‹ Traite d'organogenie comparee de la fleurChapitre 74 sur 82 · ORDRE DES SA M BUC I NÉ ES · texte numérisé non relu

ORDRE DES SA M BUC I NÉ ES

Los Sambucus, qui peuvent être considérés comme le type de ce petit ordre, étaient placés par Adanson dans sa famille des Chèvrefeuilles à côte des Cornus. A. L. de Jussieu les y conserva tout en les mettant dans une section distincte, et les botanistes modernes ont tous fait de même. Comme les Sambucus n’ont jamais qu’un seul ovule dans chaque loge, et que les lyouicera, les Leycesleria en ont un grand nombre, j'ai cru devoir en décrire l’organogénie à part, bien que je reconnaisse que les Symphoricarpos qui ont, d’une part deux loges uniovulées tout à fait semblables à celles des Sambucus , et d'autre part deux autres loges pluriovulées, également tout à fait semblables à celles des Jjonicera, servent évidemment de transition entre les Sambucus et les Lonicera.

Je n’ai du reste que peu de choses intéressantes à dire sur le développement de la fleur du Sambucus niyra que j’ai spécialement étudiée. Son calice se compose de cinq sépales qui naissent successivement dans l'ordre quinconeial ; libres à l'origine, ils deviennent plus lard connés à leur base, et forment un calice quinquéfidc. Les pétales sont au nombre de cinq et alternent avec les divisions du calice ; ils se montrent tous en même temps sur le réceptacle, après le calice, et forment en devenant aussi connés, une corolle gamopétale régulière. Cinq étamines constituent Pandrooée. Llles apparaissent toutes à lu fois sur un bourrelet androcéen, et sont superposées aux sépales. Complètement indépendantes d’abord de la corolle, elles deviennent connécs avec elle et sont insérées à sa base ; elles se composent chacune d’un filet et d’une anthère biloculaire, inlrorse et s’ouvrant par deux fentes longitudinales.

Lorsque les sépales, les pétales et les étamines sont nées, le réceptacle se creuse, et sur les parois de la coupe qui en résulte, un peu au-dessous des étamines, on voit poindre trois bourrelets qui deviennent connés et forment une enceinte continue qui sera le style. Les parois de celte enceinte continue grandissent et s’élèvent, et il en résulte bientôt, au-dessus de la coupc

KXI'LICATIOX DKS F1UCRKS.

réccptaculaiic une sorte de cheminée triangulaire dont les bords de l'ouvert ture supérieure se recouvrent de papilles stigmatiques. D’un autre côté, pendant que le style s'allonge ainsi, le fond de la coupe rcccptaculairè se creuse de trois trous qui, augmentant de plus en plus de profondeur, constituent les loges. C’est en effet dans l'angle interne de chacune de ces loges, à la partie supérieure, qu’on voit apparaître un ovule qui se revêt de son enveloppe, tourne à l’anatropie, et devient un ovule suspendu dont le micropyle est supère et interne.

I.a cavité du style ne reste pas unique. Lorsque les loges apparaissent, on voit paraître sur la paroi interne de ce style trois cordons qui continuent les cloisons qui séparent les loges de l’ovaire; ces trois cordons, en grandissant, deviennent des laines qui s’avancent vers le centre de la cavité et la partagent en trois compartiments qui correspondent aux trois loges de l’ovaire.

EXPLICATION DES FIGURES

PLANCHE LXXXVl.

Samburtu ultra*

Fig. 28. Apparition du bourrelet, etc, sur lequel naîtront les étamiqes : p, pétales ;

«3, s4, **, sépales.

Fig. 29. Apparition des étamines, et, sur ce bourrelet androcéen : p, pétales ; i1, $*, s3, o4, sépàles.

Fig. 30. Fleur âgée dans laquelle le pistil a en partie avorté, et où par suite il n'y a pas d'ovaire infère : s, calice; p, corolle.

Fig. 31. Style, si. d'une fleur au moment où los ovules apparaissent : p/, lames placen~ laires qui correspondent aux cloisons de l'ovaire.

Fig. 32. Un pistil déchiré sur le dos d'une loge pour montrer l’ovule, ol, suspendu au sommet de celte logo dans l'angle interne et tournant son raphé à l'extérieur : it, stylo; pl, cloisons placentaires.

