au-delà de leur insertion et à son sommet on voit poindre trois bourrelets carpellaires, rudiments .du pistil. Ces trois bourrelets carpcllaires occupent exactement la même place que les trois étamines intérieures de la fleur mâle; il y en a deux antérieurs et un postérieur. Ils grandissent rapidement, prennent la forme décroissants, et au pied de chacun d'eux on remarque bientôt une petite fossette, première ébauche d’une loge. Libres à l’origine, ils deviennent promptement connés et le pistil présente alors l'aspect d'une coupe dont le bord est surmonté de trois erénelures et dont le fond est creusé de trois trous produits par les fossettes qui sont devenues plus profondes.

Mais la coupe pistillaire ne reste pas longtemps aussi largement ouverte. Par suite d'inégalités de développement dans ses diverses parties, son ouverture se rétrécit de [dus en plus et finit même par se fermer complé-

ORDRE DES ElTHORBIACÊES.

temenl, on sorte que l'ovaire devient une cavité dose dont la partie inférieure est triloculaire et la partie supérieure uniloculaire. Quant aux trois crénclures qui bordaient l'ouverture de la coupe, elles se sont partagées chacune en deux autres et ont produit trois styles divisés profondément chacun en deux branches recouvertes de papilles stigmaliques.

Pendant que la coupe pistillaire se ferme ainsi à sa partie supérieure, les trois fossettes qu’on remarquait dans le fond ont acquis plus de profondeur. Dans l’angle interne de chacuno de ces fossettes, tout à fait sur le bord supérieur, est né un ovule qui en grandissant s’est enfoncé de plus en plus dans la fossette devenue loge. Cet ovule s’est revêtu de ses deux enveloppes, a tourné à l’anatropie et est suspendu pour me servir d’une expression de botanique descriptive.

Des parois de la loge, immédiatement au- dessous du point d’insertion de l’ovule dont le micropylc est supère et externe, on voit naître bientôt une sorte de petit chapeau qui vient s'appliquer sur le micropylc et qui est tout à fait analogue, quant à sa structure et à son origine, à celui que j’ai décrit dans les Euphorbes et les Lins. Seulement, tandis que dans les Euphorbes ce chapeau est bientôt enveloppé et comme enfoncé dans les rebords de la primine qui se gonfle et se tuméfie pour former la caroncule, dans les Crozophara lincloria, c'est le nucelle lui-même qui s’allonge au-delà dit inicropyle en une sorte de palette qui revient sur ce chapeau, l’aplatit et le recouvre comme d'un couvercle.

EXPLICATION DES FIGURES

KupborbU lalbjrrls.

Fig. < . Apparition des deux bractées latérales opposées, 6, sur le mamelon central, fl. Fig. 2. A l'aisselle de chacune des deux bractées latérales, b, on remarque une fleur, /!’. /I, fleur centrale.

Fig. 3. Apparition des cinq sépales, a : 6, bractées latérales.

Fig. 4. Apparition de cinq étsmines, et, superposées aox cinq sépales, a.

Fig. 5. Apparition de cinq autres étamines, »l\ qui naissent à la base des cinq premières, cl, et sur le célé, de façon qu'elles semblent n'en être qu'une division chacune, a, sépales ; b, bractées latérales.

Fig. 6. Apparition du pistil. Ce sont trois bourrelets carpcllaires qui naissent au sommet de la partie centrale du réceptacle, bien au-dessus des étamines, cl, cl', et du calico, a. Fi>., 7. Boulon un peu plus âgé. Cinq nouvelles étamines, cl", sont nées du cèle opposé aux étamines, et', et un peu plus bas, en sorte quo tes étamines, cl, sont accompagnées chacune do deux étamines l’uno à droite et l'autre b gaucho. One fossetto s'est formée au pied do chaque bourrelet carpellairc, cp, cl on rcmarqno dans chacune un ovule, ot, attaché dans l'anglo interne. », sépales.

EXPLICATION DES FIGURES

Fig. 8. Bouton au moment de l'apparition du disque Ce sont cinq petits mamelons, </, alternes avec les groupes d’étamines, et, eir , et". », sépales ; cp, bourrelets carpellaires ; ol, ovules.

