CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Après avoir ainsi exposé successivement l’organogénie de la fleur dans les divers groupes de plantes , il me reste à examiner quelles Conséquences on peut tirer de ces nombreuses observations relativement à la nature des divers organes de la fleur, tels que le calice , la corolle , les étamines , le pistil , etc.
Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire dans le courant de cet ouvrage , un grand nombre de théories ont été émises sur la nature des divers organes de la fleur et sur leur symétrie; mais comme toutes ces théories ne reposaient point sur des observations directes et n'étaient fondées que sur des analogies, elles sont tombées dans l’oubli pour la plupart, après avoir eu plus ou moins de vogue selon l’autorité plus ou moins grande du botaniste qui les proposait.
Or, il faut bien l’avouer, la méthode des analogies ou des transitions dont on s'est servi jusqu’à présent est extrêmement difficile à manier : elle exige, pour produire de bons résultats, une connaissance approfondie d’une multitude de détails et un jugement sûr, deux choses qui sont très rares ; aussi les erreurs auxquelles elle a conduit sont innombrables, tandis que l’on compte à peine deux ou trois phénomènes qu’elle a éclaircis. Elle conduit, en outre, souvent, selon le point de départ, à deux résultats opposés, sans qu’on puisse déterminer lequel des deux est l’expression de la vérité. C’est ainsi que, en se servant de cette méthode , MM. Deeandolle et Schlciden arrivaient à considérer la coupe réccptaculaire des plantes périgynes : l’un comme un organe axitc, parce qu’il prenait pour terme de comparaison les diverses formes du réceptacle commun des Composées; l’autre comme un organe appendiculaire résultant de la soudure du calice, de la corolle et des étamines, parce qu’il prenait pour terme de comparaison la réünion des pétales et des étamines dans les corolles gamopétales. L’organogénie seule m’a montré (page 723) qui des deux avait raison.
CALICULK.
La nature du caliculc varie beaucoup selon les plantes. Ainsi :
Dans le Malo/ie trifidn, les trois divisions du caliculc représentent une bractée et ses deux stipules, et l'on a vu (page 29) que l’une de ces trois divisions qui représente la feuille apparaît avant les deux autres qui naissent toutes deux en même temps. Dans le Kitmbelia vilifolia, les six divisions du caliculc représentent deux bractées et leurs quatre stipules, et l’on a vu également (page 30) qu’elles naissent les unes après les autres, de manière que celles qui représentent les feuilles apparaissent avant celles qui représentent les stipules.
Dans les Polygala , comme dans les Œillets , le caliculc est formé par plusieurs bractées qui sont insérées presque à la même hauteur au-dessous du calice, et se montrent dans leur ordre de succession sur la spirale.
Dans V Aphyllanihes monspeliensis , ce sont aussi des bractées qui constituent le caliculc ; mais elles apparaissent successivement dans un ordre spécial (pie j'ai signalé (pige 695).
Dans les Roses , les 1*01011111105, les divisions du calieule n’apparaissent qu’après les sépales, et ne sont autre chose que les stipules de ces sépales réunies deux à deux.
Dans les Lythrum , le caliculc est une sorte de calice extérieur. Ses dive rses parties apparaissent peu de temps avant les sépales, et l’une après l’autre, eoipme je l'ai dit page 477.
Enfin, dans 1 ’Aremonia agrimonoïdes, la fleur avec son calice et son caliculc est, en outre, enveloppée dans un sac dont l’ouverture est bordée d’un grand nombre de divisions. J'ai montré (page 1504) que ce sac représente une sorte de caliculc externe et qu’il est formé par deux bractées connées, et que les lanières qui le surmontent ne sont autre chose que les lobes de ces deux bractées et leurs stipules.
CALICE
Ordre d’apparition des sépales. — Les sépales son! quelquefois eu nombre indéfini , comme dans les Cactus , les Calycanthus , le ftytnphœa alba , elc. Dans ee cas , ils sont disjmsés en spirale et apparaissent les uns après les autres dans leur ordre de succession sur la spirale. Ailleurs ils sont en nombre délini, et deux cas peuvent se présenter : ou ils sont en nombre impair, ou ils sont en nombre pair.
Quand ils sont en nombre impair, ils sont ordinairement trois ou cinq, et alors ils sont disposés en spirale et apparaissent les uns après les autres dans leur ordre de succession sur la spirale.
Quand ils sont en nombre pair, ils sont le plus souvent au nombre de quatre et forment deux vcrticillcs de deux sépales chacun. Les deux sépales de chaque verticillc apparaissent en même temps, ceux du vcrticille supérieur après ceux du verticillc inférieur.
Une règle générale qui souffre à peine deux ou trois exceptions, c’est que quand le calice se compose de deux paires de sépales, il y en a une jwirc qui est antéro-postérieure et une qui est latérale , c’est-à-dire qu’il y a deux sépales qui sont l’un en avant et l'autre en arrière, cl deux autres qui sont l’un à droite et l’autre à gauche.