Fig. 33. Coupe longitudinale de ce pistil : pl, cloisons placentaires ; ol, ovules.

OH DUE DES VALÊR1ANÊES.

Quatre genres de cet ordre fleurissent abondamment dans tous les jardins de botanique. Ce sont les Cenlranthus, les Fcdia, les Valeriana et les Valerianella. J’ai étudié les trois premiers dans plusieurs de leurs espèces, et je dois prévenir que de toutes les plantes dont j'ai fait l’organogénie, je n’en ai pas rencontré qui m'aient présenté autant de difficultés. La petitesse des fleurs, la viscosité de leur tissu qui se détruit sous la moindre pression, le peu de netteté des organes à leur naissance, sont autant de circonstances lâcheuses qui forcent toujours au doute, alors même qu’on croit être certain de ce qu’on voit. Aussi, bien que j’aie répété mes observations pendant plusieurs années consécutives, ce n’est pas sans quelque hésitation que je vais exposer ce que j’ai cru constater.

Inflorescence. L’inflorescence procède toujours par dichotomie dans toutes les Yalérianées que j’ai étudiées. Chaque fleur est accompagnée de deux bractées secondaires latérales. Seulement toutes les bradées secondaires latérales sont tantôt fertiles toutes deux, c’est-à-dire produisent chacune à leur aisselle une nouvelle fleur, et alors on a une eyme bipare, et tantôt l’une d'elles est stérile et l’autre fertile, auquel cas on a une cvme unipare. Le plus fréquemment l’inflorescence est une cymc bipare à la base et une cymc unipare au sommet, comme on peut s’en assurer facilement dans le Cenlranthus ruber.

Corolle. C’est dans ces plantes, comme dans les Composées dont je ferai bientôt l’histoire organogénique, que la corolle apparail en premier lieu. Ce sont d'abord cinq mamelons naissant sur le bord du réceptacle qui s’est évasé en coupe. Un de ces mamelons est antérieur ; deux sont latéraux et deux sont postérieurs. Libres à l’origine, ces cinq pétales deviennent promptement connés et forment une corolle gamopétale irrégulière dont la préfloraison ressemble tout à fait à celle des Labiées, c’est-à-dire que la division antérieure est recouverte par les deux latérales qui sont à leur tour recouvertes par les deux postérieures. Le tube de cette corolle est régulier pendant quelque temps; mais ensuite il se boursoufle à sa base, s 'iperonne.

ANMOCÉE, CALICE, PISTIL. 625

comme disent les botanistes, immédiatement au-dessous de la division antérieure, en sorte que l'éperon, quelle que soit sa forme, est toujours antérieur.

Lors de l’épanouissement de la (leur, dans le Centranthus ruber, l’une des divisions postérieures de la corolle, celle qui recouvre toutes les autres, se déjette et se sépare des quatre autres. La corolle, par suite, est en quelque sorte bilabiée, l’une des lèvres étant formée par cette division externe et l’autre étant composée des quatre divisions restantes. Pendant l’accroissement du tube de la corolle, il se produit en outre une fausse cloison qui, partant du milieu des deux pétales latéraux, s’élève peu à peu et finit par diviser ce tube en deux compartiments : l’un, qui est postérieur, correspond avec le sommet de l’ovaire , et contient l’étamine et le style ; l’autre, qui est antérieur, se continue avec l’éperon.

Androcée. Le nombre des étamines varie beaucoup dans les Valérianées. Il y en a quatre dans les Patrinia ; deux sont antérieures , c’est-à-dire alternes avec le pétale éperonné, et deux sont latérales. Il n’y en a que trois dans les Faleriana, et elles sont planées, deux entre les pétales latéraux et les [létales jiostéricurs, et une entre l’un des pétales latéraux et le pétale antérieur. Libres à l’origine , ces étamines deviennent connées avec la corolle et semblent insérées à sa gorge. Du reste, chacune d’elles se compose d’un filet et d’une anthère biloculaire , inlrorse , dont la déhiscence s’opère par deux fentes longitudinales.