Fig. 9. Bouton beaucoup plus ôgé. On a coupé le calice, », pour montrer que les étamines, et, et', et ", et"', apparaissent successivement sur le réceptacle de haut en bas. Les glandes du disque, d, s'allongent ; les bourrelets carpellaires, rp, s’échancrent à leur sommet en deux lobes qui, croissant plus rapidement que la partie centrale du réceptacle, forment autour d’elle une enceinte à six créuelures. ol ovules.

Fig. 4 0. Bouton au moment de l'apparition des glandes, gl, qui se développent sur le bord du calice, » : et, et', étamines; cp, bourrelets carpellaires; ol, ovules.

Fig. 4 4. C’est la (Ig. 4 0 dont on a coupé le calice, », pour montrer les étamines, et, et ', et ", et'". A ce moment, la partie centrale du réceptacle se gonfle au-dessous de la base de l’ovaire pour former un bourrelet circulaire, br.

Fig. 4 2. Coupe longitudinale de la fig. 1 0 pour montrer les insertions relatives des diverses parties, étamines, et, glandes du disque, d, calice, a, bourrelet du disque, br : ov, ovaire; ol, ovule.

Fig. 43 et 4 4. Fleurs de plus en plus âgées: gl, glandes alternes avec les divisions du calice; et, étamines; cp, pistil.

Fig. 4 5. Coupe longitudinale de la fleur do la flg. 4 4. Les étamines, et, sont d’autant plus jeunes qu'elles sont insérées plus bas sur le réceptacle, r. s, calice ; ov, parois de l’ovaire ; ol, ovules.

Fig 4 6. C'est la fleur de la flg. 4 4 dont on a déchiré le calice, », pour montrer les étamines, et, et le pistil, cp.

Fig. 4 7 et 4 8. Pistils de plus en plus ôgés.

Fig. 4 9. Coupe longitudinale du pistil de la fig. 4 8 : ov, parois de l'ovaire: ol, ovules.

Fig 20, 24, 22, 23, 24, 25 et 26. Ovules à divers «âges : n, nucelle ; p, primine ; se, secondine ; k, chapeau parlant du placenta et venant couvrir le micropyie.

Fig. 27. Àndrocée et pistil d'une fleur peu de temps avant l'ante. On a coupé uno rangée d'étamines, et°, pour montrer les appendices, d , du disque, et, étamines; br, bourrelet qui se forme au-dessous de l’ovaire, ov.

Fig. 29. Coupe du pistil de la fig. 27 : or, parois de l’ovaire ; ol, ovule recouvert du cha- - peau, k ; br, bourrelet situé au-dessous de l'ovaire.

Fig. 30. Étamino isolée.

Fig. 31 et 32. Portions de calices d'âges différents : », sépales ; gl, glandes alternes.

PLANCHE CVIJI.

Rlelnu» commuât» ( Fleur mâle),

Fig. 4. Extrémité d'une inflorescence de Jlfefoait communi a ; B, bractées mères.

Fig. 2. Position de la fleur mâle, fl, par rapport à la bractée mère, B : b, bractées secondaires.

Fig. 3. Bouton au moment do l'apparition dos premiers mamelons slaminaux. Les sépales, », sont connés.

Fig. 4. Lo même boulon dont on a déchiré le calice, », pour montrer les premiers mamelons slaminaux, et.

Fig. 5. Apparition d'un second rang do mamelons slaminaux, et', alternes avec les premiers, et : », calice déchiré.

Pig. 6. Bouton plusâgé : le calice, », est coupé ; et, et', etn , mamelons slaminaux.

530 ORDRE DES El'PHORBI ÂGÉES.

Fig. 7. Bouton au moment où les mamelons staminaux primitifs commencent à se partager chacun en quatre autres.

Fig. 8. Le n.ôrno bouton dont on a coupé lo calice, », pour montrer cos mamelons staminaux, et.

Fig. 9. Bouton encore plus fige que dans la fig. 7.

Fig 1 0, C'est le bouton de la fig. 9 dont on a coupé le calice, », pour montrer les mamelons staminaux, et.

Fig. 1 1 . Coupe longitudinale du bouton de la fig. 9 : », calico: et, androcée.

Fig. 12. Coupe longitudinale d un- bouton peu de temps avant Panthèso : $, calice’; et, androcée ramifié.