Mais de ces deux paires de sépales qui composent le calice à quatre sépales , laquelle est antéro-postérieure ?
Il y a déjà longtemps que Steinheil, dans ses Considérations sur la position de la (leur par rapport à la bractée mère , a remarqué que c’était tantôt la paire inférieure et tantôt la paire supérieure, selon que le nombre de poires de bradées opposées qui précèdent la fleur est pair ou impair. Ainsi quand il n’y a pas de bractées ou qu'il y a deux paires de bractées opposées sur le pédoncule qui porte la fleur, c'est la paire supérieure de sépales qui est antéro-postérieure. On peut citer comme exemples les Epilobium , les ’l’rapa , les Gaura, les Francoa, etc. Lorsque, au contraire, comme cela a lieu le plus souvent, il y a une paire de sépales seule-
CALICE
ment sur le pédoncule qui porte la fleur, c’est la paire inférieure des sépales qui est antéro-postérieure. Connue exemples, je citerai les Poterium, les Cenlratlenia , etc.
Dans les calices à cinq sépales , on observe souvent trois sépales beaucoup plus grands ou beaucoup plus petits que les deux autres, ou, en d’autres termes , que le sépale 3 ressemble tantôt aux deux sépales 1 et 2 et tantôt aux deux sépales 4 et 5. A quoi cela tient-il ?
Pour se rendre un compte exact de ce fait, il faut se rappeler ce que j’ai dit dans mes Notions élémentaires de botanique, sur la manière dont une plante passe de l'opposition des feuilles à la disposition spirale ’/,. J’ai fait voir : 1° Que l’une des quatre séries longitudinales eomprenantlcs feuilles se dédoublait et donnait naissance à deux séries au lieu d’une , en sorte qu'on avait alors cinq séries longitudinales de feuilles au lieu de quatre ; 2* que la feuille qui se serait trouvée sur celte série, si elle était restée simple, se dédoublait aussi en deux feuilles qui sont placées chacune sur l'une des deux séries résultant du dédoublement de la série primitive ; 3* enfin que ces deux feuilles provenant du dédoublement d'une feuille se trouvaient placées l’une un peu plus bas, l'autre un peu plus haut que l’endroit où se serait insérée cette feuille si elle ne s’était pas dédoublée.
Ceci posé, rien de plus facile que de comprendre comment avec des bradées opposées on obtient un calice à cinq sépales ? Imaginons un calice composé de deux paires de sépales dont l’inférieure est antéro-postérieure, parce qu’il y a une paire de bractées opposées qui accompagnent la llcur. Supposons que le sépale antérieur de cette paire inférieure se dédouble en deux autres. D’après ce que je viens de dire , l’un de ces deux sépales résultant du dédoublement sera situé un peu plus bas que ne l’eût été le sépale qui s'est dédoublé, c'est-à-dire un peu plus bas que le sépale postérieur, et sera par conséquent le sépale i . L’autre sépale résultant du dédoublement sera situé au contraire un peu plus haut que ne l'eût été le sépale qui s’est dédoublé, c'est-à-dire que le sépale postérieur, et sera par conséquent le sépale 3. Quant au sépale postérieur qui ne s’est pas dédoublé et qui était à la même hauteur que le sépale qui s’est dédoublé, il sera entre les deux sépales 1 et 3, et par conséquent sera le sépale 2. Knfin les deux sépales de la paire supérieure qui ne se sont pas dédoublés seront les sépales 4 et 5.
Dans ce cas, il est bien évident que les sépales 1, 2 et 3 appartenant au vcrticillc inférieur du calice seront de même grandeur, ou plus grands ou plus petits que les deux autres.
Supposons, au contraire, un calice à quai ce sépales précédé de deux
CALICE
paires de bractées, ce sera la paire supérieure de sépales qui sera antéropostérieure; cl comme en règle générale (1) c’est toujours le sépale antérieur qui sc dédouble , qu'il appartienne à la paire supérieure ou à la paire inférieure, ce sera ici un sépale de la paire supérieure qui se dédoublera. Par suite les deux sépales dédoublés ressembleront au sépale postérieur et seront les sépales 3 et 5, le sépale postérieur devenant le sépale h.
Réunion des sépales en un calice gamosépale. — Dans un grand nombre de plantes, le réceptacle qui donne naissance aux sépales se creuse souvent , comme je le dirai tout à l’heure, en une coupe plus ou moins profonde sur les bords de laquelle sont insérés les sépales. Un grand nombre de botanistes prenant cette coupe, qui dépend du placenta, comme une dépendance du calice, sc sont imaginé qu’elle était formée par les bases réunies des sépales, et ils ont fait des bords de cette coupe réeeplactilairc et des sépales qui s’y insèrent un calice gamosépale, ("est une grave erreur, et j’indiquerai plus loin, à l’occasion du placenta, les moyens de la reconnaître.