Calice. Ce n’est qu’après la naissance de la corolle et des étamines qu’on voit apparaître le calice sous la forme d’un [>etit bourrelet qui fait le tour de l’ovaire. Son bord est dans l’origine parfaitement uni dans les C'entranlhus ; mais bientôt il se produit un grand nombre de crénclures qui, en grandissant, deviennent des lames et s’enroulent en dedans sur ellesmêmes. Ce n’est qu’apres la floraison, lors de la maturité du fruit, (pie ces crénelures se déroulent en une aigrette élégante qui sert à la dissémination des graines.

Pistil. Lorsque les étamines sont nées dans les Fedia et les Valeriana, le réceptacle se creuse davantage, et l’on voit poindre, sur les parois internes de la coupe qui en résulte, au-dessous de l'insertion de ces étamines, un bourrelet circulaire. Ce bourrelet, dans lequel il est souvent très difficile de distinguer trois crénelures , se lève peu à peu pour constituer au-dessus de la coupe réccptaculairc une sorte de couvercle en forme d’entonnoir renversé qui est le style cl dont l'extrémité supérieure se recouvre de papilles stigmatiques. En même temps que ces modifications se produisent à l’extérieur, d’autres changements s’opèrent à l'intérieur

ORDRR DKS VALÉRIAXÉE8.

de la cou|>e rweptaculaire. lx fond do celle coupe réceplaculaire, en effet, au lieu d’ctre parfaitement uni, présente trois excavations qui, d’abord à peine visibles, deviennent de plus en plus profondes : de là, trois trous qui sont les lo^es de l'ovaire. C’est dans l’angle interne de chacune de ces loges que les ovules apparaissent ; il n'y en a jamais qu’un dans chaque loge, et il est suspendu de façon que son nticropvle soit intérieur et son raphé externe. De ces trois ovules, un seul se développe et se transforme en graine, les autres avortent promptement, et après la lloraisou ou n’eu aperçoit plus aucune trace. On a, par suite, à celte époque, doux loges vides cl une pleine.

Dans les Cmlrnnthus ruber, il n’y a jamais qu'une seule loge à l’ovaire et qu’un seul ovule dans celle loge. Cet ovule s’insère sur la paroi antérieure de l'ovaire, et par conséquent du côté de l’éperon delà corolle; il est suspendu et analrope, de façon que son micropylc soit interne et supère et son raphé externe.

EXPLICATION DES FIGURES

Ftdla rornaropUr.

Fig. *5. Position de ta fleur, fl , par rapport à la bractée mère, B : b, bractées secondaires, à l'aisselle de chacune desquelles natt une fleur, fl', do seconde génération.

Fig. 16. Apparition de là corolle, p .

Fig. 17. Apparition de l androcée Ce sont deux étamines, et, placées entre les pétales antérieurs, p", et les pétales latéraux, p* : pP, pétale postérieur.

Fig. 4 8 Apparition du calice sous la forme d'un bourrelet continu, s : pa,p l,pP, pétales; et, étamines.

Fig. 4 9. Coupe longitudinale de la fig. 4 8 : p°, pétale antérieur; pl, l'un des pétales lalôraux ; pP, l'un dos pétales postérieurs; et, étamines ; s, bourrelet calicinàl.

Fig. 20. Boulon au moment de l'apparition du pistil : p, pelales; », calice; et, étamines. Fig. 21 . Coupe longitudinale de la fig. 20 : s. calice ; p, pétales ; et, étamines ; cp, mamelons carpellaires.

Fig. 22. Pistil un peu plus âgé On a enlevé le calice, la corolle et les étamines pour mieux montrer les trois mametons carpellaires qui deviennent connés.

Fig. 23. Bouton au moment do 1 apparition des loges de lovaire : s, calice ; p, corolle. Fig. 24. Coupe longitudinale do ce boulon : s, calice; p, corolle; et, étamines; cp, mamelons carpellaires ; Ig, logea.

Fig. 25. Pistil du boulon de la fig. 23, vu de faco ; cp, mamelons carpellaires.

Fig. 26. Boulon au moment où les ovules apparaissent ; », calice ; p, corolle.

Fig. 27. Coupe longitudinale de ce boulon : s, calice; p, corolle; et, étamine; cp, mamelons carpellaires formant le style; ol, ovule.

Fig. 28. Pistil du boulon de la fig. 26. On a déchiré deux loges sur le dos pour montrer les ovules, ol : », p, cicatrice du calice et de la corolle ; cp, mamelons carpellaires.