Fig. 13. Une des ramifications de l'androcéo de la fig. 4 2.

nirintiK communia (Fleur femelle),

Fig. 4 4. Position de la fleur femelle, ( î , par rapport à la bractée mère, U : 6, bractées socondaires.

Fig. lu. Jeune fleur femelle dans laquelle les sépalos, », seuls sont nés.

Fig. IC. Fleur dans laquelle le pistil, cp, est né : », sépales.

Fig. 17. Pistil de la llour do la fig. 16, vu de foco.

Fig. 18. Fleur un peu plus Agée que dans la fig. 4 6.

Fig. 1 9. Pistil de cette fleur.

Fig. 20. Fleur au moment de l'apparition des ovules.

Fig. 24. Pistil de cette fleur.

Fig. 22. Coupe longitudinale du pistil do la fig. 24 : ou, parois de l'ovaire; of, ovules. Fig. 23. Pistil de la fig. 21, déchiré sur lo dos d’une logo pour montrer l’ovulo, ol.

Fig. 24. Fleur au moment où les ovules se revêtent chacun de leur première enveloppe. Fig. 25. Pistil do cette fleur.

Fig. 26. Coupe longitudinale du pistil du la fig. 25 : ou, parois de l'ovaire; ol, ovule. Fig. 27. Pistil de la fig. 27, déchiré sur le dos d'uno loge pour montrer l'ovule, ol. t Fig. 28. Fleur beaucoup plus âgée que celle de la fig. 2 4.

Fig. 29. Pistil de cette fleur : ou, ovairo ; *1, stylo; sy, branches du style qui se recouvriront de papilles stigmnliques.

Fig. 30. Coupo longitudinale de ce pistil : ou, parois de I ovaire ; o/, ovule', k, petit chapeau partant du placenta cl venant recouvrir l’ovule.

Fig. 31. Unedoge du pistil do la fig. 29, déchirée sur le dos pour montrer l’ovule, ol : k, petit chapeau.

Fig. 22. Pistil plus âgé : ov, ovairo; si, stylo; sg, branches sligmaliquos du style.

Fig. 33. Coupe longitudinale de ce pistil : ou, parois do l’ovaire ; ol, ovulo recouvert do son chapoau, k.

Fig. 34 . Fleur peu de temps avant l anthése : », calice; ig, branches stigmatiques du sty lo. Fig. 35. Pistil de celle fleur.

Fig. 36. Coupe longitudinale de co pistil : ov, paToisdc l'ovaire; o/, ovule recouvert do son chapeau, k.

Fig. .37, 38, 39 el 40. Ovulos vus do divers côtés : Jfc, chapeau qui recouvre lo micropyle ; A, hile.

EXPLICATION DES FIGURES

Crozophora ilnctnrla

Fig. 1 . Position do la fleur par rapport à la bractée mère, //, dans lo Crozophora tincloria : b, bractées latérales fertiles: s, sépales.

Fig. 2. Apparition des cinq pétales, p, alternes avec les sépales, s.

Fig. 3. Apparition des cinq étamines, et, allomcs avec les pétales, ;>, et superposées aux sépales, a.

Fig. 4 . Apparition de trois étamines intérieures, et' : et, étamines alternes avec les pétales, P, et superposées aux sépales, s.

Fig. 5. Fleur un peu plus âgée que dans la fig. 4, et vue de face pour montrer que les trois étamines intérieures, fl', sont superposées aux trois sépales, «*, *a* a3 : s4, s5, autres sépales; cl, étamines alternes avec les pélalos, p.

Fig. 6. Bouton encore plus âgé dont on on a coupé les sépales, s, pour montrer que les étamines intornes, et', bien que nées après les étamines externes, cl, ont grandi beaucoup plus vile et sont déjà beaucoup plus grosses : p, pétales.

Fig. 7. Bouton peu de lumps avant l'épanouissement : p, pétales; s, sépales.

Fig. 8. La même dont on a coupé les sépales, a' : p, pétales.

Fig. 9. Le mémo dont on a coupé les sépales, s', les pétales, p. pour montrer les étamines,

et, et

Fig. 4 0. Coupe longitudinale de la fig 7 pour montrer les insertions des étamines internes, cl', des étamines externes, et, des pétales, p, et dos sépales, s.