.Mais dans un grand nombre d’autres plantes , il y a réellement un calice gamosépale, c'est-à-dirc un calice dont les sépales sont réunis parleurs bases. Comment sc développe alors ee calice gamosépale? Selon M. Sclileiden , les sépales naissent d’abord libres et sc soudent ensuite par leurs bases. Selon M. Ducliartre, an contraire, le calice gamosépale apparaîtrait d’aboid sous la forme d’un bourrelet continu sur lequel les dents du calice se montreraient ensuite comme autant de festons. Or, l’observation attentive du développement de ces calices gamosépales m'a montré que ni l’une ni l’autre de ces assertions n’est fondée. Le calice croit de liant en bas , c’est-à-dire que ce sont les parties supérieures qui apparaissent d'abord et qu’elles sont successivement soulevées et repoussées au dehors par les parties inférieures , comme la seconde dentition soulève la première. Or, dans le calice gamosépale, les extrémités des sépales sont libres, et quand elles apparaissent, les mamelons qui les représentent doivent être libres aussi. Ce n’est (pie plus lard que naît la partie formée par les bases réunies sous la forme d'une membrane continue. Les bases des sépales d’un calice gamosépale naissent donc réunies. Leur soudure est donc congénitale , et voilà pourquoi j’ai employé dans tout le cours de cet ouvrage l'expression de eonnés ( connali ) pour les sépales dont la soudure n’a pas lieu postérieurement à leur naissance.
Régularité et irrégularité du calice. — Il n’y a rien à dire de général sur la régularité et l’irrégularité du calice. Dans quelques plantes , comme les
(1) Je n'ai remarqué d'exception que pour les Logania , les Lobelut, les h'rameriu et un grand nombre de Papilionacéea.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
Frodium serolinuni . . 62
Erythrochiton brasiliense 104
Escallonia flori blinda 386
Ksl allô niées. 385
Eschollzia crocea 222
Eucalyptus cordata 463
Kuphorbiacées 521
Euphorbla lathyris 528
Entoca viscida 552
Pedla coruucopiæ 626
Pragaria colllna 508
Prancoa sonchifolia 375
PftANCOACÉKS 374
Krankenia pulvérulent a 191
Prankésiacées 189
PlCOÏDES 356
Ficus carica 287
Funiaria caprcolata 231
Fumariacées 227
Garidclla nigcllastriim 264
Cîaura bicnnis 488
GÉnANIACÉES 58
Cîeum urbanum 506
Uladiolus commun!* 661
Glauclum corniculatuni 223
Globularia vulgaris 584
Globi'la niées 583
Goodenia ovula . 647
GOODÉNIACÉES 647
Gordonia lasianthus. 534
Graminées 701
(■ROSSL'LARIÉES 388
r.ymnostacliys anceps 689
Halonia letraplcra 538
llclianthemum vulgate 19
IIélictérées 47
I leliopsin scabra 639
llellcbonis faMidus 257
Helwingia mseiflora 530
IIelwingiéks 429
llcracleuin barbatum 407
llermannia denudata 46
Hkrmanniées 44
Mendiera rylindrica. 383
llibbcriiii Rrossnl.ri;rfoli.i . 235
Hibiscus ilicifolius. 37
7ft5
Hieracium umbellatum 640
Hippocastanées 129
Hippocratca ceslicilla 165
— grandi llora 166
— ovata 165
— Itiedelii 165
Hippocratéacées 161
Houttuynia cordata 428
Uydrophyllées. 550
Hypéricinées. ............ 1
Hypericum perforatum 8
lllecebrum vorticiUalura 348
Impatiens itoyleana 84
Iridées 659
Joncêes 693
Kitaibelia vitifolia 39
Kœlretilcria paullinioîdcs 33
Labiées 553
Lasiopétalées 41
Lasiopctalum coryllfolium 42
tathyriis sylveslris 520
Laurinées 471
Lavandula densa 556
Lavalera olbia. . * 36
Lcucopogon Cunningiiamii 578
I/eyccsteria formosa 620
Liliacées 048
Liliuui candidum 659
Limnanthéks 51
Limnantiies Douglasii . 53
LiNÉts 65
Linum perenne 67
Lippia chamædry folia 561
— cilriodora 561
— répons 561
Littorella palustris 609
Loasées. 390
IX)béliacées 644
Logania neriifolia ........... 604
Loganiacées 603
Lomandra longifolia 651
Lonicera periclymenum 618
I^ipczia . 485
Lopéziées 484
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
Lophospermnm mibeacens 543
L» pi nus varias . 520
litizuU campeslris. . 694
Lythrariées 477
Lythmm salicaria 479
Madeya cortlata 224
Malionia répons 239
Malacliium aqualicum 342
Maiopc irifidn 40
Malpighia lirons 147
Malpighiacées 145
Malva rotundifolia 40