Fig. 29. Coupe transversale de l'ovaire de ce pistil. Tous les ovules, ol, sont d égale grosseur.

EXPLICATION DES FIGURES. 027

r'ig. 30. Pistil plus âgé dont on a déchiré deux logos sur le dos pour montrer que les ovules, ol, deviennent inégaux : sp, cicatrice du calice et de la corolle ; cp, style.

Fig. 31 . Coupe longitudinale de ce pistil : cp, style; ol, ovule; ou, ovaire.

Fig. 33. Coupe transversale de l'ovaire de ce pistil. Un des ovules, olr, seul grossit; les deux autres, ol' , avortent.

Fig. 33. Bouton peu de temps avant l'anthése : », calice; ep, éperon de la corolle, p.

Fig. 34. Le même bouton dont on a déchiré, d'une part, deux loges de l'ovaire pour montrer les ovules, ol', olf, et d'autre part, une partie de la corolle pour montrer les étamines, et, et le style, cp.

Fig. 35. Coupe longitudinale de ce bouton : on, parois de l’ovaire; oi, ovule; », calice ; p, corolle; et, étamines; cp, pistil.

Ontranchim rubcr.

Fig. 4. Jeune inflorescence de Centranlhue ruber. Chaque fleur, fl, dans la partie inférieure de l’inflorescence, est accompagnée de deux bractées secondaires, 6, fertiles.

Fig. 2. Fleur au moment où la corolle, p, apparaît sous la forme d'un bourrelet dont les contours sont assez irréguliers.

Fig. 3. Apparition de l'étamine, et, alterne avec deux crénelures de la corolle, p.

Fig. 4. Fleur un peu plus Agée que dans la fig. 3 : co, corolle ; et, étamine.

Fig. 5. Apparition du calice, eu : et, étamines; pa, pétale antérieur; pt‘ , pétales postérieurs ; p1, pétales latéraux.

Fig. 6. Un sillon longitudinal partage l'anthère en deux loges : co, corolle; co, calice.

Fig. 7. C’est la fleur do la fig. 6, vue du côté du dos de 1 anthère, et, pour montrer que la surface de ce dos est unie : ro, corolle; ca, calice.

Fig. 8. Fleur au moment où un nouveau sillon longitudinal partage en deux chaque lobe de Panthère, et, et indique la future déhiscence : co, corolle; ca, calice.

Fig. 9. On a rabattu une des divisions de la corolle, p1, de la fleur précédente, pour montrer l'ouverture de la cavité creusée dans le réceptacle et qui deviendra l'ovaire, et l’insertion de l'étamine, et : p1, autre division latérale de la corolle; p", division antérieuro ; pP, division postérieure.

Fig. 10. Coupe longitudinale de la fleur do la fig. 8, passant par le milieu do létamine, et : ou, cavité ovarienne ; ca, calice; co, corolle.

Fig. 44. Fleur au moment de l'apparition du bourrelet carpellaire qui formera l'ouverture de r ovaire : ca, calice ; p", division antérieure de la corolle; et, étamines.

Fig. 4 2. La même fleur dont on a déchiré la corolle, co, pour montrer le bourrelet carpellaire, st : or, ovaire.

Fig. 4 3. Coupe longitudinale de celte fleur passant par le milieu de l étamine, et : st, bourrelet carpellaire recouvrant l'ovaire, or; co, calice; co, corolle.

Fig. 4 4. Fleur plus âgée dont on a déchiré la corolle, co, pour montrer ce bourrelet carpellaire, si, qui s est allongé en style.

Fig. 4 5. Coupe longitudinale de cette fleur passant par le milieu de l'étamine, et : or, cavité de l’ovaire; st, bourrelet carpellaire allongé en style.

Fig. 4 6. Fleur au moment do l’apparition d'un éperon, ep, h la base do la corolle, audessous de la division antérieure qui est recouverte par les pétales latéraux : pP, divisions postérieures ; ca, calice dont le bord est encore uni.

Fig. 47. C'est la fleur de la fig. 16 dont on a déchiré la corolle pour montrer l’origine de la cloison, cl, qui partagera le tube de la corolle en deux compartiments ; ep, éperon ; si, style; et, étamines.

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