Fig. 41. Apparition do trois bourrelets carpellaires, cp, sur le sommet du réceptacle : et, étamines; p, pétales; s, sépales coupés; sépales entiers.

Fig. 12. Pistil un peu plus âgé.

Fig. 4 3, 14 ol 4 5. Pistils de plus on plus âgés : ou, ovaire ; »t , style.

Fig. 16. Coupe longitudinale du pistil do la fig. 4 3 : ov , ovaire ; et, style ; ol% ovule.

Fig. 17. Coupe longitudinale du pistil de la fig. 1 4 : oc, ovaire; st, stylo; pr, primino ; se, secondine; », nacelle; k, chapeau partant du placenta.

Fig. 18. Coupe longitudinale du pistil de la fig. 15 : ou, ovaire; st, style; oi, ovule ; », nu celle recouvrant le chapeau, k.

Fig. 19. Pistil do la fig. 1 3 dont on a déchiré une loge sur le dos pour montrer l ovule, ol.

Fig. 20. Une loge du pistil do la fig. 43, déchirée sur le dos pour montrer l'ovule, ol, avoc

son nucelle, n, qui a pris la Tonne d une languette sortant à travers lo micropyle, m, pour recouvrir le chapeau, k , qui part du placenta, p/.

Fig. 21 . Pistil d une fleur épanouie : ov, ovaire ; sg, stigmates

Mercurlalln anima

Fig. 22. Apparition dos deux bourrelets carpellaires, cp.

Fig. 23. Apparition des deux ovules, ol : cp, bourrelets carpellaires.

Fig. 24 et 25. Pistils de plus en plus âgés : or, ovaire ; sg, branches du style.

Fig. 2G. Coupe longitudinale du pistil do la fig. 24 : or, ovaire; ol, ovules.

Fig. 27. Coupe longitudinale du pistil do la fig. 25 : ou, ovaire ; ol, ovules.

fig. 28. Fleur femelle peu de temps avant l'épanouissement : s, sépales; sg, branches stigma tiques.

Fig. 29. Cou [te du pistil do celle fleur femelle : or, ovaire ; ol, ovules.

ORDRE DES TERNSTROEMIACÉES.

Il n’y a qu'un petit nombre de Ternslrocmiacées qui fleurissent dans nos serres, et, quand elles fleurissent, c’est en si petite quantité, qu’il est bien difficile d’en étudier l’organogénie de la fleur, qui exige toujours le sacrifice d’un grand nombre de boulons. Les Cumcllias, qu’on cultive comme plantes d’ornement, donnent seuls des fleurs en abondance ; mais dans ces plantes je n’ai jamais pu trouver les divers étals de développement que je cherchais. Le jeune bouton est toujours renfermé avec un bourgeon dans des écailles qui les recouvrent tous deux complètement. Si toutes les extrémités des rameaux portaient des fleurs, il suffirait d’étudier le bourgeon écailleux à diverses époques pour avoir les diverses phases par lesquelles passe la fleur. Malheureusement toutes les extrémités de rameaux ne portent pas de bouton avec le bourgeon feuillé, et il n’y a aucun moyen de reconnaître à l’extérieur si le bourgeon écailleux renferme ou non un bouton.

Lorsque le boulon et le bourgeon grossissent, ils écartent les écailles qui les enveloppaient, et alors, à sa forme arrondie, on distingue nettement le bouton du bourgeon qui reste au contraire pointu ; mais au moment où celte distinction est visible, le bouton est trop avancé pour qu’on en puisse suivre tous les développements.

Mes observations ont porté sur le Visnea mocanera, le Thea viridis et le Gordonia lasianthus, le Temstroemia peduncularis, et tout me porte à croire que ces plantes ne doivent pas rester-dans un seul et même ordre.

Inflorescence. Les fleurs du Visnea mocanera forment de petites cymcs triflores qui naissent à l'aisselle des feuilles. Imaginons qu’à la place de la fleur centrale de ees petites cymcs triflores il y ait un bourgeon , nous aurons l’inllorcsccncc du Thé, c’est-à-dire un bourgeon axillaire avec deux boutons, l'un à sa droite et l’autre à sa gauche. Imaginons, au contraire, que les petites cymes triflores soient réduites chacune à la fleur centrale, les deux autres ayant avorté, nous aurons les fleurs solitaires et axillaires du Gordonia lasianthus.

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